Zones anglophones : Limbe prône le vivre-ensemble

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La station balnéaire s’apprête à vibrer au rythme de l’amitié. Ce sera au cours de la 5e édition du Festival des arts et de la culture. Tranche de vie à Limbe, une ville qui n’abdique pas, face aux troubles sécuritaires qui secouent les autres contrées voisines.

Il est un peu plus de 13h ce lundi 12 mars 2018. Les populations de la région du Sud-ouest du Cameroun vaquent tranquillement à leurs occupations. A Limbe, dans le département du Fako, non loin du stade du centenaire, un hangar érigé sur les lieux, sert d’abri à deux vendeuses de nourriture. « Mamy Eru » et sa voisine réalisent des bonnes affaires ici, dans une ambiance bonne enfant. Leurs plats, tellement prisés, s’arrachent comme des petits pains tous les jours. En cet après-midi, elles n’ont plus grand-chose à proposer à leurs clients. « Il y a le Eru, mais la viande et la peau sont finies », lance celle qui se fait affectueusement appeler « Mamy Eru ».

A un jet de pierre de ce hangar, un mini restaurant spécialisé dans les mets de la région offre divers plats. Ici, on retrouve du tapioca à la sauce jaune, accompagné des légumes et de la viande, du « Water foufou », et du Eru. Les travailleurs en pause, se régalent. La majorité mange à l’aide des mains. « C’est meilleur quand on mange avec les mains », se réjouit un jeune anglophone. L’anglais est la langue la plus parlée par les clients de ce restaurant, qui propose des plats à un prix abordable. « On a le Eru, water foufou et le gari de 700 FCFA et de 1000 FCFA. Vous voulez pour combien ? » La vendeuse, toute souriante, s’adresse à un jeune couple visiblement d’expression francophone, dans un français approximatif. Cédric et Sophie prennent place et optent pour deux plats de « foufou-Eru » de 700 FCFA. Leurs voisins de table passent également la même commande.

Limbe, la belle

L’ambiance est bonne dans le coin. La ville est toute propre. On n’aperçoit pas des ordures ménagères versées à même le sol comme dans plusieurs quartiers de la ville de Douala. Devant une station service MRS, un jeune homme propose des bananes mures aux passants. Après le restaurant, certains viennent s’en procurer un tas de 100 FCFA, comprenant 3 doigts de bannes. « Les choses sont vraiment moins chères ici par rapport à Douala », constate Cédric, en séjour dans la ville. Les populations de Limbe ne ressentent pas les effets néfastes de la crise anglophone, qui secoue le Nord-Ouest depuis 2016. Le panier de la ménagère de Limbe ne souffre de rien. Les enfants quant à eux, vont à l’école comme par le passé.

La station balnéaire s’apprête à vibrer au rythme de l’amitié. Ce sera au cours de la 5e édition du Festival des arts et de la culture. Tranche de vie à Limbe, une ville qui n’abdique

« A Buea, les gens dorment tôt. A partir de 21h, 22h, les gens ne circulent plus trop, la ville est calme. Mais ici à Limbe, on ne gère même pas la crise. Les gens vivent normalement comme avant la crise», témoigne Amos Forfung, reporter au quotidien d’expression anglaise, « The Guardian Post ». Malgré toutes ces assurances, la peine et la tristesse se lit naturellement sur le visage des autorités traditionnelles et administratives de la région, préoccupées, comme l’ensemble des Camerounais, par la situation que traversent Bamenda et ses environs.

Vaincre le mal avec la culture

Motanga Andrew Monjimba, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Limbe (Cul) et tous les chefs traditionnels de cette station balnéaire, préparent la 5e édition du Festival des arts et de la culture de Limbe (Festac). Prévu du 7 au 14 avril 2018, ce festival devra permettre aux populations de Limbe1, Limbe 2, et de Limbe 3 (soit un total, 118 210 habitants selon le recensement de 2005) de promouvoir leurs richesses culturelles. De commun accord avec tous les chefs traditionnels, et des parlementaires de la région, le comité d’organisation maintient le thème de l’édition de l’année dernière, à savoir : « La diversité culturelle et l’intégration nationale ». Sous ce thème, on retrouve le slogan « Joignons-nous pour célébrer l’amitié, joignons-nous pour célébrer le vivre ensemble ».

Didier NDENGUE, de retour de Limbe

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