Litige foncier : Menace sur des obsèques à Bandjoun

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Madame Tuebou Jeanne n’entend pas laisser ses cousins enterrer leur frère sur les terres de son défunt père. Elle a saisi le sous-préfet de Demdeng à cet effet.

L’inhumation de feu Fokwoua Joseph prévu ce 14 juillet 2018 à Bapou par Bandjoun annonce des étincelles dans l’air. Madame Tuebou Jeanne n’entend pas laisser ses cousins enterrer leur frère sur les terres de son défunt père. Elle a saisi le sous-préfet de Demdeng à cet effet.

Litige foncier.

L’inhumation de feu Fokwoua Joseph prévu ce 14 juillet 2018 à Bapou par Bandjoun annonce des étincelles dans l’air. Son Altesse royale Tuebou Sitamze Jeanne, épouse Ndjoko, a saisi depuis le 9 juillet le sous-préfet territorialement compétent dans l’arrondissement de Demdeng, d’une correspondance avec pour objet «demande d’intervention aux fins d’éviter des troubles à l’ordre public et trouble de jouissance dans la concession de mon père le Prince So Waffo Gabriel».

D’après elle, son père Souop Waffo Gabriel est décédé le 29 janvier 1960, laissant derrière lui entre autre un immeuble rural bâti sur une superficie de près de 5 hectares, sur lequel elle et ses frères disposent d’ailleurs d’un certificat de propriété en bonne et due forme. Sauf que dès son départ outre-tombe, son frère aîné Souop Kamdem Joseph est venu s’installer dans sa concession, pris ses femmes et a commencé à régner en maitre sur tous ses biens, après l’avoir enterré au cimetière de Pete Bandjoun où se trouvent encore ses restes. Et ce même alors que les deux frères ne s’entendaient pas du vivant de Souop Waffo. Souop Kamdem ira même jusqu’à importer sur son nouvel empire deux de ses femmes, laissant les 28 autres dans sa propre concession à Mbieng-Djebem, son quartier résidentiel où il avait été désigné chef de quartier depuis 1930. Sur son nouvel empire, occupé au détriment de ses neveux, Souop Kamdem fait désormais la pluie et le beau temps. Jusqu’à son décès. Les frères Waffo pensent que leur terrain sera désormais libéré, car ils se gardaient de brusquer leur oncle de son vivant, respect de l’aîné ou du parent oblige. Mais les choses ne se passèrent pas ainsi.  Les enfants de Souop Kamdem qui le soutenaient dans ses penchants annexionnistes, décidèrent de l’enterrer sur place.

Mépris constant de l’autorité

Les enfants de Waffo saisirent le chef supérieur Sa Majesté Ngnie Kamga, qui coupa la poire en deux et ordonna qu’on y enterre Souop Kamdem, mais que son successeur n’y réside pas. «Ainsi, Souop Kamdem fut enterré dans notre concession, alors que mon père Souop Waffo Gabriel le vrai propriétaire avait été enterré dans un cimetière», lit-on dans la correspondance de dame Ndjoko au sous-préfet. Elle explique que le successeur de Kamdem marcha sur les traces de son père en s’installant sur ces mêmes terres contre la décision du Chef supérieur. Lui et ses frères entreprirent même des constructions, et les menèrent jusqu’au bout malgré l’interdiction du Sous-préfet suite aux plaintes des vrais ayant droit. En juillet 2011 déjà, ils avaient déjà enterré l’un de leurs frères dans la même concession, toujours contre l’avis du Chef Supérieur Bandjoun, du reste chef de cette famille. La nouvelle dépouille prévue pour être enterrée le 14 juillet 2018 est comme la goutte d’eau qui fera déborder le vase, et la famille Waffo n’entend plus laisser cette «imposture» continuer.

L’inhumation de feu Fokwoua Joseph prévu ce 14 juillet 2018 à Bapou par Bandjoun annonce des étincelles dans l’air. Madame Tuebou Jeanne n’entend pas laisser ses cousins enterrer leur frère sur les terres de son défunt père. Elle a saisi le sous-préfet de Demdeng à cet effet.

Hôtel de ville de Bandjoun.

Jointe au téléphone, maître Kamga Noutchogouin Laurette, avocate au Barreau du Cameroun avec Etude à Bafoussam, petite fille de Souop Kamdem, pointée du doigt dans la correspondance de madame Ndjoko comme conseillère de ses cousins dans cette entreprise d’annexion, rejette l’existence d’un problème. Elle s’en remet à la réunion convoquée demain vendredi 13 juillet par le sous-préfet de Demdeng. Et explique que si dame Ndjoko à des éléments qui prouvent que c’est leur terrain, elle les présentera à l’autorité, qui devra prendre la décision appropriée.

Pour une énième fois, le problème  qui ne trouve pas solution depuis 58 ans est encore porté à l’attention de l’autorité administrative. L’espoir d’éviter une guerre familiale à Bandjoun repose désormais sur le sous-préfet de Demdeng, qui a effectivement convoqué les deux parties dans ses services ce vendredi.

Roland TSAPI

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