Elecam, Conac, Cnc, Tcs… Des épiphénomènes sur la vie publique au Cameroun

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 La crise ayant ébranlé certaines structures a été à l’origine de la création des entités appréhendées comme des épiphénomènes. Le conseil électoral d’Elecam, la Commission nationale anti-corruption, le Conseil national de la jeunesse, le Conseil national de la communication, le Tribunal criminel spécial sont, entre autres, des organes instaurés par l’État camerounais, mais dont l’incidence sociale est moins ressentie sur les strates de la vie publique.

Que ce soit aux plans politique, économique, social ou encore aux niveaux juridictionnel et communicationnel, il y a des structures qui ont été mises à contribution par l'État camerounais depuis des années, mais l'impact social est à géométrie variable. Ces organes ont la caractéristique Que ce soit aux plans politique, économique, social ou encore aux niveaux juridictionnel et communicationnel, il y a des structures qui ont été mises à contribution par l’État camerounais depuis des années, mais l’impact social est à géométrie variable. Ces organes ont la caractéristique singulière d’être portés sur les fonts baptismaux à la suite d’un contexte conflictogène, voire crisogène. Sur le champ politique, la naissance du conseil électoral d’Elecam corrélé à la Direction générale des élections intervient, il y a plus d’une décennie, après moult contestations électorales faites par des leaders et acteurs socio-politiques. Malgré tout, des formes de protestation demeurent et Elecam reste, à l’état actuel, plombé par sa bureaucratie inféodée à l’idéologie dominante du régime en place.

Des arrestations parfois spectaculaires

Si l’on franchit le seuil économique, il apparaît que le contexte chancelant et déstructurant de la moitié des années 80 au Cameroun s’est accompagné d’un essaim de scories au rang desquelles figure le serpent de mer qu’est la corruption. Dans le dessein d’endiguer cette pieuvre, le Président de la République a créé la Commission nationale anti-corruption  (Conac), l’enjeu étant de combattre cette pathologie sociale. Seulement, plusieurs années plus tard, la Conac reste et demeure un épiphénomène sans pouvoir coercitif susceptible d’inquiéter les macro-prévaricateurs. C’est la même observation qui est faite s’agissant du conseil national de la communication  (Cnc), dont les décisions prises en termes de suspension d’organes de presse pour une durée temporaire par la figure de proue restent lettres mortes et sont sujettes à des formes de sarcasmes de mauvais aloi des Hommes de médias épinglés et sanctionnés.

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Emmanuel Ndjere, président du Tcs

Même la création du Tribunal criminel spécial  (Tcs), chambre juridictionnelle spéciale, au plan judiciaire, n’a, jusqu’à l’heure actuelle, escompté des effets positifs fort marquants en termes de recouvrement (récupération) des sommes faramineuses des gros bonnets de la République écroués et condamnés dans les geôles des prisons centrale de Yaoundé et Douala. En dehors des arrestations parfois spectaculaires et sporadiques, dont le chronogramme est non-lisible et non-traçable, le Tcs est sous l’emprise de l’exécutif dont le chantre régule le mode opératoire des interpellations.

Enfin, au plan social, l’on ne saurait mettre sous le boisseau un autre épiphénomène créé en 2009. Il s’agit, en effet, de la création du Conseil national de la jeunesse du Cameroun (Cnjc), organe ultra dépendant du ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique  (Minjec). Né au lendemain des émeutes urbaines de février 2008, il était question de forger une entité libérale et autonome des jeunes. Mais au regard de la permanence de la logique de l’État paternaliste, le Minjec a été façonné pour régenter et contrôler systématiquement le Cnjc, dont la potentialité d’indépendance est essentiellement nulle. D’où la malléabilité des leaders à la tête de cette instance. Que ce soit Elecam, la Conac, le Cnjc,  le Cnc, le Tcs, etc l’impact desdits organes inféodés à l’État est essentiellement faible au grand désarroi du bas-peuple.

Serge Aimé BIKOI

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