Jeu démocratique : Ces coalitions foireuses des partis politiques

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Depuis le début de l’année 2018, des leaders et acteurs politiques s’investissent dans la formation des coalitions pour la participation aux prochaines consultations électorales. La création, le 15 janvier 2018, de la plateforme pour une Nouvelle République, dont la figure de proue est Me Akere Muna, se situe dans cette perspective. Seulement, 27 ans après la construction de plusieurs formes d’alliances politiques, aucune coalition d’organisations politiques n’a pu conquérir le pouvoir jusqu’à ce jour.

27 ans après la construction de plusieurs formes d'alliances politiques, aucune coalition d'organisations politiques n'a pu conquérir le pouvoir

Me Akere Muna.

Toutes les coalitions de formations politiques de l’opposition camerounaise et de la société civile se sont toujours soldées par des calculs individualistes et des visées autocratiques débouchant sur la fissure et l’échec. En 1991, une coalition de 25 organisations politiques et d’associations de défense de droits de l’Homme avait été constituée. Au cours de cette période marquée par la démocratisation de la libéralisation de la vie politique, c’est l’Union démocratique du Cameroun (Udc), dont le Président national est Adamou Ndam Njoya, qui accueille, d’ailleurs,  l’assemblée de coordination à son siège à la fondation Njoya Arouna.

Union pour le changement

Cette alliance, déjà fortement réprimée par le régime en place, va voler en éclats à la veille de la présidentielle de 1992. Et pour cause: l’élection présidentielle à un tour suscite des ambitions organisationnelles, lesquelles font exploser la coordination. Du coup, les partis politiques font défection et de nouvelles alliances naissent. C’est le cas, en l’occurrence, de l’Union pour le changement, qui a pour leader le chairman Ni John Fru Ndi du Social democratic front front(Sdf). L’alliance formée par l’Union nationale pour la démocratie et le progrès(Undp), l’Union des populations du Cameroun(Upc) d’Henri Hogbe Nlend et l’opposition patriotique de Ndam Njoya. A l’approche de l’élection présidentielle de 92, la coalition de l’union pour le changement s’est flagellée tant le leader national de l’Udc va discréditer  l’idée du choix de Fru Ndi comme candidat devant être investi à cette échéance cruciale.

Autre coalition foireuse non des moindres, c’est celle de 2004 formée par la coalition des partis politiques  de l’opposition pour la réconciliation et la reconstruction (Cnrr). Ce regroupement exprime, à cette époque, le vœu d’affronter le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) à la présidentielle de 2004 avec pour leader le Président national de l’Udc. Ndam Njoya avait alors été désigné sur la base d’une dizaine de critères allant du patriotisme à un engagement sans faille pour le changement en passant par la santé physique et mentale et l’intégrité. Cette coalition va aussi imploser en raison de la défection de Fru Ndi suite au choix d’Adamou Ndam Njoya par le comité du Cnrr comme candidat à cette présidentielle.

Le G 7 s’effrite

Autre élection autre alliance problématique. Le groupe de 7(G7) naît au lendemain de l’élection présidentielle de 2011. L’on y retrouve l’Udc de Ndam Njoya, le Cpp de Kah Walla, la Dynamique de Albert Djongang, l’Afp de Bernard Muna, l’Offre Orange de Hilaire Kamga, le Paddec de Jean de Dieu Momo et l’Add de Garga Haman Adji. Une autre entité en proie aux divisions internes, qui aboutit à la création dune plateforme appelée Pacte républicain constituée des partis politiques tels de l’Udc, l’Ufp, l’Afp et le Paddec. Mais sept ans après, le Pacte républicain évolue à l’aune d’un jeu solitaire animé par le maire de Foumban tant il y a eu, entre-temps, trois défections. En l’occurrence celle de l’Afp, qui le 15 janvier 2018, apporte sa caution à la plateforme pour une Nouvelle République de Me Akere Muna.

L’union pour la fraternité et la prospérité (Ufp), dont Olivier Bile est le leader, est candidat à la prochaine présidentielle sans que les membres signataires du pacte ne soient au courant de cette option. Le Paddec de Momo joue, en permanence, aux abonnés absents aux assises régulières du Pacte républicain. A cause de cet état de choses, Ndam Njoya opte, depuis ces derniers mois, pour le pacte républicain citoyen.

Serge Aimé BIKOI

 

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