Crise anglophone : Ni John Fru Ndi appelle à un dialogue sans complaisance

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Le chairman du Social democratic front, Ni John Fru Ndi exprime le vœu de rencontrer le Président de la République pour discuter de la dégradation du contexte dans les zones anglophones. 

Le leader national du Social demoratic front, Sdf, a adressé, le 25 février 2018, une correspondance au chef de l’État. Dans sa lettre, Ni John Fru Ndi indique que le dialogue reste la panacée pour régler la crise anglophone, laquelle ébranle les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest Cameroun. «Je me serais attendu, explique Fru Ndi à Paul Biya, à ce que vous ayez déjà lancé une invitation au dialogue tel qu’indiqué dans votre dernier courrier». Malheureusement, regrette le chairman, «je constate qu’une telle action n’a pas encore été entreprise. J’ai de la peine», poursuit-il, «à croire qu’avec l’État du Cameroun en péril, notre avenir incertain, et à plus forte raison, le feu brûlant à ma propre porte, vous ne voyez pas toujours la nécessité que nous ouvrions un sérieux dialogue pour œuvrer ensemble et assidûment à la résolution de cette crise

Le leader national du Social demoratic front, Sdf, a adressé, le 25 février 2018, une correspondance au chef de l'État. Dans sa lettre, Ni John Fru Ndi indique que le dialogue

Ni John Fru Ndi.

Après plus de trois décennies en politique, l’homme de Ntarikon estime qu’il maîtrise bien les enjeux de l’heure surtout que sa vision politique n’a jamais consisté, ajoute-t-il, à semer la confusion pour en tirer les dividendes politiques ou toute autre forme de consécration, bien qu’il doit déjà accusé d’une telle dérive, une fois, par un membre du gouvernement. Fru Ndi explique alors à Paul Biya qu’il ne pense pas arriver au pouvoir ou conquérir la célébrité en marchant sur des cadavres d’innocents camerounais. Sinon en 1992, se rappelle-t-il fort opportunément, il aurait choisi de faire basculer le pays dans la guerre civile après le hold-up de l’élection présidentielle.  «Si je n’ai pas opté pour cette démarche sur ces entrefaites, ce n’est pas aujourd’hui que je suis prêt à y souscrire», clame-t-il.

Au regard de la détérioration de la situation sociopolitique contemporaine dans les zones anglophones, le chef de l’opposition camerounaise s’appuie sur la ritournelle populaire, «prévenir vaut mieux que guérir» pour faire savoir au président de la République qu’il aurait pu résoudre ce contentieux au moment où les corporations syndicales avaient enclenché un mouvement de débrayage en octobre 2016. Mais en vain! A titre illustratif, «chaque jour, un innocent camerounais meurt, une femme perd son mari, les opérateurs économiques abandonnent leurs affaires, les agriculteurs ne peuvent ni planter, ni récolter le fruit de leur labeur, puisque leurs instruments de travail ont été saisis et les paysans sont, de surcroît, en fuite».

Vu que la dégradation du contexte actuel préfigure un avenir marqué du sceau de la faim, de la malnutrition,  de la sous-alimentation et du désespoir, Fru Ndi pense qu’il n’y a aucun moyen d’obtenir des résultats positifs dans de telles circonstances. Raison pour laquelle, conclut-il, il faut regarder les réalités de l’histoire politique camerounaise en face et corriger les graves erreurs qui se sont perpétuées. Histoire de déboucher sur des solutions durables. D’où l’urgence d’un dialogue franc sans complaisance!

Serge Aimé BIKOI

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