Carte rose Cemac…«On a enregistré environ 320 sinistres en 2017»

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La 21ème session ordinaire du Conseil des bureaux de la Carte rose Cemac (Communauté économique et monétaire des pays de l’Afrique centrale) se tient à Douala, du 15 au 19 janvier 2018 à Douala. Il s’agira au cours de ce rendez-vous ordinaire d’examiner le budget et tenir la Commission d’arbitrage. Bien qu’elle ait été créée il y a 22 ans par les dirigeants des Etats de la Cemac, la Carte rose reste un inconnu pour les populations de la zone. Dans cet entretien, le président du Conseil des bureaux de la Carte rose Cemac, Claver Olandzobo, déroule les réalisations de la Carte rose, ses défis…

président du Conseil des bureaux de la Carte rose Cemac, Claver Olandzobo, déroule les réalisations de la Carte rose, ses défis

Claver Olandzobo.

C’est quoi la Carte rose Cemac ?

La Carte rose Cemac est une assurance qui couvre les accidents intervenants entre un automobiliste d’un Etat membre et une victime d’un autre Etat membre. Comme les deux partis n’appartiennent pas au même pays, il est nécessaire que les réclamations soient adressées au près d’une institution présente dans un pays pour éviter que les victimes se retrouvent sans recours, alors que le responsable de l’accident est rentré chez lui. C’est la raison pour laquelle la carte rose a été créée dans tous les pays de la Cemac. C’est une interface pour permettre aux victimes d’adresser leurs réclamations. A la Carte rose du pays de transmettre les mêmes réclamations auprès de l’assureur civilement responsable. Au titre des exercices 2014 à 2016, les bureaux nationaux de la Carte rose Cemac ont facilité les paiements par les compagnies locales pour un montant de 682.526.851 Fcfa.

Combien de sinistres a enregistré le conseil en 2017 ?

On a enregistré environ de 320 sinistres en 2017. Avec la libre circulation qui est rendue effective à 100% dans la zone Cemac, avec l’engouement sur les corridors routiers, on aura beaucoup plus d’accidents transfrontaliers entre les automobilistes des différents Etats. Cette année nous allons poursuivre l’indemnisation des accidents qui ont déjà eu lieu. Les différentes campagnes de vulgarisation seront une partie importante de notre activité courant 2018. La Carte rose n’est pas encore connue des populations de notre zone.

Quels sont les freins à la vulgarisation de la Carte rose Cemac ?

Les freins en elles-mêmes n’existent pas c’est juste que, vous savez que les campagnes internationales de vulgarisation coûtent un peu cher. Un séminaire international qui regroupe les différents acteurs de la police, de la gendarmerie, de la justice des différents pays nécessitent les ressources consistantes. C’est pour cela que ce type de séminaire se tient généralement une fois l’an. Nous avons choisi d’organiser cette session au Cameroun parce que le pays partage une frontière avec cinq pays de la sous-région Cemac.

Décrivez-nous le modus operandi pour l’indemnisation d’un sinistré ?

Lorsque les sinistres sont constatés, la Commission d’arbitrage prend des décisions pour faire appliquer le paiement des sinistres. Mais ces décisions ne sont pas toujours suivies d’effet aussi facilement par certains assureurs. Après que la sentence arbitrale soit rendue, c’est dans les 45 jours que l’assureur responsable doit faire le chèque de paiement. Il y en a qui paient vite les sentences, mais il y en a d’autres qui font du dilatoire. C’est la raison pour laquelle nous sommes obligés de marteler et de forcer un peu les choses pour que le paiement des sinistres devienne effectivement une réalité, et que les victimes ne se plaignent pas, sinon ça va remettre en cause la raison d’être de notre institution.

Y a-t-il des mesures coercitives pour inciter les assureurs à payer les sentences ?

Il y a des pénalités par mois de retard. C’est de 10.000Fcfa. Au-delà de ces pénalités, nous sommes autorisés à faire recours à la Cima, qui est quand-même le patron des assurances, lorsqu’un assureur ne s’exécute pas dans les délais.

Réalisé par Valgadine TONGA

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