Antoine Bisaga : «Le problème du financement se pose»

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Dans cet entretien, le Préfet du département de l’Océan revient sur les défis au développement économique de la ville de Kribi.

Dans cet entretien, le Préfet du département de l’Océan revient sur les défis au développement économique de la ville de Kribi. "Les défis qui attendent la ville sont nombreux. Notre ville, parce que industrielle, touristique, demande par exemple que le Port soit étendu. Nous avons une deuxième phase"

Antoine Bisaga.

Que représente la construction de la nouvelle station de traitement d’eau potable pour la ville de Kribi ?

Ce projet est une aubaine pour la ville. Elle a déjà pris une nouvelle forme en termes d’extension et aujourd’hui, les populations souffrent énormément des problèmes d’approvisionnement en eau. Cette station vient apporter un grand soulagement. Nous sommes très contents. C’est un bonheur pour l’année 2019 et les populations de Kribi. Nous devons dire aux populations que c’est une société d’Etat. Elle ne pourra survivre que si ces populations payent leurs factures pour que l’Etat soit à mesure d’assurer la maintenance, d’améliorer le système d’approvisionnement. Il faut saluer cette action du chef de l’Etat parce que nous ne nous y attendons pas aussi rapidement. Nous disons merci au chef de l’Etat et lui souhaitons une bonne chance avec ce nouveau mandat qui s’ouvre. Lire aussi :Hydraulique : Kribi dispose désormais d’une deuxième station de traitement d’eau

Quels sont les défis qui attendent la ville de Kribi pendant ce septennat du président Biya ?

Les défis qui attendent la ville sont nombreux. Notre ville, parce que industrielle, touristique, demande par exemple que le Port soit étendu. Nous avons une deuxième phase qui devrait commencer et qui ne l’est pas encore. Les populations attendent parce qu’il va résorber beaucoup de chômage. Nous attendons aussi que l’autoroute soit achevée, que les liaisons entre Ebolowa et Kribi soient fluides, avec la création d’une route bitumée. Je peux déjà vous annoncer que l’Etat a pris une décision, en déclarant d’utilité publique cette route. Je vais donc procéder à l’évaluation des biens, ce qui est un très bon signe pour dire que la route va suivre très bientôt. Les attentes aussi c’est que la ville prend de l’ampleur, et l’habitat est compliqué. Il est difficile de louer une maison à Kribi. Il faut des logements sociaux pour que tous ceux qui viennent puissent trouver où dormir. Il faudrait d’avantage assurer cette ceinture agricole, parce que la ville qui s’accroît devrait vivre. Il faudrait donc que la périphérie soit à mesure de fournir de la nourriture à la ville. Voilà les grands défis. Pour le vivre-ensemble, c’est une leçon chez nous. Les autres villes pourraient venir prendre des cours ici.

Quel rôle devra jouer la population dans le développement de la ville parce qu’on a comme l’impression que la jeunesse de Kribi n’aime pas entreprendre?

La réalité c’est que tout se passe comme si on a été surpris par la dimension que prend la ville. C’est comme si les gens se réveillent du sommeil pour se rendre compte que c’est donc vrai, ce qui était programmé. Et maintenant il faut réajuster les comportements. C’est ce temps d’hésitation que  nous connaissons. Mais déjà, on commence à constater des premiers pas pour que les populations prennent leur destin en main, que les jeunes prennent des initiatives, et qu’il y ait maintenant des financements. Vous savez que le problème du financement se pose aussi parce que les populations ici avaient pris comme activité principale la pêche. Or la pêche ne produit plus grand-chose parce que l’exploitation de la mer par des plateformes fait que le poisson se raréfie vers les côtes. Il faut aller loin, et ils n’ont pas l’équipement pour le faire. Il faut donc se retourner vers la création de petites activités génératrices de revenus. C’est dans cette phase que nous nous trouvons et je pense que dans les années à venir, ce que vous trouvez comme lacune sera déjà comblé.

Les entreprises chinoises sont très impliquées dans la construction des infrastructures à Kribi : Port en eau profonde de Kribi, financement de l’usine de l’eau… Quelle relation ces entreprises chinoises entretiennent-elles avec la population ?

Il y a eu des étapes dans cette relation. Ça a été très difficile au début parce que c’est deux mentalités différentes. Le Chinois ne comprenait pas toujours grand-chose de notre perception de la vie humaine et ça nous a fallu beaucoup de travail je vous assure. J’ai tenu des dizaines de vingtaine de réunions pour dire à nos partenaires que chez nous le travail n’est pas un ring de boxe, il y a des droits à respecter. Nous sommes arrivés après une longue lutte à ce qu’ils acceptent notre législation du travail. Aujourd’hui, les relations sont même amicales dans une certaine mesure.

Entretien avec Valgadine TONGA

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