Crise : «Ces « ambazoniens » qui tuent sont-ils différents de Boko Haram qui égorgent?»

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« Face à Ayuk Tabe Sisuku qui s’illustre par les crimes de sang, le régime devrait choisir d’engager le pole « non violent » incarné par Bibixi et me Agbor Nkongo ». C’est la clé de sortie de crise est possible, martèle Célestin Bedzigui.

CRISE ANGLOPHONE ET ENLÈVEMENT DU CHAIRMAN DU GCE BOARD : Y a-t-il une voie de sortie de la crise? Oui!

Par Célestin Bedzigui, président du PAL

Face à Ayuk Tabe Sisuku qui s'illustre par les crimes de sang, le régime devrait choisir d'engager le dialogue avec Bibixi et me Agbor Nkongo". La crise qui

Il est incroyable que l’enlèvement du Chairman du GCE Board ne fasse pas l’objet d’une condamnation unanime. Ces « ambazoniens » qui tuent, maltraitent, humilient leurs propres frères Sous-préfet, Délégué régional,  Président GCA Board et autres chefs traditionnels, sans mentionner la torture imposée aux familles des supplicies. Sont-ils différents des Boko Haram qui égorgent les musulmans en prière dans les mosquées?  Leurs actes ne sauraient leur valoir la moindre sympathie et sont plutôt  à condamner sans la moindre réserve.

Mériter par leurs crimes,  violences et voies de fait l’étiquette de « terroristes’’ qu’ils se voient accoler équivaut pour eux à prendre une option fatale pour une défaite politique sans appel autant devant l’opinion publique domestique qu’internationale. Et ne fera que justifier l’escalade vers une « guerre d’extermination  » comme celle menée contre les « nationalistes » entre 1955 et 1972 , le pouvoir de l’époque ayant accolé à ces derniers comme aujourd’hui, l’étiquette de  » terroristes et maquisards » inspiré de la Théorie de la Guerre Révolutionnaire élaborée par le Colonel Lacheroy et systématiquement mise en œuvre en Amérique Latine après avoir été expérimentée en Algérie et au Cameroun. Au bout du compte,  ils subiront une défaite militaire associée à une dévastation regrettable des régions de leur communauté, perspective insoutenable.

« La stratégie  Bibixi’’

Les  »ambazoniens  » doivent donc sortir de l’exaltation myope qui les anime. Leurs  leaders et inspirateurs devraient prendre l’initiative en annonçant l’arrêt de leurs actions contre les civils et proclamer leur retour à ce qu’on nommerait « la stratégie  Bibixi  » à savoir, des manifestations pacifiques. Ils seraient  alors en droit d’exiger du gouvernement de se retrouver sur la table du dialogue pour la négociation d’un  » nouveau package deal ». Le gouvernement ne pourra pas ignorer une telle ouverture, au risque de perdre toute sa crédibilité à pouvoir trouver une solution à cette crise. Face aux deux pôles de la revendication sécessionniste à savoir le pôle « non violent  » incarné par Bibixi et Me Agbor Nkongo qui a démontré par le passé sa préférence aux manifestations pacifiques comparativement au pôle « terroriste » conduit par Ayuk Tabe Sisuku qui s’illustre par les crimes de sang, le régime devrait choisir d’ engager le pole « non violent » dans un dialogue recherchant un compromis républicain . Le gouvernement ne semblant pas être particulièrement inspiré sur le sujet,  les leaders de ce pôle peuvent s’approprier l’initiative en appelant a un arrêt des crimes et voies de fait sur les civils,  posture que j’ai évoqué ci-dessus. Ce serait une manière d’ôter le monopole des initiatives à prendre dans cette crise à certains faucons que l’ont voit en tournée de manipulation sur le terrain. Le régime serait ainsi et transformerait l’essai par la convocation du dialogue.

A deux reprises, l’occasion a été ratée de le faire. La première fois,  ce fut il y quelque mois, à l’occasion de la libération de Me Agbor et consorts,  libération qui aurait dû être suivie par l’ouverture de ce dialogue. La seconde fois, plus récente,  qui aurait fait que les récentes entrées au gouvernement de personnalités « anglophones  » fussent une part du « package deal » auquel aurait abouti un tel dialogue qui aurait pu être convoqué quelques jours plutôt… Au lieu de continuer à gâcher les opportunités, voilà la voie de sortie de cette crise stupide ou certains semblent avoir mis en congé leur intelligence. Et comme dirait l’autre : Come on, People!!!

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