Arrestation de Ayuk Tabe et Cie : Le silence du gouvernement

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Depuis 72 heures que Sisiku Julius Ayuk Tabe et huit fonctionnaires membres du gouvernement de la république fantôme  sont dans les serres des forces de sécurité nigérianes, les autorités gouvernementales continuent de garder mutisme. Pourtant, d’après les informations relayées sur les réseaux sociaux, ainsi que dans l’espace public, au moins neuf activistes ont été arrêtés par des agents des services de renseignement du Nigéria.

Depuis 72 heures que Sisiku Julius Ayuk Tabe et huit fonctionnaires membres du gouvernement de la république fantôme sont dans les serres des forces

Ayuk Julius Tabe

Personne ne peut dire, à l’heure actuelle, où se trouvent Sisiku Julius Ayuk Tabe et huit membres de son gouvernement arrêtés tous le 5 janvier 2018 à Abuja, capitale du Nigéria, au cours d’une réunion présidée par ce leader de la république d’Ambazonia. Même les autorités officielles gardent encore silence relativement à cette actualité brûlante liée à l’interpellation de ces figures anglophones. Que ce soit, Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la Présidence de la République chargé de la Défense ou encore Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication, personne ne s’est encore prononcé officiellement là-dessus.

Issa Tchiroma s’exprime…

Mais, selon un communiqué diffusé sur la toile et imputé au département en charge de la communication de l’Ambazonie, Ayuk Tabe et ses plus proches collaborateurs, tels que Pr Awasun, Dr Fidelis Ndeh Djeh, Dr Fontem, Dr Cornelius Kwangas, Dr Tassang Wilfried, Barristars Nallovah Bih et Eyambe ont été happés dans la nuit du 5 janvier 2018 alors qu’ils étaient en réunion dans un hôtel à Abuja. Ce meeting était, en effet, programmé le 6 janvier 2018 à 17h. D’après le département de la communication, il devait s’agir d’une séance de travail entre le Président de l’Ambazonie et ses plus proches collaborateurs au rang desquels figurent des enseignants d’université et des avocats.

Contacté par des confrères de Rfi (Radio France internationale) ce lundi, 8 janvier 2018 pour avoir la confirmation sur les circonstances de l’arrestation de ces activistes, Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication, se veut prudent et affirme: « Le ministre de la Communication, qui est porte-parole du gouvernement, ne relaie pas la rumeur; il relaie l’information. Alors quand j’aurai des éléments de langage appropriés dignes d’être portés à la connaissance du grand public, je vous appellerais pour qu’il en soit ainsi. Soyez donc patients et attendez!« . « Je ne relaie pas la rumeur, réitère-t-il, ou les émotions quelle que soit leur nature. J’attends moi-même, conclut-il, avoir le factuel, c’est-à-dire les éléments qui attestent ou qui infirment« .

Même la division de la communication  du ministère de la Défense, généralement plus prompte à réagir aux contre-informations publiées sur les réseaux sociaux au sujet des manifestations violentes meurtrières dans les zones anglophones et dans la partie septentrionale est fort muette quant à l’arrestation d’Ayuk Tabe et Cie. En revanche, il est connu de tous que la haute autorité de l’Etat camerounais avait émis un mandat d’arrêt international contre le président de l’Ambazonie et douze de ses membres du gouvernement fantôme en novembre 2017. C’est, à coup sûr, la traque de ces derniers qui vient d’être diligentée du côté de la capitale nigériane surtout qu’il existe un accord de Muhammadu Buhari, Président de la République du Nigéria, qui avait envoyé un Emissaire à Yaoundé. Question de rassurer le Chef de l’Etat, il y a quelques mois, qu’il ne reconnaissait pas l’Ambazonie, tout comme le Royaume Uni d’ailleurs.

Serge Aimé BIKOI

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