Réaménagement du gouvernement : Abba Sadou noyé dans les eaux troubles de la Dibamba

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Le désormais ex ministre des Marchés publics, paie entre autres, le prix de son refus d’attribuer de gré à gré, le marché des travaux de la construction de la pénétrante Centre-Est de la ville de Douala, à une entreprise française sur laquelle le secrétaire général de la présidence de la République a jeté son dévolu.

16 avril 2018, le ministre des Marchés publics, lance et publie  un appel d’offres international  ouvert, invitant les entreprises à présenter leurs offres pour « les travaux complémentaires de réhabilitation du tronçon de route entrée-Est de la ville de Douala du Pk10+400 au Pk19+300 (pont sur la Dibamba) ». Le coût prévisionnel des travaux est estimé à quarante deux milliards huit cent soixante cinq millions cinq cents milles Fcfa, soit : 42.865. 500.000fcfa.

Le désormais ex ministre des Marchés publics, paie entre autres, le prix de son refus d’attribuer de gré à gré, le marché des travaux de la construction de la pénétrante Centre-Est de la ville de Douala, à une entreprise française sur laquelle le secrétaire général de la présidence de la République a jeté son dévolu.

Abba Sadou.

Les entreprises agréées dans les travaux publics, environ une vingtaine sont en lice et déposent des dossiers de candidatures.  Mais il faut attendre la création d’une commission de passation du marché et la mise en place des sous-commissions, pour voir l’effectivité des opérations de dépouillement et d’analyse démarrer. Trois sous commissions d’analyse des offres sont créés : la sous-commission d’analyse technique ; la sous-commission financière et la sous-commission administrative. Curiosité, il y aurait  eu, bien avant le lancement de l’appel d’offres international  ouvert, des négociations dans les coulisses entre le  ministre des marchés publics et le secrétaire général de la présidence de la République Ferdinand Ngoh Ngoh.

Le coup de grâce de la Conac

Ferdinand Ngoh Ngoh, avait jeté son dévolu sur l’entreprise de souche française, « Razel » ; aussi attendait-il, voir son collègue membre du gouvernement attribuer de gré à gré, ledit marché public des travaux de la construction de la pénétrante centre-est de la ville de Douala, à cette entreprise française. Une attitude jugée en haut lieu de la présidence de la République, comme un affront, un acte d’insoumission. Une pilule que le Sgpr qu’on accuse d’avoir user d’intimidation et d’influence en faisant auditionner les membres desdites commissions au secrétariat d’Etat  à la Défense (Sed), n’a pas digéré. Conséquence, conclue certains, le tout puissant vice-dieu a finalement obtenu la tête d’Abba Sadou.

A cette affaire, vient se greffer le rapport 2017 de la Commission nationale anti-corruption (Conac) qui classe le Minmap comme l’administration la plus corrompue du Cameroun. Un classement à l’issue d’une enquête de terrain faite par l’instance sur la perception de la corruption au Cameroun. Présent lors de la cérémonie de présentation le 29 décembre dernier à Yaoundé, Abba Sadou a été autant surpris qu’il a pris la parole durant cette cérémonie pour demander au président de la Conac, Dieudonné Massi Gams, sur quels critères l’institution s’est fondée pour faire ce classement. Au banc des accusés, l’opacité transformée en mode de gestion dans ce département ministériel où le maître des céans disait à qui veut l’entendre qu’il ne reçoit d’ordres que de la présidence de la République. La région de l’Adamaoua se voit ainsi éjectée du gouvernement. Triste situation qui restera jusqu’au prochain réaménagement.

Daniel NDING

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