Violences faites aux femmes… Sally Nyolo et Pamela Badjogo se livrent

0

Les deux artistes ont servi un spectacle riche en émotion à Douala, vendredi 26 janvier 2018. Le concert de Sally Nyolo et Pamela s’inscrit dans une série d’activités de lutte contre les injustices que subissent les femmes.

Deux artistes. Deux voix. Deux combattantes. Deux dames tout simplement. C’est bien ce que Sally Nyolo et Pamela Badjogo sont. Deux femmes qui ont choisi de mettre la musique au service de causes nobles: la lutte contre le mariage forcé, le mariage précoce, l’autonomisation des femmes et de la jeune fille rurale. Le combat leur est cher. Ça s’est vu sur la scène de l’Institut français de Douala, vendredi 26 janvier 2018.

Deux artistes. Deux voix. Deux combattantes. Deux dames tout simplement. C’est bien ce que Sally Nyolo et Pamela Badjogo sont. Deux femmes qui ont choisi

Sally et Pamela donnent de la voix pour les femmes.

C’est Pamela Badjogo qui lance les hostilités. Une voix grave, écorchée par endroit, puissante qui envoie une ode à la femme, à la jeune fille. Elle s’adresse à celles-là qui élèvent leurs enfants, remplissent les obligations professionnelles, endossent les coups de la vie sans jamais montrer leurs larmes au voyeur. Celle qui porte la voix de la sorcière Karaba dans «Kirikou» chante contre les violences faites aux femmes. «J’ai choisi ce combat parce que je suis une femme qui a une grande gueule. J’ai quinze frères et sœurs. Je suis la plus âgée mais j’ai toujours été l’esclave de mes frères. C’était toujours ‘‘va faire ceci, ton frère ne peut pas…’’’ La famille ne pouvait pas se rendre compte que ça me blessait au fond de moi. Quand je suis devenue une femme, je me suis rendue compte que quand tu vas postuler, on te regarde de la tête aux pieds, on regarde les formes, sans se rendre compte que ça peut blesser. Aussi, je vis dans un pays, le Mali, où il y a vraiment des violences faites aux femmes

Le sujet est triste, mais le sourire, l’humour et la générosité de cette boule d’énergie d’origine gabonaise donne de l’entrain. Le public qui a fait le plein est conquis. «Merci au public de Douala de m’avoir accueillie comme si j’étais des leur. Je ne me suis même pas sentie dépaysée. Franchement c’était génial. Mes amis musiciens qui sont ici m’avaient dit que ‘‘si tu vas à Douala, c’est chez toi parce que les gens sont chaleureux’’», se réjouie Pamela. En tout cas, son show est une excellente entrée en matière pour Sally Nyolo. Elle tressaille d’émotion. On dirait que c’est sa première scène. Notre Sally est juste heureuse. «C’était un challenge pour moi d’amener une jeune chanteuse comme Pamela Badjogo. C’est un rêve que j’ai fait il y a très longtemps», avoue l’artiste. Le public est encore plus ému. Avec Sally, chaque chanson est une histoire. On se retrouve le soir tombé autour du feu, à écouter les contes-chantés de Sally. Tous en chœur, on chante « Shana« , « Tam-Tam », « Nguali Beng », « Tradition », « Le Faiseur de pluie », « Semengue »… Des chansons engagées qui appellent notamment à l’autonomisation de la jeune fille en milieu rural.

Deux artistes. Deux voix. Deux combattantes. Deux dames tout simplement. C’est bien ce que Sally Nyolo et Pamela Badjogo sont. Deux femmes qui ont choisi

Sally Nyolo .

Mariage forcé

Sur les planches, son orchestre éjecte du bon ‘‘bikutsi’’ à l’ancienne. Sur les notes, se pose une chorégraphie élégante. Le sourire est du décor. Des «on t’aime… Tu nous manqueras…» fusent de la salle. Avec l’humilité qu’on reconnaît aux grandes personnes, Sally accompagne sa cadette Pamela sur son titre ‘‘Bô’’ -qui veut dire câlin-. Un duo de femmes, d’artistes, de voix, mais surtout de bonheur. Le standing ovation du public accompagne l’équipe jusqu’aux loges. Mais ce n’est pas fini.  «C’était le début. L’idée c’était de voir si ça marche et de voir la suite. Ça marche. On va pouvoir lancer une tournée en Afrique et en Europe, même un album. C’est un projet qui commence juste», renseigne Pamela Badjogo. Comment s’est faite la rencontre de ses deux dames ? «J’ai un collectif de femmes où on retrouve plein de stars comme Angeline Kidjo. Nous luttons contre les violences faites aux femmes. La grande sœur Sally mène le même combat, mais surtout, le mariage forcé. On s’est donc dit pourquoi ne pas s’unir pour faire quelque chose autour des violences en général. Je suis ravie d’avoir rencontré Sally. C’est une femme qui a un très grand cœur», confie Pamela Badjogo.

Valgadine TONGA

Share.

About Author

Leave A Reply