Financement des Pme : le sujet qui divise

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Le Gicam a remis la question au goût du jour. Entrepreneurs, banquiers, médias étaient présents à la rencontre du lundi 2 avril 2018 à la Fiac à Douala.

«Financement des Pme : clés pour l’accès aux crédits bancaires». Le thème est fort intéressant. L’engouement du public à la conférence-débat du Groupement inter-patronal du Cameroun, Gicam, organisée lundi 2 avril 2018 en est la preuve. La salle de conférence de la Foire internationale des affaires et du commerce de Douala, Fiac, a servi de plateforme pour un choc d’idées entre entrepreneurs, banques, porteurs de projet… Selon le Président de la Commission Pme et financement du secteur privé du Gicam, André Kwam, le tissu économique du Cameroun est constitué à 90% de Petites et Moyennes entreprises, Pme. «Les Pme contribuent à près de 34% au Pib. Les Pme absorbent pratiquement près de 70 % en termes d’emploi dans notre pays, et pratiquement 95% des entreprises au Cameroun sont des Pme, juste pour nous faire comprendre les enjeux. Avec tout ceci, comment les Pme n’ont pas accès aux crédits», s’interroge-t-il.

Le Gicam a remis la question au goût du jour. Entrepreneurs, banquiers, médias étaient présents à la rencontre du lundi 2 avril 2018 à la Fiac à Douala.

Une vue du panel.

Autre réalité, «le taux de crédit n’est pas du tout incitatif au Cameroun. Les start-up aujourd’hui sont les entreprises de demain. On devrait les écouter, sinon nous tuons les Pme de demain, en ne finançant que les entreprises rentables», tempête le Directeur de la Société d’Experts comptables conseils, Albert Cheucheu. D’autres voix s’élèvent dans la salle pour inciter les banques au capital-risque. «Il faut oser le risque. Beaucoup de banques dans le monde investissent dans le secteur de la recherche et de l’innovation. Bill Gates, n’a pas dû demander 30millions à Mark Zuckerberg pour soutenir le projet Facebook, devenu aujourd’hui le plus populaire et le plus rentable réseau social dans le monde. Le secteur du numérique, notamment du digital est un levier de croissance dans plusieurs pays comme l’Inde, les Etats-Unis, le Nigéria et donc, la même démarche peut être envisageable dans notre pays», défend le journaliste et consultant en communication, Serge Seppoh. Qui plaide pour «la nécessité des banques de soutenir nos Pme pour qu’elles deviennent compétitives, face aux entreprises étrangères plus outillées qui sont présentes sur le marché camerounais

Côté banques, le Directeur commercial particulier et professionnel à la Société générale Cameroun, Arthur Bright fait savoir qu’à la SGC, «nous faisons incuber les start-up, deux par an, parmi les nombreuses idées que nous recevons. Aussi, les banques ont des mécanismes pour éviter les garanties classiques exigées aux entrepreneurs. Il faut juste que les entrepreneurs se renseignent sur les différents mécanismes.» Les porteurs de projet sont aussi invités à ficeler des projets solides. Les experts avouent qu’au bout de trois ans, la grande majorité des Pme camerounaises meurent. «On est extrêmement prudent vis-à-vis des start-up parce que les promoteurs eux-mêmes ne croient pas en leurs projets. Ils mettent sur pied une start-up qu’ils ferment six mois après», relevait à une précédente conférence Koulamdze Silasse, le Responsable Marché des professionnels de la SGC. Le Dg de Nambi Capital, ne dira pas le contraire. Pour Valentin Tchakounte, «les start-up constituent beaucoup de risques, surtout les start-up numériques. Prenez l’exemple de Jumia qui, malgré le fait d’avoir eu les financements a mis des années avant de grandir.» Il conseille les jeunes entrepreneurs à «bien réfléchir sur votre business modèle, pour séduire la banque

Valgadine TONGA

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