Forum social et économique : Fame Ndongo et Nalova Lyonga jouent aux abonnés absents

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Durant la journée du mardi 3 juillet 2018, s’est tenu, au hall de l’assemblée nationale, le forum social et économique. L’un des enjeux de ladite assise a consisté à faire connaître aux élus du peuple et à la minorité des jeunes des projets et programmes de développement auxquels les populations locales doivent s’intéresser. Dans l’optique de créer des potentialités de rentabilisation des emplois dans divers secteurs. Seulement, les cibles visées et les départements ministériels en charge des jeunes scolaire et universitaire, ont joué aux abonnés absents.

Durant la journée du mardi 3 juillet 2018, s'est tenu, au hall de l'assemblée nationale, le forum social et économique. L'un des enjeux de ladite assise a consisté

Jacques Fame Ndongo

C’est le fait curieux qui est ressorti de la tenue du forum social et économique organisé par la chambre basse du parlement camerounais. Certes, les ministères de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), de l’Emploi et de la formation professionnelle(Minefop), de la Jeunesse et de l’Éducation civique (Minjec), et de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff) ont choisi la carte de la présence. Mais bien de départements ministériels ciblés et visés ont opté, visiblement, pour l’approche de la chaise vide. L’absence, en l’occurrence, des ministres de l’Enseignement supérieur (Minesup) et des Enseignements secondaires (Minesec) pousse à se questionner sur le pourquoi de la démobilisation des institutions publiques en charge du déploiement de la démographie juvénile. En effet, puisque  la jeunesse est la cible principale dudit forum, quiconque se serait attendu que des cadres desdits départements ministériels fissent salle comble et se mussent, tous ensemble, dans une dynamique collective. Question de construire une synergie d’actions concertées dans le dessein d’intéresser les masses juvéniles. En réalité, l’on ne saurait organiser un forum social et économique d’une telle essence sans associer la population scolaire et universitaire, dont l’effectif, ces dernières années, est exubérant.  L’on ne saurait tenir un forum d’une telle envergure sans susciter la participation des centaines de réseaux associatifs de jeunes, dont la variété est un fait avéré. Ce sont, d’ailleurs, ces groupements associatifs juvéniles qui devraient, de manière effective et décisive, entrer en interactivité et en co-action avec bien d’institutions étatiques et para-étatiques. Histoire d’aller à la découverte et à la conquête des sentiers et paliers de divers projets et programmes conceptualisés au profit des jeunesses du pouvoir.

Décentralisation d’une telle initiative

Durant la journée du mardi 3 juillet 2018, s'est tenu, au hall de l'assemblée nationale, le forum social et économique. L'un des enjeux de ladite assise a consisté

Nalova Lyonga au ministère des Enseignements secondaires.

Dans cette perspective, l’assemblée nationale, instance organisatrice du forum social et économique, aurait dû avoir comme interface ou comme entités médiatrices le Conseil national de la jeunesse du Cameroun (Cnjc) et le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique (Minjec) comme passerelles d’attrait, de mobilisation, de capitalisation et de rentabilisation des jeunes des lycées et collèges, des universités et Instituts privés de l’enseignement supérieur (Ipes). Mais au regard de la vacuité de l’esplanade de l’assemblée nationale, l’on se rend à l’évidence, compte que ce procédé méthodique n’a pas été mis à contribution. De plus, le ciblage de la période du déroulement dudit forum est inopportun. Bien de jeunes scolaire et universitaire sont en vacances dans des aires péri- urbaine et rurale.  Ce choix inapproprié du temps incline à entrevoir et à conjecturer autour de l’éventualité de la décentralisation d’une telle initiative. Pourquoi toujours et encore Yaoundé, siège des institutions de la République? Pourquoi pas Mbangassina, Bertoua, Mora ou Muyuka, centres  urbains où un tel forum peut être aussi implémenté?

L’économie consommatoire

Aussi avions-nous assisté à l’avalanche de discours des officiels gouvernementaux qui, sans conteste, étaient en conquête de marketing politique, l’enjeu étant de tenir en haleine l’auditoire. Mais le discours étant le dénominateur commun de la théorisation parfois pompeuse et creuse, l’heure est à l’opérationnalisation des actions théoriques. C’est, d’ailleurs, l’instant de la mise en route de la praxis, dont le dessein consiste à enraciner la politique économique productive adossée autour de la création des micro et macro-emplois au bénéfice des jeunes sans emplois et sous-employés de l’économie populaire urbaine. Mais malheureusement, le Cameroun  continue de piétiner dans l’économie consommatoire, signe de  l’option gouvernementale pour l’éternisation dans les politiques publiques anachroniques et obsolètes. Triste réalité  à la camerounaise!

Serge Aimé BIKOI, Journaliste, Sociologue du développement

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