10 propositions pour résoudre la crise anglophone

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Eric Chinje écrit à Paul Biya et soutient que l’équation pour régler ce contentieux n’est pas militaire. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République en date du 28 juin 2018, l’ancien journaliste de la Ctv(Cameroon television) fait un constat, sans complaisance, de la situation sociopolitique qui sévit depuis octobre 2016.

Eric Chinje.

«M. le président de la République le Cameroun apparaît comme étant dans un état d’impuissance, glissant dangereusement dans un abîme d’où il ne peut émerger qu’après de grandes de grandes souffrances et de grands sacrifices». C’est à cause de ce constat que Eric Chinje pense qu’une personne a le pouvoir de changer le cours des événements, d’inverser la tendance et de mettre le pays sur la voie de la paix et de la réconciliation. L’ancien redacteur-en-chef de l’ex-Ctv(Cameroon television) relève que le chef de l’État est susceptible de stopper l’escalade insécuritaire qui règne dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest-Cameroun. «Vous seul pouvez arrêter cette descente en enfer et raviver les espoirs d’un meilleur Cameroun» explique celui qui est devenu, après son départ pour l’étranger, consultant à la Banque mondiale. Pour E. Chinje si les crises dans l’Est et le Nord du pays sont générées de l’extérieur et appellent à la consolidation de la présence de l’armée nationale le long des frontières avec les voisins nigérian et centrafricain, la crise anglophone présente une facette diamétralement opposée aux assauts islamiste et terroriste. En effet, clarifie le journaliste, la crise sociopolitique présente une réalité totalement différente et appelle à une approche et une stratégie de leadership complètement différentes. Et pour cause: la crise est générée en interne et soutenue par l’exacerbation de la violence perpétuée par les extrémistes qui se nourrissent les uns les autres. «Au départ, ajoute-t-il, cette crise n’était qu’un problème de police, mais des individus mus par un certain autoritarisme ont appuyé sur la gachette facile et ont bandé leurs muscles. Or, contrarie le scribe, ce à quoi le Cameroun est en butte aujourd’hui, c’est la militarisation d’un conflit au sein d’une famille, une guerre fratricide dans laquelle des Camerounais tuent leurs concitoyens. Et qui pensez- vous va gagner cette guerre?» s’interroge E. Chinje.

Dans le dessein de ne point muer l’unique havre de paix en champs meurtriers et en rivière de sang, le cadre de la Banque mondiale a élaboré dix propositions en termes d’actions à exécuter et suggère à Paul Biya de les mettre en pratique. Retirer l’armée avec effet immédiat et envoyer la police dans toutes les zones de conflits dans les deux régions anglophones. C’est la première proposition. La 2ème est relative à la libération de tous anglophones incarcérés y compris ceux qui ont été arrêtés au Nigéria. Ne maintenir en détention, relativise-t-il, que ceux qui ont, expressément et à plusieurs reprises, appelé à la guerre.

Permettre à tous les détenus restants d’avoir accès à leurs avocats nationaux et internationaux. Engager des discussions et des arrangements constitutionnels fondés sur la singularité du problème anglophone et sur la nécessité d’y remédier de manière à protéger les droits des citoyens et à renforcer l’unité nationale. Aussi propose-t-il d’entreprendre des consultations qui devront aboutir à la re-écriture d’une nouvelle Constitution pour le pays. Il s’agira alors d’une reconnaissance de l’inviolabilité de la fédération de deux États qui composent le Cameroun et décentralisant l’administration du pays en unités régionales de manière à rapprocher le gouvernement des gouvernés.

Serge Aimé BIKOI

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