Arts visuels : Gilbert Kadji lance les ‘‘Annie Art Days’’

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L’exposition qui rend hommage à sa défunte épouse, Annie Kadji, accueille de nombreux visiteurs à l’espace Bonapriso Center of Art Douala.

L’exposition qui rend hommage à sa défunte épouse, Annie Kadji, accueille de nombreux visiteurs à l’espace BC Art. «La guerre ne commence jamais par une arme, mais par une mauvaise information

Human Right.com, signé David Nkot.

Son visage est d’une beauté structurale. Une beauté fragile, au cœur visiblement meurtri. La tristesse qui se dégage des yeux de cette femme au crane voilé est une séquelle des vicissitudes que vivent plusieurs personnes aujourd’hui à travers le monde. Avec ce tableau baptisée Human Right.com, David Nkot veut ouvrir le débat sur l’immigration, les conflits religieux. S’il a choisi faire sa peinture sur des coupures de papiers journaux, c’est parce que «les journaux représentent le flux d’informations qui assaillent le public et forgent l’opinion. Je me suis inspiré des travaux du chercheur Michel Colomb sur les ‘‘Les médias mensonge’’. Il dit que la guerre ne commence jamais par une arme, mais par une mauvaise information

L’exposition qui rend hommage à sa défunte épouse, Annie Kadji, accueille de nombreux visiteurs à l’espace BC Art. «La guerre ne commence jamais par une arme, mais par une mauvaise information

Un tableau d’Abdias.

L’exposition ‘‘Annie Art Days’’ -qui marque la réouverture des portes de la Bonapriso center of art Douala, Bc Arts- a drainé la crème des acteurs des arts visuels, jeudi 24 mai 2018.  La centaine des tableaux exposés à la galerie Bc Arts, baladent l’esprit dans différents thèmes. Dès la porte d’entrée de la galerie, la toile de la plasticienne Awa saisit le visiteur. C’est notre Manu Dibango en peinture. Il est si réelle qu’on a envie de le toucher. Mais ce serait presqu’un crime car «on ne touche pas aux tableaux», conseille durement un artiste. A travers son pinceau, Ajarb a choisi de représenter, tout en couleur, le phénomène des call-box. On retrouve, non loin, la griffe de l’illustre Koko Komegne, à travers des masques africains donc la compréhension n’est jamais au premier degré. Sur l’une de ses toiles, Abdias Ngateu présentent six personnages -aux corps humains et aux têtes de bêtes- sur une moto. Hélas, ce n’est pas qu’une image. Il est courant de voir dans nos villes un benskineur transporter autant de personnes. «A croire que l’homme est devenu un animal. C’est ce que je présente dans mes tableaux.» Les constructions plastiques de Joe Kessy cadrent plus avec l’hommage à Annie Kadji, de regretté mémoire. Il ressort la douleur, les lamentations l’amertume de l’âme suite à la mort d’un proche. La beauté de l’art c’est aussi sa complexité. Pas besoin d’être un fin connaisseur pour se faire son interprétation d’une toile.  Directeur général adjoint de la banque Scb Cameroun, Victor Emmanuel Menye n’est pas moins intéressé par l’art. «Aimer l’art, la culture n’est pas le monopôle des artistes. J’apprécie la culture et le groupe dans lequel je travaille organise souvent des vernissages. Les tableaux sont tellement divers, riches et denses. Chaque tableau parle.»  D’aucuns se sont replongés dans leur tendre jeunesse. «Ce tableau me fait penser à mon enfance, quand on jouait avec des capsules… Moi je me revoie tout petit, au marigot avec mes grands frères. Pendant qu’ils faisaient la lessive, je jouais de l’autre côté de la rive», devisent des journalistes.

«C’est la réouverture de la galerie Bc Arts à travers cette exposition baptisée Annie Art Days, en hommage à madame Kadji qui a créé cet espace. On commémore son œuvre d’artiste aujourd’hui, à travers les artistes avec qui elle a travaillé, et dans l’espace où elle a commencé à le faire. BC Arts existe depuis 1998. Avec son voyage aux Etats-Unis, les activités étaient suspendues, puis l’espace a été fermé pendant cinq ans. C’est donc la grande ouverture aujourd’hui», dixit le  Olivier Kadji Mbialeu du groupe Kadji. 22 artistes ont collaboré à la l’évènement. «Ceux avec qui elle (Annie Kadji, Ndlr) a travaillé ont formé d’autres artistes. Ajarb a commencé dans les ateliers d’Annie, et aujourd’hui il expose à Londres. L’exposition est vraiment fondée sur un groupe avec qui elle a travaillé, comme Koko Komegne, Jean Emati. C’est grâce à eux que nous sommes là aujourd’hui. Ce sont eux qui ont sélectionné les artistes. Les tableaux sont la propriété des artistes. De ceux qui seront vendus, 20% de l’argent seront reversés à la Swaa (Society for women and aids in Africa Cameroon. Annie Kadji en était membre.), et les 80% aux artistes.»  L’exposition sera «sûrement» annuelle, «mais en fonction de ce qui va se passer le week-end, on verra s’il faudra plus d’une fois par an», explique l’interlocuteur. L’exposition est en cours jusqu’au 27 mai courant à Bc Arts. A préciser que la famille Kadji louait cet espace, jusqu’à il y a quelques mois, à la galerie Laba.

Valgadine TONGA

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http://lavoixdukoat.com/2016/04/09/interview-koko-komegne-dans-un-pays-ou-on-privilegie-la-betise-jai-reussi-a-tenir-le-coup/

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