Nomination : Faï Yengo Francis à la tête du Comité de désarmement

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Le choix du président de la République s’est porté sur un natif de la région du Nord-Ouest comme Coordonnateur national du Comité national de désarmement, démobilisation et réintégration. Fragilisé par « les affaires » au Port autonome de Douala, l’ancien gouverneur du Littoral suscite des interrogations.

Ancien préfet de la Menchum dans son Nord-Ouest natal, de la Vina dans l’Adamaoua, où il sera aussi gouverneur, tout comme dans le Centre et le Littoral, Faï Yengo Francis est né le 11 février 1955. Pur produit de l’Enam, où il sort en 1980, ses fonctions de Pca au Port autonome de Douala (Pad) vont entacher toute sa réputation. Au sein de l’opinion, il se susurrait qu’il était interdit de sortie du Cameroun. On se souvient de cette sortie incendiaire de son ministre de tutelle, Robert Nkili, au sujet de l’administration du Pad.  Selon lui en ces temps-là, l’entreprise était devenue  « le lit des intrigues de toutes sortes entre les dirigeants… de la corruption, du passage des marchés de gré à gré en violation des procédures, de la privatisation du patrimoine de l’entreprise à des fins d’enrichissement illicites, du non-respect des décisions du gouvernement en matière des droits des salariés .» Comment Paul Biya a-t-il pu nommer un homme dont la réputation est aussi décriée ? Où trouvera-t-il la légitimité pour s’imposer à ses collaborateurs et partenaires ?

Le Comité ruine sa notoriété

Celui qui est la cheville ouvrière du Comité, les Camerounais au fait de l’actualité attendaient un homme neuf, aseptisé de tous les travestissements politiques. Un homme au-dessus de la mêlée. Une femme ou un homme, intègre à souhait, qui peut s’affranchir de toutes les considérations partisanes, politiques ou religieuses. Il est vrai que le foyer brûlant du conflit aujourd’hui est plus la partie occidentale du pays. Faï Yengo est-il une personnalité du consensus ? Pourquoi les Camerounais ont-ils pris les armes ? N’entre-t-il pas dans ce processus plus comme une difficulté en lieu et place de la solution ? Celui qui lui a fait confiance sait ce qu’il attend de lui. Décidément, Paul Biya a opté pour la méthode forte : il impose la paix. Comme nous le disions hier, le Cameroun peut éteindre le feu dans la zone anglophone, mais aurait-il pour autant régler le problème ?

D.N.

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