Engagement : Comment intéresser les jeunes à la politique

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Hobskur veut « politiser » les jeunes. Ce rappeur très engagé a donné une conférence de presse jeudi 1er mars dernier au siège de l’Ong Un Monde Avenir à Akwa, au cours de cette sortie médiatique, il a restitué les travaux menés par ses soins sur le désintérêt des jeunes vis-à-vis de la politique.

Hobskur acteur politique ? Le fait pourrait paraître hilarant, tellement c’est extraordinaire pour qui ne connait pas le combat social et politique de ce rappeur engagé. En effet, jeudi 1er mars 2018, l’homme a donné une conférence de presse au siège de l’Ong Un Monde Avenir. En sus des hommes de média, on a vu des leaders d’opinion ainsi que ses collègues musiciens et producteurs. L’objet de la réflexion ici portait sur la présentation du projet dénommé Profiling, qui est une étude menée avec son Association Initiative Perspektivwechsel, en français Initiative de changement des perspectives. Ce projet dont l’étude est essentiellement basée sur le désintérêt des jeunes sur la question politique, a connu le soutien et la supervision de Un Monde Avenir.

Le rappeur Hobskur a restitué les travaux menés par ses soins sur le désintérêt des jeunes vis-à-vis de la politique. L’objet de la réflexion ici portait

«Les origines de ce projet s’expliquent en ce sens qu’en travaillant avec Un Monde Avenir,  nous avons fait pas mal de campagnes à travers quelques villes du Cameroun. La question qui revenait toujours était, vous faites la campagne de sensibilisation pour les inscriptions sur les listes électorales et le moment venu nous allons voter qui ? En somme, la question du choix est un réel problème dans les milieux jeunes. Alors, je me suis dit que ce qu’il fallait, c’est de donner la possibilité à la population de se rapprocher d’un programme politique et d’un candidat. D’où Profiling » fait-il savoir au public présent dans son propos introductif. En effet, profiling est un projet qui consiste à identifier le projet de société qui sied le mieux à une circonscription électorale. C’est ainsi qu’avec les membres des Associations citoyennes, et le soutien de Un Monde Avenir, ces équipes ont sillonné les artères de l’arrondissement de la circonscription de Douala 3ème.

Ainsi, pour identifier le candidat qui réponde aux aspirations des populations de Douala III à travers le projet de société qu’il propose, il fallait faire un sondage, lequel a permis de réaliser un travail objectif.  L’objectivité ici s’est traduite par un travail efficient sur le terrain à travers la rencontre et le travail avec les acteurs politiques et ceux de la société civile. Le premier constat, rappelle-t-il, est que «les projets que proposent les partis politiques ne répondent pas toujours aux besoins spécifiques des populations. Leurs projets sont pour la plupart, globaux.» L’étude révèle que La plupart du temps, les projets de société que proposent les candidats aux élections municipales sont toujours biaisés dans la mesure où ça ne répond pas aux attentes ainsi qu’aux aspirations des populations. Lorsqu’on regarde une circonscription électorale comme Douala 3ème qui représente 104 quartiers, il est impossible d’avoir un projet de société global qui puisse répondre aux besoins des populations. « Ce que nous souhaitons avec ce projet, c’est de pouvoir justement identifier les points de repère où il est possible d’investir sur un projet qui réponde aux aspirations de plusieurs quartiers à la fois. Car ce n’est que de cette manière  qu’on peut répondre à ces besoins, quitte à ce que, à long terme, on réponde aux besoins particuliers de chaque quartier. » Déclare Hobskur.

Aussi, le projet invite les jeunes à participer à l’initiation et au contrôle des programmes politiques en utilisant les élections comme censeurs des actions et de l’implémentation de ces programmes. Pour  Philipe Nanga, superviseur général du projet Profiling : « C’est une première satisfaction que les travaux de ce projet arrivent à livraison. Maintenant nous allons attendre. Nous allons progressivement dans la résolution des problèmes de fond. Parce que nous travaillons à essayer de comprendre, ce qui justifie le désintérêt des publics sur les questions politiques en général et électorales en particulier. Et nous essayons de trouver, à chaque fois que nous avons une réponse, de la traduire en problème et de rechercher des solutions. Nous nous rendons compte qu’au fur et à mesure qu’il y a des améliorations. Nous voulons arriver au stade où les gens auront les réflexes de s’activer autour des questions politiques.»

Cheikh RADYKHAL EPANDA

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