Dr. Meyolo Joël Narcisse «Le Gtec offre aux étudiants un financement pour des projets bancables»

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Depuis 2017, les Jeux universitaires (J.U) ont connu une plus-value avec le Génie et le talent de l’étudiant camerounais, Gtec. Une initiative du ministre de l’Enseignement supérieur qui vise à promouvoir le savoir-faire des étudiants Camerounais. Présent dans la ville de Douala pour la présélection des jurys, depuis le 15 février 2018, Dr. Meyolo Joël Narcisse -chargé d’Etudes, assistant au ministère de l’Enseignement supérieur, membre du secrétariat technique du projet Gtec- revient sur le bien fondé de ce projet et en explique les contours.

Depuis 2017, les Jeux universitaires (J.U) ont connu une plus-value avec le Génie et le talent de l’étudiant camerounais, Gtec. Une initiative du ministre

Dr. Meyolo

Vous êtes à Douala pour la présélection des jurys du Gitec. A quoi renvoie exactement cette initiative?

Le Gtec c’est le Génie et le talent de l’étudiant camerounais. C’est une initiative qui a été mise sur pied à l’occasion des jeux universitaires qui se sont tenus à Bamenda, en avril 2017 et s’articule autour des compétitions scientifiques des étudiants et d’une exposition de savoir-faire des universités publiques et privées. Nous sommes à Douala, une équipe constituée du Pr Logmo Mbelek, chef de la division de la recherche et de la coopération universitaire, de moi-même et de Messe Joseph Thierry, chargé d’études N°2 à la direction des affaires juridiques. Nous sommes là pour superviser le jury des présélections pour la seconde édition du Gpec qui aura lieu, à l’occasion des jeux universitaires 2018 à Maroua. C’est une idée ingénieuse du ministre de l’Enseignement supérieur qui estime que tout ce qui est fait aujourd’hui en termes de basculement du système LMD dans la professionnalisation de l’enseignement, dix ans après doit mériter une évaluation. Il n’y a pas meilleur outil d’évaluation que de laisser s’exprimer la conséquence de ce basculement qui est la professionnalisation véritable. Maintenant, les jeux universitaires représentent ce rendez-vous annuel que les jeunes athlètes ont avec le monde extérieur. C’est une occasion d’ajouter à cela des compétitions scientifiques. C’est une plus-value qui vient s’adosser aux jeux universitaires. C’est aussi pour intéresser, de façon triviale, ceux qui ne se retrouvent pas toujours dans les activités sportives.

Quand vous parlez de la deuxième édition, qu’est-ce que la première a produit ?

Celle de Bamenda qui était un coup d’essai, au regard du retour qu’on a eu, il est loisible de dire que se fût un coup de maître. A Bamenda on a pu détecter un ensemble de talents. Des étudiants de l’Enset de Bamenda qui ont fabriqué un drone équipé de caméra, monté à plus de 150mètres. Nous avons des étudiants de l’Iug qui se sont également essayés sur un drone. Nous avons des innovations comme la pirogue écologique, fabriquée par les étudiants de Yabassi à partir des matériaux recyclés, notamment les bouteilles plastiques. Pour le cas de l’université de Buea, il y avait des étudiants qui ont présenté un projet d’irrigation à partir de l’énergie solaire, du séchage de poisson à partir de l’énergie solaire. Bref il y avait une certaine émulation et c’est ce qu’on recherchait. Mais d’avantage Bamenda a permis de se faire une idée globale de ce qui fait dans les universités dans le sens de la professionnalisation des enseignements et de l’employabilité des étudiants ?

Que sont devenus les projets de ces étudiants ?

Il faut comprendre que l’idée du Gtec est de pouvoir accompagner les étudiants. Pour la première édition, vous comprenez bien que l’accompagnement des étudiants implique au moins qu’il y ait une collaboration interministérielle, pour se qui est des pouvoirs publics. Aussi, qu’il y ait une coopération avec le monde des entreprises. L’année dernière on s’est contenté de l’appui institutionnel. Il y a eu des prix, notamment le prix du Chef de l’Etat. Il y a quand même eu des appoints faits à tous les participants de la première édition. Maintenant pour la seconde édition, on envisage un accompagnement des étudiants. Entre la première et la seconde édition, il y a eu l’amélioration du dispositif juridique, c’est-à-dire que le ministre a procédé à la signature d’une décision, le 18 décembre 2017, qui institue et règlemente le fonctionnement du Gtec. Là-dedans, la possibilité est donnée à l’ouverture avec les entreprises, qui sont en réalité les véritables pourvoyeurs d’employeurs, et ceux qui sont susceptibles d’acheter et d’accompagner les projets des étudiants. C’est dans ce sens que des démarches très poussées ont eu lieu entre le ministère, le Gicam et Ecam pour envisager un accompagnement plus accru, en se basant sur la charte Université-Entreprises, signée le 20 décembre 2010. A partir de là, on essaie de créer une plateforme qui permettra tout au moins l’accompagnement des étudiants après les étudiants du Gtec.

Qu’est-ce qui rentre dans l’accompagnement ?

Dans l’accompagnement il faut bien se dire que la charte qui a été signée entre le ministère de l’Enseignement supérieur, les universités et les entreprises prévoient un ensemble d’outils. C’est-à-dire l’ouverture des portes des entreprises aux étudiants diplômés, la possibilité de financer la recherche, et c’est d’avantage à ce niveau qu’on va solliciter les entreprises parce que nous avons voulu cette année que les projets présentés par les étudiants soient des projets bancables, dont la faisabilité est réelle, la rentabilité évidente et l’originalité certaine. Donc à partir de là, les attentes du partenariat qu’on va établir iront dans le sens d’apporter des appoints financiers, d’introduire les innovations dans le processus de production de ces entreprises. Cela suppose tout au moins le recrutement des porteurs de projet d’innovations dans ces entreprises. C’est pour aboutir à la fin, soit à des emplois pour nos étudiants, soit à de l’auto-emploi pour ces derniers.

Est-ce que c’est un concours ? Dites-nous comment ça se passe exactement le Gtec pendant les jeux universitaires?

Le Gtec a deux composantes. Les universités et Ipes qui ont répondu à l’invitation du ministre auront chacun un stand où ils pourront présenter leur savoir-faire, vendre ce qu’ils font dans leurs institutions. La seconde composante c’est le concours. La compétition est organisée autour de six domaines : les sciences de la santé ; santé humaine, animale et végétale ; agriculture et agro-industrie ; sciences et technologies ; Arts numérique et artistique et les sciences sociales. Chaque université a un maximum de six projets à présenter, c’est-à-dire qu’elle pourrait apporter un projet par domaine. Ces projets sont mis en compétition en fonction des domaines. Les jurys sont constitués d’experts qui sont recrutés aussi bien dans le monde universitaire que dans le monde professionnel parce que l’enjeu c’est d’aboutir à l’employabilité de ces étudiants et montrer le savoir-faire professionnel dans nos universités. Ce que nous faisons en ce moment ce sont des présélections, car il faut s’assurer au moins que les projets qui vont être présentés lors du concours respectent un certain nombre de critères. Nous ferons le tour des universités et des Instituts privés d’enseignement supérieur du pays, selon un calendrier bien défini, jusqu’au 28 février 2018. C’est plusieurs équipes.

Combien de gagnants prévoyez-vous ?

Les trois premiers de chaque catégorie recevront les prix. Il y aura éventuellement un prix global parce que l’université peut être première dans plusieurs domaines et remporter le trophée. Maintenant il faut bien se dire qu’une autre vision du Gtec c’est d’encourager les porteurs de projets qui ont pu être présélectionnés parce que les présélections sont vraiment rudes. Et donc, tous les projets qui arrivent au Gtec sont des projets bancables, maintenant il faut bien faire un choix entre la crème de la crème. Cela dit, ça n’exclue pas que ceux qui ne seront pas des trois premiers n’intéressent pas les chefs d’entreprise ou le public, et donc peuvent avoir des récompenses au-delà de ce qui est prévu en réalité.

Propos recueillis par Valgadine TONGA

 

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