11 février : Les jeunes donnent du sourire à l’Espace Bolo Art

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À Douala, plusieurs manifestations culturelles de grande envergure ont rassemblé les jeunes de toutes les souches sociales. D’autres manifestations qui ne bénéficient pas toujours du soutien des autorités en charge de la culture mais qui surtout, plutôt que de s’intéresser au volet festif, mettent les jeunes au devant de la scène à travers formation, éducation et information. La cérémonie s’est voulue sobre et empreinte de convivialité. C’était en présence de plusieurs figures de l’univers culturel national et mondial, notamment les photographes Nicolas Eyidi et Jose Ramon Bas, l’écrivaine Thérèse Kuo Moukouri, la directrice de l’Ifc, ainsi que les parents et les hommes de média. Les jeunes de l’école publique du Camp Bertaud ont reçu des mains de la promotrice de l’espace culturel Bolo Art et culture Edith Mbella, et de leur encadreur Samuel Dalle, les parchemins consacrant leur fin de formation aux travaux de l’atelier de formation à la peinture organisé par Bolo Art et culture.

Les jeunes de l’école publique du Camp Bertaud ont reçu des mains de la promotrice de l’espace culturel Bolo Art et culture

Les récipiendaires.

Pour Edith Mbella, «l’objectif du Bolo Espace Art et culture est de donner la chance et l’expression à toutes les couches sociales. Nous sommes très contents d’être dans un quartier si populaire et de pouvoir commencer par les enfants scolarisés de ce quartier. Nous sommes fiers qu’ils aient participé à cette 1ère édition.» Lancés depuis le 22 janvier dernier, les ateliers baptisés Samuel et les enfants, ont connu trois séances de formation, dont la remise des parchemins aux participants consacrant la clôture s’est déroulée le 9 février, en pleine célébration de la fête de la jeunesse.

«La jeunesse c’est notre avenir»

Pour la promotrice de cet espace : «Nous sommes en pleine célébration de la semaine nationale de la jeunesse. Et c’est très important que les jeunes aient accès à des espaces comme celui de Doual’Art ou ici à Bolo Art. Et qu’ils puissent eux-mêmes découvrir, comme nous on a découvert qu’il y a certains d’entre eux qui peuvent vraiment dans un futur, pouvoir accéder à ce beau métier de peintre ou dessinateur. Et dans le cadre de la semaine des jeunes, nous avons lancé des ateliers avec les enfants de l’école primaire du camp-Bertaud. C’est la première fois que nous le faisons. Nous ferons la même expérience avec les enfants des autres quartiers qui auront aussi la chance d’être avec le prochain artiste qui exposera ses œuvres ici au mois de mai. La jeunesse c’est notre avenir, vous le savez tous. Nous leur avons donné libre champ d’exprimer de leur imaginaire, et en retour, ils ont été les maitres des œuvres qu’on voit, tout découle vraiment d’eux. »

L’atelier organisé par Bolo Art était aussi l’occasion pour le formateur de les initier dans l’imaginaire, de réveiller le génie qui sommeille en eux et de leur faire découvrir leurs talents. Leur formateur, le peintre Samuel Dalle s’est dit très fier du travail qui a été réalisé. Mais il a surtout dit avoir été très honoré de ce travail. «Les enfants nous ont tous agréablement surpris. Il y a eu beaucoup d’initiatives et d’envie de la part des enfants. C’est aussi la preuve qu’ils en ont besoin. Il va donc falloir continuer à faire cela. Les certificats qu’ils ont reçus aujourd’hui auront sûrement un impact certain dans leur subconscient. C’est aussi l’occasion de lancer un appel au ministère des Arts et de la culture pour un soutien certain. Il faut soutenir de pareilles initiatives qui associent la créativité et l’éducation. Ce que nous essayons de faire, c’est de susciter leur créativité qui demain, même s’ils embrassent des carrières politiques, le fait d’aiguiser la créativité les différenciera des autres et pourra les aider assurément. Certains ont laissé s’exprimer leur imaginaire, d’autre ont fait preuve de réalisme, d’autre encore sont allés dans le fauve. En bref, pour une première édition, c’était assez intéressant. »

Initiation aux nouvelles technologies

Sentiment également partagé dans l’ensemble notamment le directeur de l’école, les parents et les visiteurs notamment Thérèse Kuo Moukouri dont la présence se justifie par la remise de parchemins aux enfants : « J’ai été vraiment très touchée par le travail des enfants, qui est extrêmement sensible. Ils sont sensibles à leur environnement, leur village, leurs parents. C’est admirable et plein de poésie. Donc ça valait la peine que je me déplace. Je pense qu’il faut encourager absolument la directrice de ce centre et les écoles à apprendre aux enfants les arts et la culture car c’est quelque chose d’important. Il y a deux manières de les envisager : soit on est consommateur et collectionneur etc. ; soit on peint ou écrit et dessine soi-même. Autrement dit on écrit ou exprime ce que l’on ressent, notamment dans le domaine de l’imaginaire, qui est le lieu d’expressions des romans, des nouvelles, des poètes. Or la poésie et la peinture se joignent parce qu’il s’agit de l’imaginaire, il s’agit de couleurs, il s’agit de formes et tous les arts  se rejoignent parce que c’est l’esprit humain qui travaille. Je salue donc le projet d’Edith qui est admirable. D’abord parce qu’elle est pleine d’énergie, et d’autre part pour avoir pensé aux enfants, car les enfants c’est notre avenir. Très souvent nous pensons à nos propres œuvres, nous pensons à la promotion des aînés, mais c’est les enfants qu’il faut initier aux nouvelles technologies» peut-elle conclure.

Cheikh Radykhal EPANDA

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