Après le retrait de la Can 2019… Qui pour succéder au Cameroun ?

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L’élection à la Caf d’Ahmad Ahmad, réputé proche du Maroc, s’étant accompagnée d’un renforcement de la représentativité du royaume chérifien au sein des organes de l’instance continentale, l’organisation de la Can 2019 serait une belle revanche pour le pays des Lions de l’Atlas qui n’a plus abrité cette compétition depuis 1988. 

1-Le Maroc ou le retour en grâce d’un « traître »?

Sans surprise, la Caf a annoncé l’ouverture d’une nouvelle fenêtre de tir, afin que les prétendants au sauvetage se manifestent. Juste avant Noël, après 21 jours de réflexion, les pays intéressés devront avoir déposé leur candidature. Le processus de décision sera, lui-aussi, effectué en accéléré du côté de la Caf, qui a promis de tout faire pour « s’assurer qu’un nouveau pays-hôte soit trouvé d’ici le 31 décembre». Depuis des mois, alors même que le Cameroun était en sursis, trois favoris à la « reprise » se sont dégagés. Sans surprise, le premier d’entre eux est le Maroc. Le royaume chérifien a l’avantage de présenter une solide candidature, lui qui s’était engagé dans la course à l’organisation du Mondial-2026 face au trio nord-américain. Le dossier, remisé après la défaite, pourrait être ressorti et convaincre la Caf.

D’autant que si du temps de la présidence d’Issa Hayatou, la Caf et la Fédération royale marocaine de football (Frmf) entretenaient des relations compliquées – et plus encore après le refus marocain d’accueillir la Can 2015 en raison de l’épidémie de la fièvre d’Ebola – les dynamiques ont changé à Accra. Depuis l’arrivée d’Ahmad, le Maroc a retrouvé sa place dans les rouages de la Confédération, et les relations se sont apaisées. La décision des instances marocaines d’accepter d’accueillir le Championnat d’Afrique des nations (Chan) 2018 en octobre 2017, à tout juste trois mois du coup d’envoi de la compétition, a probablement fini de convaincre le patron du football africain : le Maroc est un candidat crédible, préparé, et qui sait réagir face à l’urgence.

L’élection à la Caf d’Ahmad Ahmad, réputé proche du Maroc, s’étant accompagnée d’un renforcement de la représentativité du royaume chérifien au sein des organes de l’instance continentale, l’organisation de la Can 2019 serait une belle revanche pour le pays des Lions de l’Atlas qui n’a plus abrité cette compétition depuis 1988. Sans surprise, la Caf a annoncé l'ouverture d'une nouvelle fenêtre de tir, afin que les prétendants au sauvetage se manifestent. Le Maroc, l'Afrique du Sud, l'Egypt

Ahmad Ahmad et le président de la Fédération marocaine de football

2-L’Afrique du Sud, une assurance tous risques

Mais ce costume de sauveur que le Maroc se plaît à endosser depuis plusieurs mois est aussi taillé sur mesure pour un autre candidat potentiel. Habituée des rendez-vous de dernière minute, l’Afrique du Sud étudie sérieusement la possibilité d’accueillir à nouveau la Coupe d’Afrique sur son sol. Le seul pays du continent à avoir accueilli une Coupe du monde est lui-aussi une valeur sûre. C’est le cas, déjà, sur le plan des infrastructures, puisque le Mondial-2010 lui a permis de se doter de dix enceintes aux normes internationales. La capacité des Sud-Africains à organiser un événement majeur dans l’urgence n’est également plus à démontrer. L’Afrique du Sud n’a organisé la Can qu’à deux reprises, à chaque fois pour remplacer un pays écarté : le Kenya, en 1996, puis la Libye, en 2013. Un curriculum vitae qui ferait de la nation « arc-en-ciel » un adversaire de choix au favori marocain. Lire aussi :Calixthe Beyala : « Aucun pays Africain n’a jamais organisé une CAN comportant 24 équipes »

3-L’Egypte entre raison et tentation

Derrière le duo, difficile aussi de ne pas mentionner l’Égypte, même si plusieurs sons de cloches sont parvenus des responsables de la fédération égyptienne. Vendredi soir, au micro de nos confrères de Radio France internationale (Rfi), le porte-parole de l’instance était clair : « Nous sommes intéressés par l’opportunité d’organiser la Coupe d’Afrique des Nations. Nous n’allons pas dire non.» Tandis qu’au même moment, un peu plus loin, Magdi Abdel Ghani, un membre du conseil d’administration de cette même fédération, se montrait beaucoup plus réservé : « L’Égypte ne présentera pas de dossier de candidature et estime qu’il y a un consensus pour que le Maroc accueille la compétition. » Une notion de consensus qui fait référence au soutien avéré de l’Union nord-africaine de football (Unaf) – qui rassemble l’Égypte, les pays du Maghreb et la Libye – à la probable candidature marocaine.

L’Unaf, qui n’a d’ailleurs pas hésité à user de son influence en envoyant à la Caf une lettre exigeant le strict « respect du cahier des charges pour l’organisation de la Can 2019 » à quelques jours des délibérations du comité exécutif. Où comment appeler, de manière à peine voilée, à couper l’herbe sous le pied du Cameroun. Cette position commune rend d’autant plus improbable un scénario qui verrait l’Égypte se dresser contre ses voisins sans avoir l’assurance de l’emporter, d’autant que sa candidature pourrait elle-aussi souffrir d’un contexte sécuritaire compliqué. En toute logique – un concept qui ne prévaut toutefois pas systématiquement le football – les Pharaons devraient ainsi être amenés, eux-aussi, à se ranger derrière l’évidence marocaine. Tic tac… Lire aussi :Issa Tchiroma : «Le football africain ne pourra se hisser au niveau de celui des continents plus avancés, sans le respect d’une certaine éthique»

Daniel NDING

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