Affaire du livre controversé « L’Excellence en sciences »: le président de la République tranche

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La communauté éducative et la haute autorité de l’Etat du Cameroun obtiennent la suppression des onze pages du livre « L’Excellence en Sciences ».

L’ouvrage de Sciences de la vie et de la terre, inscrit au programme en classe de 5ème  au cycle d’enseignement secondaire général, vient d’être remis dans le marché avec les pages querellées supprimées. C’est sur haute recommandation de la hiérarchie que la collection « L’Excellence en Sciences », version revue et modifiée, est, à nouveau, disponible dans les librairies et autres points de vente agréés.

ce livre-polémiste opte pour un style communicationnel occidentalo-centriste visant à reproduire les trajectoires des référentiels culturels de l'ailleurs. Le langage véhiculé autour de ces images de la zoophilie et de la perversion est fort osé et offusque la décence

Les pages en question déchirées par un parent d’élève.

C’est un communiqué précis et concis qui vient de parvenir à notre rédaction. Ce texte laconique n’est constitué que de quatre phrases. La première phrase a pour titre: « Fin de la polémique sur le livre L’Excellence en Sciences 5ème« . La deuxième, quant à elle, a pour énoncé: « L’Excellence en Sciences 5ème remis dans le marché avec les pages querellées supprimées sur haute instruction de la hiérarchie« . La troisième phrase mentionne qu’il n’a jamais été question d’un retrait. La quatrième et dernière phrase est interpellative tant elle s’adresse aux agents socialisants que sont les parents, à qui est destinée l’information suivant laquelle la collection « L’Excellence en Sciences » 5ème, la version revue et modifiée, est disponible dans les points de vente agréés. Lire aussi :Versets sataniques du manuel scolaire : l’indignation de la société civile

L’on se souvient que le livre « L’Excellence en sciences » a semé la controverse depuis le 6 septembre 2018 sur les réseaux sociaux et dans l’espace public. Des journalistes et des internautes ont, en effet, battu en brèche le contenu du module d’enseignement, dont le titre est: « Lutte contre les comportements émergents néfastes à la santé de la reproduction ». Ce module était un exposé d’une nomenclature de pratiques sexuelles déviantes, lesquelles prennent des proportions inquiétantes dans les villes et villages camerounais. La sodomie, la fellation, l’homosexualité en sont des exemples. Ce qui a davantage courroucé et offusqué des parents, des Hommes politiques, des universitaires, des leaders et acteurs de la société civile, c’est une image d’une femme qui, à la page 59, enlace le sein à une bête domestique sans qu’il ne soit précisé, en note infra paginale, qu’il s’agit d’un comportement de zoophilie prohibé dans la socioculturalité africaine et, singulièrement, dans les communautés culturelles camerounaises, dont la modalité sexuelle en vigueur est l’hétérosexualité. Aussi y avait-il le récit de vie de Etame qui, dans un environnement marqué du sceau de la précarité existentielle, s’est décidé à devenir, par contrainte, homosexuel contre l’appropriation des espèces sonnantes et trébuchantes fournies par son bourreau. Lire aussi:Abbé André Marie Kengne : «Faut-il payer la pension à nos enfants pour qu’ils aillent étudier le bas ventre?»

Le module lié aux principales pratiques culturelles émergentes et néfastes à la santé de reproduction, module fort querellé et controversé, constitué d’une dizaine de pages, a été élagué sur haute instruction de la hiérarchie. La suppression de ce module d’enseignement, qui a donc droit de cité depuis ce mardi, 2 octobre 2018, vient mettre un terme à la polémique, laquelle a duré quasiment un mois. Cette décision de la haute autorité de l’Etat va, sans conteste, contenter, voire réconforter de nombreux parents, des universitaires et des leaders et acteurs socio-politiques qui ont fait des critiques acerbes sur ce manuel, dont les co-auteurs sont Charles R. Ebang Ehole, Joseph Hessel, Yves Patrick Ango et Martin T. Bella Ndzana. Des agents de la communauté éducative ont exigé le retrait de ce livre du programme de la classe de 5ème puisqu’ils ont pourfendu l’exposé des comportements sexuels émergents, lesquels ne font pas partie intégrante des référentiels socioculturels endogènes. Que la haute autorité de l’Etat fasse extraire ce module des sciences de la vie et de la terre est la preuve que les remarques, critiques et suggestions faites par des acteurs pluriels ont rencontré l’assentiment des professionnels du giron éducatif et, a fortiori, celui du conseil national de validation des manuels scolaires et du matériel didactique. Supervisé par le Premier ministre Philemon Yang, cet organe est présidé par Jean-Paul Komon et a, comme secrétaire permanent, Marcelin Vounda Etoa.

Serge Aimé BIKOI

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