Rencontre : Hobskur signe sur le Rap engagé

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Les événements d’une violence certaine et avérée qui se déroulent dans notre pays depuis quelque temps ne laissent pas ce rappeur indifférent. Parti de son nouveau pays d’adoption, l’Allemagne où il vit depuis quelques temps, ce jeune Camerounais a organisé dans son quartier populeux d’Oyack à Douala, un atelier où il a convié ses confrères rappeurs, mais aussi les hommes de loi et les journalistes pour s’entretenir sur la problématique du rap engagé.

L'atelier organisé le 10 février en pleine célébration de la jeunesse, avait pour thème central sur la notion de l’engagement du rap. L'artiste Hobskur

Hoskur en mode engagé.

Même si on a déploré l’absence de quelques intervenants et figures de proue de la société à cet atelier organisé le 10 février en pleine célébration de la jeunesse, le thème central portait sur la notion de l’engagement du rap, avec comme déclinaison «comment avec l’art engagé peut-on sortir de la violence policière et de la justice populaire ». Partant du prétexte qu’il y a une  rupture de confiance certaine dans la société camerounaise aujourd’hui entre la population et le système de la police, Les gens préfèrent l’usage  de la justice populaire. Quelque chose qui, selon Hobskur est un peu triste. Car, dit-il, les jeunes qui sont victimes de la justice populaire, sont d’abord des victimes du système. «j’ai souvent remarqué qu’ il était difficile pour nous jeunes issus des quartiers difficiles d’avoir une certaine prise de paroles sans être tout de suite rattrapés par ce système, qui utilise la police contre les populations.»

D’après Me Maitre Bikakoin, avocat au Barreau du Cameroun : «La police est le système de préservation de l’ordre, c’est-à-dire de la loi, donc il faut respecter la loi. Si la loi est respectée, à mon sens, il n’y aura pas de violence policière. Parce que c’est quand la police entre en action pour non-respect de la loi qu’elle a la possibilité de commettre des violences.» Et de poursuivre : «Dans notre pays, la liberté d’expression est garantie par la loi. Et chaque fois qu’un citoyen s’exprime, on ne peut s’en prendre à lui que s’il est démontré qu’il a violé la loi. Les dispositions légales qui répriment souvent  l’expression, peuvent être la diffamation, les déclarations mensongères et quelques autres infractions comme la politique du terrorisme qui est très à la mode. Mais chaque fois qu’une personne s’exprime sans que son propos ne soit une atteinte à la loi il n’y a pas de raison. Si c’est une question d’expression, c’est une chose, mais si c’est l’opinion. Chacun a le droit d’avoir son opinion. C’est ce qui caractérise nous, individus en général. Donc si un rappeur est persécuté pour son opinion, on ne voit pas pourquoi est-ce que ça ne serait pas une question de droit.»

Pour Wadjié Kokam, manager artistique qui prenait la parole comme troisième intervenant : «L’artiste est un intellectuel et un leader d’opinion qui doit participer à la bonne marche de la société. En tant que rappeur, il peut être un rappeur conscient, c’est-à-dire  une personne qui a non seulement des choses à proposer, mais aussi qui sait décrire son environnement. Il peut être un rappeur gotique, c’est-à-dire quelqu’un qui a la force de ses sujets contre un système barbare, et qui a aussi la possibilité de proposer des leaders et de les accompagner. Nous sommes dans une année charnière où les jeunes doivent prendre leurs responsabilités. Les Camerounais sont en majorité des  jeunes, donc on donne la possibilité aux jeunes d’avoir les clés pour pouvoir intervenir.»

Cheikh Radykhal EPANDA

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