Elections : Croisade contre les bureaux de vote dans les casernes militaires

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Le Sdf exige une clarification sur la situation des bureaux de vote dans un lieu public.

Dans une correspondance adressée au délégué régional Elecam-Centre en date du 16 avril 2018, Emmanuel Ntonga appelle les autorités officielles et les responsables d’Elecam à donner une interprétation claire de l’article 96 alinéa 4, relatif à la situation des bureaux de vote dans les lieux publics et, singulièrement,  la situation des bureaux de vote dans les casernes militaires dans le Centre.

Ces formations politiques de l'opposition camerounaise exigent l'annulation des électorales sénatoriales dans les régions du Sud-ouest et de l'Ouest.

Le dépouillement dans un bureau de vote à Douala.

Le Président régional du Social democratic front  (Sdf) a saisi, par correspondance, le gouverneur de la région du Centre, le directeur général des élections, le chef d’antenne Elecam Yaoundé VI et le commandant de la garde présidentielle. L’enjeu de cette correspondance consiste, pour Emmanuel Ntonga, à exiger que tout bureau de vote devrait se situer dans un lieu public ou ouvert au public. D’après ce responsable de la principale formation politique de l’opposition camerounaise, l’année 2018 est une année électorale importante et déterminante. Plusieurs zones d’ombre inquiètent les militants du Sdf en général et ceux du Centre en particulier. Pour le Sdf, «l’article 96 alinéa 4 du Code électoral qui stipule que tout bureau de vote doit se situer dans un lieu public ou ouvert au public n’est pas appliqué sur le terrain tant une autre interprétation est expérimenté en terme factuel».

Ntonga fait, par exemple, un constat patent de plusieurs bureaux de vote qui se retrouvent dans les lieux fermés au public. C’est, en l’occurrence, relève-t-il, le cas des casernes militaires qui abritent plusieurs bureaux de vote. A titre illustratif, dans la commune d’arrondissement de Yaoundé VI en 2013, lors du double scrutin législatif et municipal, 15 bureaux de vote ont été créés dans les casernes militaires répartis de la manière suivante: Gp Melen (8 bureaux de vote) ; Camp Yayap  (6bureaux de vote) ; Simbock base aérienne  (1bureau de vote). «Les résultats dans ces casernes militaires sont, selon le Sdf, proportionnels au dispositif frauduleux mis en place. À témoins, sur les 8 bureaux de vote à la Gp Melen, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais(Rdpc) s’en tire avec 2346 voix contre 108 pour toute l’opposition». Le Camp Yayap, selon le même dispositif, offre au Rdpc 1708 voix contre 219 pour l’opposition. En ce qui concerne la base militaire de Simbock, le Rdpc s’adjuge 238 voix contre 48 pour l’opposition, soit 4292, soit 20,28% sur les 53% général. Et le Sdf de conclure: «Il ressort, de ces résultats, que n’eût été ce dispositif, au moins le Sdf aurait partagé cette commune avec le Rdpc».

En conséquence, la formation politique de l’opposition estime qu’il est difficile, voire impossible de s’exprimer librement quand ce n’est pas tout simplement de la barbarie. Les représentants des partis politiques, soutient Emmanuel Ntonga, sont menacés et parfois dissuadés.

Serge Aimé BIKOI

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