Contentieux post-électoral : tous fiers d’être Camerounais

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Le pays des Lions indomptables écrit une belle page de la démocratie à travers ces échanges houleux devant le Conseil Constitutionnel. Dans les ménages et bistrots les populations vibrent au rythme du code électoral.

Le pays des Lions indomptables écrit une belle page de la démocratie à travers ces échanges houleux devant le Conseil Constitutionnel. Dans les ménages et bistrots les populations vibrent au rythme du code électoral.

Dans un bistrot à Douala, au rythme du contentieux post-électoral.

Depuis le 16 octobre 2018, le cœur du Cameroun et des Camerounais bat au Palais des Congrès à Yaoundé, à la faveur des audiences du contentieux post électoral. Les onze membres du Conseil constitutionnel débattent sur les recours opposés à la présidentielle du 7 octobre. L’audience tient en haleine les Camerounais de tout bord. Ce mercredi 17 octobre, une grappe de voisins s’est réunie devant une buvette au lieu-dit Derrière Hôtel sportif à Bonapriso-Douala. Il est 16h. C’est le silence absolu. Les yeux et les oreilles sont rivés sur la chaîne publique Crtv. C’est le silence. On entendrait même le bourdonnement de la mouche. N’est audible que la voix du Pr. Maurice Kamto.

Son argumentation devant le Conseil est retransmise en live. Même les garçons du quartier qui ont l’habitude de jouer au foot à pareille heure se sont installés devant le  téléviseur. «Je vais poursuivre le visionnage dans ma chambre», lance une maman. «Kamto sait parler. Cet homme n’est pas seulement allé à l’école. Il a fréquenté. C’est un autre niveau du débat», lance un  jeune-homme, avant d’être rappelé au silence par ses amis de circonstance. Un peu plus loin, devant une maçonnerie, le sujet anime les débats. «Je ne soutiens pas Maurice Kamto, j’ai mon candidat. Mais je lui tire mon chapeau, à lui et à ses avocats. Je suis dans l’exaltation depuis hier», commente un ouvrier. Image saisissante, celle d’un écolier qui, sac au dos, porte une petite radio dont les baffles diffusent sur un volume assourdissant, le rendez-vous de Yaoundé.

Au centre ville à Akwa, Martin avoue tirer-au-flanc  chez lui depuis mardi. «Je vous assure que hier je suis resté devant mon écran de 9h à 20h pour suivre les échanges. Je n’ai pas bossé. Je suis dans un grand bonheur étrange, je suis fier de mon pays. Ce qui se passe à Yaoundé est inédit. Ce matin encore j’étais devant la TV. Si ce n’était pas une urgence médicale, je restais suivre les débats. Je ne suis pas certain qu’il y ait déjà eu un tel débat dans d’autres pays, mêmes occidentaux», argue Martin, tout ému. Non sans préciser : «Mon frère a débarqué tout furieux chez moi parce que son câbleur a coupé les images alors qu’il regardait la deuxième journée des audiences. Il est en train de suivre l’audience chez moi. Je le comprends, le Cameroun vit un moment historique. Mon dernier fils sera avocat» dit-il. Au volant de son taxi, Bienvenu écoute la retransmission de l’audience via son poste récepteur. Il ne tarit pas de commentaire dès qu’un client monte à bord. «Nous les Camerounais n’aimons pas la violence, encore moins la guerre. Personne ne descendra dans la rue comme certains ont voulu le faire croire, mais ce qui reste c’est ce qui s’est passé. Les choses vont changer, c’est clair. Ce qui se passe au Conseil constitutionnel relève de l’inédit au Cameroun. Je n’avais jamais vu ça dans un pays africain. Nous montrons aux yeux du monde que le Cameroun est un grand pays. Même si Kamto ne gagne pas cette élection, il est clair qu’il aura laissé une emprunte indélébile. Les prochaines échéances seront chaudes.» Le chauffeur avoue également, «après le lycée, mes enfants feront Droit à l’université.»

Le pays des Lions indomptables écrit une belle page de la démocratie à travers ces échanges houleux devant le Conseil Constitutionnel. Dans les ménages et bistrots les populations vibrent au rythme du code électoral.

Une capture d’écran de Crtv Web.

L’excitation qui anime les Camerounais est sans pareille. Personne ne veut perdre un mot des débats. Yves et ses amis sortent de l’Université de Douala. Casques aux oreilles, ils n’écoutent pas de la musique, mais le contentieux de Yaoundé. «Je ne dois rien louper. C’est des échanges de haut vol qu’on est en train de nous servir. Je suis heureux d’être Camerounais. Je ne savais pas nos avocats aussi intelligents, brillants. Ça force l’admiration. Dorénavant, je voue un respect à tous les avocats Camerounais, sans considération de bord politique. Nous donnons une leçon au monde

  «Pour la première fois, j’ai le plaisir de regarder avec passion un programme qui concerne le Cameroun, sur la Crtv», reconnait Tubal. Et pour le coup, la Crtv a sans doute, battu le record d’audience. De la radio à la télévision, en passant par internet, le média public est plus que jamais sollicité.

Valgadine TONGA

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