Présidentielle\Contentieux pré-électoral : tous les recours rejetés

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Le Conseil constitutionnel a invalidé les douze requêtes des candidats recalés dans la salle d’audience du Palais des congrès de Yaoundé.

Le Conseil constitutionnel a invalidé les douze requêtes des candidats recalés dans la salle d'audience du Palais des congrès de Yaoundé

Olivier Bile.

Parmi les recours ayant été examinés par le collège des membres du Conseil constitutionnel, figurent ceux de Olivier Bile et Vincent Sosthene Fouda Essomba ayant donné du fil à retordre aux sages de cette haute instance juridictionnelle compétente. Le président national de l’Union pour la fraternité et la prospérité (Ufp) n’a pu déposer, le 19 juillet 2018, un dossier complet pour défaut de versement de la caution de 30 millions de Fcfa. À cause de cette contingence imputable au service de la trésorerie générale ayant fermé ses bureaux avant minuit, Olivier Bile a requis un constat d’huissier de Me Raphaël Ebode, dont le procès-verbal a été lu, in extenso, par le rapporteur du Conseil constitutionnel. Ce rapport fait état de ce que le foyiste est arrivé à 23h le jour du délai de dépôt des dossiers de candidatures à la direction générale des élections. Ce constat d’huissier n’a pas rencontré l’assentiment du conseil constitutionnel tant Amadou Tidjani, un des membres de cette haute cour juridictionnelle, a fait savoir à Bile que l’huissier de justice requis ne peut pas constater cette déconvenue le 20 juillet 2018 alors qu’elle a été plutôt observée la veille (19 juillet 2018).

Sur le champ, le leader national de l’Ufp, ulcéré et d’un ton ferme, a exigé un examen spécial de sa requête. Au préalable, l’homme politique a battu en brèche l’avocat du conseil électoral d’Elections Cameroon qui est resté ferme soutenant le rejet du recours de Bile. Pour le candidat malheureux à la présidentielle 2011, « le conseil de défense de l’organe en charge de la gestion du processus électoral méconnaît les pratiques en vigueur inhérentes au déroulement du processus électoral au Cameroun puisque, explique-t-il et au regard de l’expérience de la tenue de la présidentielle au cours des années antérieures, les bureaux de la trésorerie générale et de la direction générale des élections ont toujours mis fin à leurs activités à minuit le jour du délai de dépôt des dossiers de candidatures ». Au demeurant, Clément Atangana et ses pairs ont classé ce recours de O. Bile sans u accorder un écho favorable. L’homme politique a tenté de savoir quel est le motif de la disqualification de sa requête. Mais en vain.

Le Conseil constitutionnel du Cameroun sort des fonds baptismaux avec la nomination de son tout premier président, en la personne de Clément Atangana, 77 ans

Président du Conseil Constitutionnel, Clément Atangana.

«Elecam a menti Elecam a menti.» C’est la phrase récurrente qu’a prononcée le président national du Mouvement camerounais pour la social démocratie (Mcsd) décidé à en découdre avec certains membres du Conseil constitutionnel qui furent ses professeurs de sciences juridiques à l’université de Yaoundé. En effet, avant de prendre la parole, Sosthene Fouda Essomba a demandé à avoir une bouteille et un verre d’eau . Question de comparer, métaphoriquement, cette image à celle du Conseil constitutionnel «dénué» selon l’homme politique, de toute neutralité et de toute objectivité. Le leader politique a, en l’occurrence, interpellé Joseph Marie Bipoun Bi Woum et Étienne Lekene Donfack et leur a fait savoir qu’ils ne peuvent dire le droit avec toute la transparence requise. Fouda Essomba pense que ces brillants juristes éminents membres du conseil «sont englués dans une instance idéologiquement et politiquement marquée tant c’est un organe à la solde du chef central dont ils servent les intérêts». D’où la question de Fouda Essomba de savoir «à qui profite le crime de la mauvaise lecture du droit.» Mais au finish, le recours du candidat recalé a été accepté dans la forme et rejeté au fond pour non-justification des éléments allégués par le requérant. Les dix autres recours ont été aussi jugés irrecevables. Il s’agit des requêtes de Rigobert Gaban Minada Aminou, Valentin Engono, Geneviève Zeh Amvene, Léopold Steve Ndjoumou et Bertin Kissob, dont deux recours ont été rejetés.

Son 3ème recours n’a pu être examiné en raison de la survenue d’un fait insolite. Aboubakar Kalmadine, dont le recours a été disséqué en premier et rejeté en son absence, a surgi du lieu où il était assis pour exiger que son recours soit examiné à nouveau en sa présence. « Voici mon dossier de candidature! Examinez- le! », a clamé le jeune homme filiforme vêtu d’un simple boubou marron. Cet acteur inconnu de la scène politique s’est échappé des mailles de la police, dont un contingent était posté à l’entrée de la salle d’audience. Celui, qui a contesté le rejet de son dossier de candidature parce que bloqué à la direction régionale des élections pour le Littoral, a été, une minute après, stoppé net à quelques mètres du président du Conseil constitutionnel. Alors que Aboubakar Kalmadine a été expulsé de la salle par une escouade d’agents en service audit conseil, Clément Atangana a mis fin à l’audience alors qu’il restait le 12ème recours de Bertin Kissob absent parce que écroué à la prison centrale de Yaoundé dans le cadre de la crise anglophone. Ce leader politique et des dizaines de séparatistes ont été arrêtés il y a plusieurs mois dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour avoir été accusés d’être à l’origine des actions sécessionnistes.

Serge Aimé BIKOI

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