Contentieux électoral: le Conseil Constitutionnel rend son verdict

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Quatre recours jugés irrecevables, un retiré et une affaire renvoyée au 19 mars 2018 pour comparution d’un candidat Rdpc qualifié de fictif par le requérant Sdf. C’est ce qui ressort de l’audience de ce jour au palais des congrès de Yaoundé. Audience présidée par les 11 membres du Conseil Constitutionnel.

Six requêtes ont été déposées au Conseil Constitutionnel. La première affaire est celle de Sakir Lamine, dont le recours est lié à la contestation de la liste Rdpc de l’Extrême-Nord. Celle qui est Sénateur sortant Rdpc a formulé le motif lié au fait de n’avoir pas été investie à nouveau par le parti au pouvoir contrairement à tous les autres sénateurs sortants une fois de plus investis par les organes dirigeants. Ce recours a été jugé irrecevable par le Conseil Constitutionnel. La 2ème affaire concerne le recours de Mbamin Mbamin, militant Rdpc, contre le Rdpc et Elecam. Le motif est lié au rejet de la liste Rdpc de l’Est à cause, attaque le requérant, d’un sénateur sortant qui n’a apporté aucune contribution à la réalisation des investissements dans son aire culturelle d’appartenance. Ce recours a été jugé aussi  irrecevable. La 3ème affaire, la plus corsée, est celle opposant le sénateur sortant Sdf au Rdpc et à  Elecam. Le 2ème vice-président national du Sdf exige le rejet de la liste Rdpc de l’Ouest pour avoir fait figurer le nom d’un candidat Rdpc qualifié de fictif par le requérant, Joseph Teignidetio. Après les débats de fond entre le conseil de six avocats de la principale formation politique de l’opposition camerounaise et celui du parti au pouvoir, l’affaire a été renvoyée au 19mars 2018 pour comparution du candidat jugé « personnage mystérieux » par le Sdf.

Six requêtes ont été déposées au Conseil Constitutionnel. La première affaire est celle de Sakir Lamine, dont le recours est lié à la contestation de la liste Rdpc de l'Extrême-Nord.

La 4ème affaire oppose  le Président national de l’Ucdi, Valentin Engono, au Rdpc et à Elecam. Ce leader politique élabore trois motifs pour disqualifier et rejeter toutes les listes des neuf formations politiques qui sont en compétition pour les sénatoriales du 25 mars 2018. Au rang de ces motifs, figurent la discrimination, les actes frustratoires et les erreurs des lois anticonstitutionnelles. Ce recours a été rejeté. La 5ème affaire a trait à la requête d’Ahmadou Ahidjo, candidat recalé aux investitures dans le Rdpc. Ce ressortissant de la communauté Mbororo bat en brèche la liste Rdpc de l’Ouest parce qu’il argue avoir été injustement et illégitimement remplacé par un autre militant. Toute chose l’incitant à attaquer, de vive voix, les organes centraux du parti du flambeau ardent. Ce recours a été jugé aussi irrecevable, le Conseil constitutionnel s’étant déclaré incompétent pour décider et juger des affaires internes du parti.

La 6ème affaire se rapporte au recours de Pierre Flambeau Ngayap, Sénateur sortant de l’Undp, contre le Rdpc et Elecam. Le motif est lié au rejet de la liste Rdpc de l’Adamaoua pour avoir investi une candidate, Souadatou Djallo, épouse Kalbaba, dont la souche de l’acte de naissance est inexistante. Le secrétaire général de l’Undp soutient, en effet, que le Rdpc a déposé un pseudo acte de naissance de cette candidate. Mais cette affaire a été radiée, le requérant de l’Undp ayant retiré ce recours in extremis. Pourtant, Ngayap et deux avocats ont été aperçus de 11h à 13h45mn dans la salle d’audience du Palais des congrès de Yaoundé. De temps en temps, ces trois discutaient ensemble.

Joint au téléphone pour avoir les raisons du retrait du recours de cette formation politique alliée au parti au pouvoir, un membre du bureau politique de l’Undp précise qu’il s’agit d’une stratégie procédurale consistant à rédiger et à déposer un recours au contentieux post-électoral. L’enjeu, informe notre source, consiste à contre-attaquer le parti au pouvoir, dont la consigne de vote peut être, c’est une conjecture, favorable au Sdf. Il s’agit donc de mettre le Rdpc dos au mur en dernier ressort au cas où le remake des sénatoriales de  avril 2013 se produit à nouveau. Sur ces entrefaites, ce sera alors cette candidate, objet du contentieux, qui sera disqualifiée au cas où le recours au contentieux post électoral reçoit un écho favorable auprès du conseil constitutionnel. Ainsi, les sénatoriales seront-elles reprises pour remplacer cette candidate déchue.

Serge Aimé BIKOI

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