Avènement de la Société Métropolitaine d’Investissement de Douala (SMID)

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Avènement de la Société Métropolitaine d’Investissement de Douala (SMID)

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Regard  sur quelques expériences de Sociétés d’Economie

Mixte Locale (SEML) dans le monde

 Par Dr. Fritz NTONE NTONE, Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala

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Dans un contexte d’une nécessité d’accélération du processus de décentralisation et  de gouvernance urbaine rénovée, les SEM locales notamment, apparaissent indispensables. Les qualités de flexibilité, de réactivité voire de pro-activité, de transparence et de management qualifié qui les caractérisent, militent largement en leur faveur.

A cet égard, on les retrouve dans tous les continents. En Europe, l’on estime à plus de 10 000 leur nombre, dont plus de 1 000 en France où, elles sont à l’origine de près de 50% des investissements publics réalisés dans les villes.

A Douala, la complexité relative du sujet, résulte de ce que, quasi simultanément, ou dans de très courts délais, la Ville de Douala pour se doter des moyens nécessaires pour la mise en œuvre de son plan directeur d’urbanisme, se doit de créer « la Société Métropolitaine d’Investissement de Douala » (SMID) considérée comme le véritable bras séculier de la ville, en vue de son développement harmonieux et durable.

Dans cette perspective, considérant les besoins significatifs de financement nécessaires au développement durable de la capitale économique, la cartographie de son actionnariat et, l’existence avérée d’une épargne privée locale, y compris celle des forces vives du pays et de la diaspora, la forme juridique envisagée pour la « SMID » apparaît la plus appropriée.

Dans le même temps, la gestion moderne des villes exige de s’orienter à la fois, vers une gestion patrimoniale de ses actifs et surtout, vers une externalisation de ses services, en impliquant autant que possible le secteur privé et la société civile ; le contexte de Douala s’y prête.

Dans ce contexte en effet, le retard accumulé par la Ville de Douala, dans son organisation actuelle, des plus contraignante et, parallèlement, l’intérêt suscité par des acteurs privés, nationaux et de la diaspora,  dans la fourniture des services urbains « rentables », conduisent à créer des sociétés d’économie mixte, à vocation unique, ou multiple, voire, destinées à l’aménagement d’un secteur de la ville, pris dans sa globalité.

Ainsi, dans des environnements qui pourraient servir de référence, rencontre-t-on :

  • en Région parisienne: (i) le Marché de Rungis (SEMMARIS), le Palais Omnisports de Paris – Bercy, qui sont gérés par des SEM spécifiques ; (ii) le Quartier de la Défense (EPAD), l’opération « Paris Rive gauche » (SEMAPA) autour de la Gare d’Austerlitz et de la Bibliothèque François Mitterrand, gérées par des SEM différentes, etc.  ;
  • à Bordeaux, l’on pourrait relever : (i) Transports Bordeaux Métropole (TBM) qui s’occupe de la gestion des Transports dans l’agglomération bordelaise ; (ii) « In Cité » qui aménage le Centre historique de la ville et gère un significatif parc de logements ; (iii) Bordeaux Métropole Aménagement (BMA) qui intervient en maîtrise d’ouvrage d’opérations d’aménagement urbain dans le cadre de concessions publiques et en propre, sur des opérations portant sur des secteurs précis de la ville : « Bordeaux-Lac », « La Bastide » (Rive droite, …) ;
  • à Strasbourg, la Société d’aménagement et d’équipement de la Région de Strasbourg (SERS) est la cheville ouvrière de la maîtrise d’ouvrage des opérations d’aménagement urbain, dans le cadre des concessions publiques et en propre.
  • à Philadelphie, dans l’Etat de Pennsylvanie aux Etats – Unis d’Amérique, il gravite autour de la Mairie plusieurs sociétés d’Economie Mixte en charge des questions d’assainissement, de mobilité, d’aménagement urbain, et même de promotion des opportunités d’affaires dont dispose la ville. A titre illustratif l’on pourrait citer la Société d’Ingénierie Civile de Philadelphie, le Département des routes de Philadelphie ou encore les Cabinets Select Philadephia ou  Penonni Engineering dont l’expertise est mise à contribution au bénéfice de la Mairie de Philadelphie sur la problématique de l’attractivité socio-économique de cette métropole.

Dans ce registre, en Afrique au Sud du Sahara, les opérations de type « PPP » apparaissent plutôt, les plus en vue, notamment dans les pays tels que la Côte d’Ivoire et le Sénégal, où les marges de manœuvre des collectivités territoriales à créer des SEM locales, apparaissent moins grandes qu’au Cameroun.

En revanche, au Maroc, disposant à travers la Caisse des Dépôts et des Consignations d’un levier financier déterminant et de qualité, les SEM locales se consolident notamment à Casablanca et à Rabat où l’on retrouve, les sociétés : (i) « Rabat Parkings » ; (ii) « Casa Patrimoine », chargée de la préservation du patrimoine de la métropole ; (iii) « Casa Prestations » chargée d’assurer le suivi et l’évaluation des services publics locaux ; (iv) « Casa Events et Animation », dédiée à la promotion des activités culturelles et sportives au niveau de la ville, etc..

Il est donc donner à la Ville de Douala, à l’avantage du cadre juridique et règlementaire existant, de s’arrimer par le biais de la « SMID », à ce mode de développement urbain axé sur la mise en commun du  potentiel du secteur  public et du secteur privé au bénéfice de l’intérêt général, notamment à travers la promotion et le développement inclusif des différents pôles sociaux, infrastructurels, économiques et culturels de la Capitale économique du Cameroun.

En souscrivant à l’Appel Public à l’Epargne lancé depuis le 05 mars 2018 pour la constitution du capital social de la « SMID», tout Camerounais, quelque soit son lieu de résidence peut avoir la satisfaction d’avoir participé, contribué et  accompli un acte noble dans le processus de mise en œuvre du Plan Directeur d’urbanisme  de notre capitale économique à l’horizon 2025, mais pourra aussi bénéficier des retombées financières en lien avec ce placement dont le taux de rentabilité serait plus substantiel qu’une épargne classique.

La mobilisation et l’engouement de toutes les forces vives du Pays depuis le début de cette opération, témoignent de l’intérêt que vouent les Compatriotes à cette cause innovante. C’est aussi pour cette raison qu’il était impératif de tenir compte des doléances de tous ceux qui, pour divers motifs, ont sollicité l’extension de la période des souscriptions.  La Commission des Marchés Financiers vient d’accéder  à cette demande en autorisant le report  de la clôture des souscriptions antérieurement prévue le 22 mai, au 05 juillet 2018.

Toutefois, ces délais pourraient être raccourcis en cas de constitution intégrale du capital social avant cette échéance. Il s’agit donc d’une dernière opportunité à saisir au regard du taux des actions encore disponibles.

                                                                                                                                                                                                                                                                                               Dr. Fritz NTONE NTONE

                                                                                                    Délégué du Gouvernement / CUD

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