Présidentielle 2018 : des leaders politiques appellent au report de l’échéance

0

C’est selon eux, l’unique stratégie pour contrer toute intervention des puissances étrangères au Cameroun.

«Les Etats-Unis ont fait du Golfe de Guinée leur prochaine source de ravitaillement. Les prédateurs nous guettent et personne n’a intérêt qu’il y ait le feu dans ce pays. Il faut qu’il y ait une solution au problème actuel, avant l’élection présidentielle. Les élections ne peuvent pas se tenir dans le contexte actuel», ponctue Robert Mouthe Ambassa,  membre du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais. Il s’exprimait mardi 19 juin 2018 à Douala, à la faveur de la conférence de presse organisée par l’association Women Voters and Sons, WVAS. La présidente de l’association, Me Alice Nkom, tenait à informer les médias sur la vaste campagne de sensibilisation et d’inscriptions sur les listes électorales que WVAS organise le 21 juin à Ndokoti à Douala. Les échanges ont plutôt viré vers une autre problématique : la tenue de l’élection présidentielle en 2018.

C’est selon eux, l'unique stratégie pour contrer toute intervention des puissances étrangères au Cameroun.

Hiram Samuel Iyodi du mouvement Now à gauche, Me Alice Nkom au centre.

Le Rdpc, Cpp, PeA48, Mouvement Now, Udc, Purs, Mp …présents dans la salle n’ont pas tari d’argumentaires. Militant du Mouvement progressiste (Mp), le conseiller municipal Hilaire Zipang estime qu’au vu de la situation sécuritaire qui prévaut au Cameroun, «il serait éventuellement dangereux d’organiser une élection présidentielle au Cameroun. La circonscription électorale est unique donc si l’élection ne se passe pas dans toutes les régions du pays, l’Onu va s’en servir pour intervenir au Cameroun. C’est ce qui a été fait en Syrie avec Bachar Al-Assad. On doit repousser les élections en disant qu’on est en guerre

L’idée est de faire comprendre au gouvernement-dirigeant que la paix est le seul gage de la sérénité au Cameroun. «On ne peut pas parler d’élection dans ce contexte parce que si le peuple vote des gens qui doivent le représenter, qui doivent réaliser des projets de société pour lui, ces projets ne verront jamais le jour puisque ces leaders seront soumis aux désidératas des officines étrangères. Le fait est que si ces officines vous demandent x contrats de pétrole et vous refusez, ils vont armer les rébellions qu’a j’ai hérité», soutient Jean Marc Ngoss, président du PeA48. Qui propose notamment à l’opposition de faire bloc pour ne pas aller à l’élection. Une vue de l’esprit, tant est que la solidarité fait défaut à l’opposition camerounaise. «Aujourd’hui dans l’opposition, explique le 1er Vice-président national de l’Union démocratique du Cameroun Sam Mbaka, c’est des injures, des peaux de bananes. Ce n’était pas comme ça à l’époque entre nous. Vous pouvez avoir des points de vue divergents, sans toutefois vous regarder en chien de faïence

L’appel au renvoi de la présidentielle a été lancé. Les leaders politiques invitent tout de même les jeunes à s’inscrire massivement sur les listes électorales, pour le moment venu. «Il faut vous inscrire sur les listes électorales. En 90-92, l’opposition était majoritaire à l’Assemblée nationale, même si elle n’a pas su s’unir pour diriger les affaires», dixit Mouthe Ambassa. Me Alice Nkom annonce justement une vaste campagne, jeudi prochain au carrefour Ndokoti. Elle sera notamment soutenue par le Mouvement Now. «C’est tout ce que je peux faire. Je ne peux pas donner de consigne de vote, ni appeler à l’annulation des élections. Ce n’est pas de mon ressort. En tant que membre de la société civile, mon devoir est d’éduquer l’électorat.»

Valgadine TONGA

Lire aussi : http://lavoixdukoat.com/2018/06/06/crise-sociopolitique-les-partis-politiques-la-societe-civilerejettent-lintervention-etrangere/

Share.

About Author

Leave A Reply