Dr. André Eyango Djombi : «C’est fait exprès pour clochardiser l’enseignant»

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Comme annoncée par le Secrétaire général du Syndicat national des enseignants du supérieur, la grève a démarré ce lundi 26 novembre 2018. A l’Université de Douala, les membres du Synes, font la ronde pour s’assurer du respect du mouvement. Coordonnateur du Synes de l’Université de Douala, Dr. André Desmonds Eyango Djombi revient sur les raisons de cette grogne. Qu’il prévoie s’étendre sur une longue période.

Comme annoncée par le Secrétaire général du Syndicat national des enseignants du supérieur, la grève a démarré ce lundi 26 novembre 2018. A l’Université de Douala. "La grève est lancée sur trois jours mais c’est sur le principe, parce que d’ici demain, les formalités seront faites pour que la grève continue et là nous allons exiger le paiement des deux tranches de l’année 2018. Ce ne sera plus une grève de trois jours. "

Dr. André Desmonds Eyango Djombi.

Le Bureau exécutif national de votre syndicat a appelé les enseignants à un sit-in au ministère de l’Enseignement supérieur. Il n’était pas question de faire une grève à l’Université de Douala ?

Nous réagissons au mot d’ordre de grève lancé par le Secrétaire général du Syndicat national des enseignants du supérieur, qui est en réalité l’institution suprême dans notre syndicat. C’est lui qui a compétence pour appeler à une grève nationale, même si les coordinations peuvent de concert le faire. Il a pris un communiqué le 17 novembre 2018 qui fait suite à un ensemble de négociations par rapport au non paiement de la prime d’allocation à la recherche que nous percevons depuis 2009. A ce jour, il y a environ deux trimestres qui ne sont pas payés. Voyant le fait que le ministère ne réagisse pas à tous nos appels et toutes nos démarches, le Secrétaire général a trouvé bon d’initier ce mot d’ordre de grève. Mais le mot d’ordre de grève est la deuxième phase du mouvement, parce que la première phase est constituée du sit-in pacifique des enseignants membres du Bureau exécutif national au ministère. L’objectif est d’amener le ministre à s’intéresser à nous et à nous appeler à la table des négociations, parce qu’il s’agit quand même de nous traiter dignement. Il y a des corps qui bénéficient d’un statut spécial au Cameroun, les corps d’élite. Ce sont notamment les magistrats, les grands officiers de l’armée. Quand on paie les primes des autres corps, vous n’entendez pas les bruits. Mais à chaque fois qu’il s’agit des enseignants, il faut que nous soyons pratiquement dans la rue. Ça veut dire que c’est fait exprès pour clochardiser l’enseignant. Nous avons refusé cette manière de faire. La grève est lancée sur trois jours mais c’est sur le principe, parce que d’ici demain, les formalités seront faites pour que la grève continue et là nous allons exiger le paiement des deux tranches de l’année 2018. Ce ne sera plus une grève de trois jours. Lire aussi :Universités d’Etat : les enseignants annoncent une grève de trois jours

Vous insistez sur le paiement des tranches pourtant dans le communiqué du Sg, l’emphase est plutôt mise sur les meilleures conditions de vos collègues des régions anglophones…

Comme annoncée par le Secrétaire général du Syndicat national des enseignants du supérieur, la grève a démarré ce lundi 26 novembre 2018. A l’Université de Douala. "La grève est lancée sur trois jours mais c’est sur le principe, parce que d’ici demain, les formalités seront faites pour que la grève continue et là nous allons exiger le paiement des deux tranches de l’année 2018. Ce ne sera plus une grève de trois jours. "

Des membres du Synes Douala en concertation.

La préoccupation nationale en réalité était l’allocation de la modernisation de la recherche et que sur ce point, il n’y a que le secrétaire général qui a compétence pour donner une démarche à suivre. Je vous ai aussi précisé qu’à côté de cet objectif national, les universités peuvent avoir des questions spécifiques à défendre, qui là, dépendent des coordinations. Dans ce cas, c’est le coordonnateur qui adopte une posture par rapport audit problème. Concernant les problèmes de nos collègues des régions anglophones, nous en débattons tous les jours.

De mémoire, les grèves du Synes ne sont pas toujours suivies. Certains de vos collègues ont souvent eu à accuser une mauvaise communication, ou une intimidation du rectorat…

Si vous me permettez une petite rétrospective, la grève de 2014 était suivie à 100%. Il y a un problème par rapport à l’évaluation de la grève. Il y a les missionnaires qui ne sont pas du tout les enseignements du supérieur et qui sont payés à l’heure pour une tâche quelconque. Si vous les voyez en salle, vous les prendrez pour des enseignants. Il y a les doctorants que certains enseignants emploient pour des travaux pratiques. Ce ne sont pas des enseignants. La grève est suivie. Je vous exhorte d’ailleurs à faire le tour des campus. L’objet de cette grève c’est la prime de recherche, et tout le monde est concerné. Notre coordination a laissé la situation s’enliser, question d’attirer l’attention des collègues qui, à chaque moment, essaient de trouver une excuse pour ne pas respecter le mot d’ordre de grève du syndicat. Il faut que les enseignants apprennent à faire foule. La fin d’année approche. Il faudra s’occuper des familles. Tout le monde est interpellé. Nous sommes sûrs que la grève sera suivie à 100%. Nous, les membres de la coordination sommes des irréductibles, personne ne peut nous influencer. Au contraire, ils ont peur de nous, d’autant plus que la grève est légale. C’est incompréhensible quand des collègues refusent d’adhérer, sous prétexte qu’on les menace. C’est impossible. Le rectorat ne les menace pas. C’est juste un alibi pour se dédouaner, soit ils veulent faire cours, soit ils ont peur qu’on les sanctionne.

Entretien avec Valgadine TONGA

 

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