Mœurs : La pénétration du système éducatif camerounais par un livre-polémiste: une Socio-critique de l’approche par compétence

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Inscrit au programme de la classe de 5ème, l’ouvrage « L’Excellence en sciences » suscite, au sein de l’opinion publique nationale, une controverse tant ce manuel expose, aux pages 59 et 60, une littérature sur les excroissances sexuelles contemporaines. Il y est présenté une approche définitionnelle des pratiques sexuelles mondaines, en l’occurrence la fellation(caresse buccale de l’organe génital masculin), la sodomie (rapport sexuel par l’anus), le cunnilingus (excitation des organes génitaux féminins par la bouche), l’homosexualité (tendance à éprouver de l’attirance sexuelle pour les personnes de même sexe), etc. Nous faisons tabula rasa du sens attribué aux autres typologies de déviances sexuelles, telles que la pédophilie, la pédérastie, la zoophilie, le viol, l’inceste, le lesbianisme, l’ondinisme, la scatologie. Tellement ces perversités inspirent le dégoût, la mélancolie, le dépit, voire l’aversion. Cette polémique a tellement charrié les mass et les techno médias que cela inspire une analyse sociologique à l’aune de la confrontation de la méthode de l’approche par compétence au paradigme de la réflexion par l’absurde.

ce livre-polémiste opte pour un style communicationnel occidentalo-centriste visant à reproduire les trajectoires des référentiels culturels de l'ailleurs. Le langage véhiculé autour de ces images de la zoophilie et de la perversion est fort osé et offusque la décence

Les pages en question déchirées par un parent d’élève.

La réaction du commun des mortels sur la controverse relative à la perception des images liées aux déviances sexuelles actuelles est compréhensible. Véhiculer, en effet, de tels clichés sous le prétexte de la lutte contre les dérives sexuelles revêt un sens à l’inverse lié à la promotion de la zoophilie, de l’homosexualité féminine et masculine, de la sodomie et de la pédérastie. En optant pour la réflexion par l’absurde, il s’agit, de manière sous-jacente, d’une volonté manifeste dissimulée des éditeurs de diffuser le message de la transplantation des normes, des règles, des valeurs et des modèles exogènes que la société occidentale a, de surcroît, normalisés, légiférés et légitimés. Puisqu’il y a, dans la société camerounaise contemporaine, un dialogue, voire une confrontation de cultures interne et externe, il est fort possible, c’est une conjecture scolastique, d’inculquer à la conscience collective le nouveau phénomène de l’accréditation des référentiels socioculturels extérieurs dans les communautés culturelles camerounaises. Ces clichés subliminaux de la dame qui fait téter son sein au chien traduit, manifestement, un acte de zoophilie destiné à être châtié dans le registre du discours officiel des spécialistes de l’éducation. C’est, du moins, ce que nous a laissé entendre, ce vendredi, 7 septembre 2018, Joseph Hessel, co-auteur du livre « L’Excellence en sciences ». D’après cet enseignant des sciences physiques, qui a fustigé des journalistes ayant fait écho de cette actualité dans les quotidiens « Mutations » et « Le Messager »et des activistes des réseaux sociaux sur l’antenne de la Rts, « des Hommes de médias ne se sont pas préoccupés de découvrir le contenu, les objectifs et les enjeux de l’approche par compétence relative à l’éducation à la sexualité en général, et à la santé de la reproduction spécifiquement.»

Une Illustration qui suscite l’ire de la société.

Seulement, dans le référentiel du discours latent, qui réfère au palier officieux, les jeunesses du pouvoir, éveillées et curieuses, peuvent avoir, sans doute, la propension de découvrir des images positive et négative. C’est ainsi que des catégories sociales enfantile et juvénile sont susceptibles de basculer, contre toute attente, dans la théâtralisation et dans la scénarisation des déviances sexuelles liées à la fellation, à la sodomie, à au cunnilingus, ainsi qu’à la zoophilie. En interdisant, par exemple, aux enfants les pratiques d’une telle essence dans les manuels scolaires, cette méthode peut susciter un effet boomerang tel que ces cadets sociaux puisse exprimer la sensation de la découverte et, a fortiori, celle de l’expérimentation. Lire aussi Manuels scolaires : Maurice Kamto dénonce la promotion des dérives perverses

A la différence, si l’on s’appuie sur la réflexion par la raison adossée autour de l’approche par compétence, les concepteurs, du moins, les co-auteurs du livre-polémiste postulent la thèse de la dispensation des enseignements se rapportant à la santé de la reproduction et à l’éducation à la sexualité en général. Des défenseurs de cette grille de lecture battent, d’ailleurs, en brèche le traitement de cette actualité controversée arguant que des congénères se sont précipités à donner un sens à ces images déviantes sans lire, in extenso, le contenu du livre-controverse, sans s’imprégner, dans la même veine, des desseins des cours relatifs à l’éducation à la santé sexuelle. Des partisans de ce courant de pensée y débusquent, en réalité, le phénomène de la manipulation des mass et des techno médias, dont le déterminant, selon une hypothèse d’école, est la guerre des éditeurs. Quel est alors la maison d’édition qui a instrumentalisé des journalistes de manière à insuffler ce ballon dans l’espace public? Pourtant, ce livre fait partie des ingrédients scolaires de la progéniture depuis des années. Visiblement, si cette thèse colorée de manipulation et de désinformation est avérée, cela signifie que des enjeux du business autour de la commercialisation du livre scolaire sont d’actualité et déterminent la criminalisation du manuel « L’Excellence en sciences ».

In fine, il y a un débat de fond sur la méthodologie de la dispensation des cours aux cadets scolaires. La socioculturalité impose de faire usage d’une communication ampoulée ou boursouflée de périphrases, de figures de style, d’allégories pas du tout choquantes. Or, en pareille circonstance, ce livre-polémiste opte pour un style communicationnel occidentalo-centriste visant à reproduire les trajectoires des référentiels culturels de l’ailleurs. Le langage véhiculé autour de ces images de la zoophilie et de la perversion est fort osé et offusque la décence et la convenance parce que les mots et expressions sont dotés d’une connotation forte chargée de symboles. A l’heure de la société camerounaise libéralisée et mondialisée, faisons attention aux sirènes qui veulent incliner le Cameroun à légiférer et à normaliser ces pratiques rétrogrades. Or, elles restent et demeurent prohibées par la loi camerounaise. Au moment où une pression permanente est exercée sur la ministre des Enseignements secondaires, Nalova Lyonga Pauline Egbe, de milliers de parents souhaitent, de toute urgence, le retrait de ce livre-polémiste du programme scolaire.

Serge Aimé BIKOI, journaliste et Sociologue du développement

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