Mason Ewing : «Je compte racheter les salles de cinéma»

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Cinéaste, producteur, réalisateur, styliste/modéliste, Mason Cyrille Elong Ewing travaille sur un «Coup  de foudre à Yaoundé». Un long métrage qu’il s’apprête à tourner sur le territoire camerounais. Une romance, mieux «une belle histoire qui se passe au Cameroun. J’avais aussi envie de casser les stéréotypes de la fille noire pauvre qui cherche l’homme riche blanc pour soi-disant aller vivre en France. Nous les Africains, nous aimons nos pays», défend le cinéaste. Il nous en parle dans cette interview.

Pourquoi Mason Cyrille Elong Ewing a t-il choisi le Cameroun pour le tournage de ce long métrage?  

La réponse est simple. Parce que le Cameroun c’est mon pays. Je suis fier d’être camerounais et ce sont les origines de ma mère Marie. Au Cameroun, j’ai une famille formidable et je l’aime. Même si je suis français dans les papiers, dans l’âme je serais toujours camerounais. Autre chose : mon arrière grand-mère Élise aimait ce pays qui était le sien. Marie et Élise étaient les deux femmes de ma vie. Pour parler du cinéma camerounais, je suis certain que dans ce magnifique pays, il y a plein de réalisateur talentueux, des passionnés du cinéma. Et c’est vrai qu’il manque quelque chose au Cameroun et à l’Afrique. Nous avons un très beau continent et nous ne savons pas l’exploiter. C’est un peu dommage. C’est pour ça que ‘‘Ewingwood’’, la filiale de Mason Ewing Corporation va venir s’implanter à Yaoundé, notre capitale politique. Je trouve qu’au Cameroun, nous sommes très en retard avec la culture. L’audiovisuel est limite oublié. Je souhaite ramener le cinéma au Cameroun et je compte racheter les salles de cinéma. Et puis, avec «Coup de foudre à Yaoundé », j’aimerai que les Blancs découvrent l’Afrique autrement. Nous avons des pays et un continent magnifique (la savane, les animaux, la culture, les mets des pays et les belles histoires, etc.)

Cinéaste, styliste/modéliste, Mason Ewing travaille sur un «Coup  de foudre à Yaoundé». Un long métrage qu’il s’apprête à tourner sur le territoire camerounais

Mason Ewing

On a connu «Coup de foudre à Notting Hill». On a aussi vu «Coup de foudre à Manhattan». Devrait-on s’attendre aux mêmes intrigues dans votre film ?  

Pour répondre à votre question, c’est parce que j’avais envie de faire pour une fois dans mon panel audiovisuel, un long-métrage d’amour. Une belle histoire qui se passe au Cameroun et j’avais aussi envie de casser les stéréotypes de la fille noire pauvre qui cherche l’homme riche blanc pour soi-disant aller vivre en France. Nous les Africains, nous aimons nos pays. Quand on part dans un autre pays, nous avons envie de rechercher de l’argent. Comme quand il y a des Français qui quittent la France pour aller dans des pays plus riches pour trouver de l’argent. Grâce à ce titre, je vais pouvoir faire découvrir le Cameroun et ses paysages. Et puis beaucoup de réalisateurs savent mettre en avant leurs pays. Je voulais en faire autant avec le mien. Je trouve que le Cameroun à tendance à être oublié. Quand on parle du Cameroun, c’est pour parler du foot et des joueurs tels que Roger Mila, Eto’o… En plus j’adore le titre «Coup de foudre à Yaoundé».

Et quelles sont les caractéristiques des acteurs qu’on recherche dans ce film?

Le samedi 20 janvier 2018 est un jour important pour moi. Cela fait presque 2 ans que je travaille sur le long métrage «Coup de foudre a Yaoundé ». Je me suis fait un pari à moi-même : de faire de ce long-métrage un chef d’œuvre. Et je voulais montrer aux Blancs la beauté de la femme africaine. Pour moi, partout dans le monde, il y a de belles femmes, peu importe sa couleur de peau. Pour l’instant, la jeunesse blanche a encore du mal avec la beauté noire. Nos critères étaient simples. Je souhaite que celle qui joue le rôle de Rose Young soit à la perfection : belle, grande, élancée, beaucoup de charme. Le prototype mannequin. Pourquoi ? Dans ma vie, en-dehors d’être producteur de cinéma et télé, je suis aussi styliste-designer. Le jeune blanc qui va tomber amoureux de la belle Rose n’en reviendra pas car elle sera époustouflante. Et puis Rose va jouer le rôle d’un futur modèle très célèbre. Elle est beaucoup comparée à Naomi Campbell. Il y a même l’agence de mannequin Élite qui va la solliciter. En plus, Rose portera mes robes, des créations Mason Ewing. Des robes qui vont être cousues par une couturière camerounaise. Je précise que ce sont des robes que j’ai dessinées. Dans «Coup de foudre à Yaoundé» comme à Hollywood, on a beaucoup privilégié la beauté, la finesse et la grandeur pour le casting. Dans ce film, je vais mélanger les deux activités : la mode et le cinéma. Pour les rôles secondaires, on a privilégié des acteurs sympathiques avec le physique agréable à regarder. Le film «Coup de foudre à Yaoundé» ne va pas rester qu’au Cameroun ou en Afrique. Je veux qu’il soit partout dans le monde. Aujourd’hui, les gens aiment regarder les belles choses. Dans « «Coup de foudre à Notting Hill », «Manhattan», «Bollywood» et j’en passe, les actrices sont très belles. Pourquoi pas dans «Coup de foudre à Yaoundé»? Avec ce long-métrage, on va représenter le Cameroun.

Quelle image Mason Ewing a du cinéma camerounais ?

Les images que j’ai du cinéma camerounais sont limpides. Je sais que mes confrères du cinéma font de leur mieux. Mais je pense qu’ils devraient aussi se battre pour que leurs films sortent ailleurs qu’au Cameroun. C’est très important. Parfois, je trouve que certains professionnels camerounais ont tendance à oublier la passion. Souvent, ils recherchent la notoriété et l’argent. L’argent c’est très important, surtout au Cameroun, je suis le premier à le comprendre mais il n’y a pas que ça. Autre chose : les réalisateurs africains ont tendance à faire toujours les mêmes histoires. Parfois, ils ne savent même pas vendre leurs propres couleurs de peau. Alors que les réalisateurs étrangers, Français, Américains, Canadiens, Chinois, mettent en avant leurs propres racines. Mais je pense que les Camerounais ont envie que les choses changent. Avec EwingWood, ce sera notre combat. Emmener un cinéma neuf qui ne tourne pas autour de l’esclavage, la prostitution et j’en passe… Ma vision est simple : on n’est pas différent des autres pays. Nous les Camerounais, on peut faire de beaux films. Il faut qu’on arrête de se rabaisser et ne pas laisser certains hommes d’affaires véreux qui viennent exploiter notre culture. Comme je disais, à nous maintenant de faire attention pour que nos réalisations soient belles, qu’on filme de très belles images. Que le son soit propre, le montage à la perfection. Il faudra aussi former la jeunesse camerounaise qui souhaiterait devenir actrice. Il y en a beaucoup qui ont du talent, on ne les met pas assez en avant. Dépasser le Nollywoodien. Grâce à ça, notre cinéma dépassera les frontières de l’Afrique. C’est triste que les grands réalisateurs camerounais ne soient pas assez connus dans le monde.

Quelle contribution la maison Mason Ewing production voudrait apporter au cinéma camerounais en particulier et la culture à général ?

Ce que EwingWood, la filiale de Mason Ewing Corporation souhaiterait apporter au cinéma camerounais, c’est la nouveauté, une formation pour les acteurs. Aussi une  formation pour les scénaristes. Quand je regarde le cinéma camerounais, on a l’impression que c’est toujours la même histoire. On doit arrêter de montrer la misère dans nos films. Certes il y en a au Cameroun, mais il y en a aussi partout dans le monde. Un pays parfait ça n’existe pas. Et puis j’ai d’autres idées qui sont en préparation pour mon pays comme le journalisme. Prochainement, une filiale de Ewingwood qui va s’appeler CamerWood, a pour objectif d’organiser un concours afin d’élire une reine de beauté. Chaque année, cette belle camerounaise va pouvoir se lancer… pour sa carrière. Ce sont des surprises. Autre chose, je compte travailler avec un grand festival camerounais. Chaque année on offrira un prix Mason Ewing Corporation, un bébé Madison en cristal. Et les années suivantes, je compte amener des professeurs de tous les pays du monde pour travailler avec la jeunesse au Cameroun. Le Cameroun ira très loin et j’espère que les sponsors et partenaires du Cameroun pourront venir nous soutenir financièrement. Des entreprises qui mettraient de l’argent.

Eliane Sara NEMATCHOUA

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