Patrice Nganang libéré et expulsé du territoire camerounais

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Le Procureur général a ordonné l’arrêt des poursuites judiciaires contre l’écrivain. Alors que son audience était programmée pour le 19 janvier 2018, Nganang a dû se présenter au Tribunal de première instance de Yaoundé Centre administratif ce mercredi, 27 décembre 2017 dès 8h. Le film de l’expulsion de Nganang de la prison centrale de Yaoundé.

C’est une journée entremêlée de déplacements intempestifs à laquelle les Hommes de médias et les activistes et membres du collectif pour la libération de Patrice Nganang ont eu droit de 8h à 15h, heure à laquelle l’écrivain a été embarqué dans un vol Ethiopian Airlines 925 Et. C’est ce matin que Nganang s’est présenté à la barre après avoir été convoqué pour une audience au Tpi de Yaoundé. Vêtu d’un boubou marron, la mine sereine et le pas alerte, l’écrivain s’est posté à la barre à la suite de l’appel du Juge d’instruction devant statuer sur l’affaire l’opposant au ministère public-Etat du Cameroun. Affaire structurée par trois chefs d’accusation, en l’occurrence l’outrage aux corps constitués, l’apologie du crime et menaces simples.

Le Procureur général a ordonné l'arrêt des poursuites judiciaires contre l'écrivain. Alors que son audience était programmée pour le 19 janvier 2018, Nganang a dû se présenter au Tribunal de première instance de Yaoundé Centre administratif ce mercredi, 27 décembre 2017 dès 8h. Le film de l'expulsion de Nganang de la prison centrale de Yaoundé

Patrice Nganang tout souriant.

Après avoir rappelé le déroulé de cette affaire, laquelle remonte au 6 décembre 2017, l’avocat général près la Cour d’appel du centre, le Magistrat Christian Dangoua, a demandé l’arrêt des poursuites judiciaires contre Nganang à la grande satisfaction du public constitué de membres du collectif pour sa libération et de la foule de curieux présente dans la salle d’audience. 10 mn après avoir établi le rapport de la sentence requise par le Procureur général, Nganang a été déclaré libre. Toute chose ayant entraîné l’allégresse des membres des activistes qui ont, sur le champ, crié à la victoire et lui ont accordé une accolade. Le prévenu finalement libéré est resté souriant, enthousiaste et a été porté en triomphe par plus d’un.

Direction prison centrale à Kodengui

Arrivé à la prison centrale de Yaoundé pour des formalités administratives inhérentes à sa relaxation, le régisseur de cette enseigne carcérale a instruit Me Emmanuel Simh, l’avocat de Nganang, et Bergeline Domou, éminente membre du collectif pour la libération de ce dernier, d’aller chez le Sous-directeur des enquêtes criminelles récupérer les effets personnels de l’activiste des droits humains. Entre 11h et 13h, des tractations et des mouvements de va-et-vient ont matérialisé le processus de libération du quarantenaire. C’est vers 13h et 45 mn qu’après avoir rassemblé les effets de Nganang, Me Simh, Domou, Patrice Sonha, militant de l’UPC (Union des populations du Cameroun) et Thierry Njifen, Juriste et activiste, ont accouru vers les Hommes de médias. Question de les informer de la sortie imminente du prisonnier de deux semaines. Sur ces entrefaites, le régisseur ordonne l’expulsion de l’auteur de « Temps de chien » de la prison centrale de Yaoundé non sans créer un coup de théâtre en bloquant la carte de séjour du beau-père de Nganang, pièce retrouvée dans ses effets personnels. Informés de l’expulsion imminente de celui qui a tiré à boulets rouges sur le couple présidentiel sur les réseaux sociaux, il y a quelques mois, trois cars du Gso (Groupement spécial d’opération) et de la police judiciaire font leur apparition illico presto et se garent devant la façade de la prison centrale sous le regard des dizaines de curieux et des journalistes fort attentifs et éveillés.

L’expulsion de l’activiste

Des éléments de la police et du Gso, dont certains sont cagoulés et armés de fusils tiennent les journalistes munis de leurs cameras et de leurs téléphones portables en mains à distance, l’enjeu étant de ne pas photographier la sortie de l’iconoclaste écrivain. A 13h et 45 mn, Nganang est saisi et expulsé manu militari, puis conduit dans un véhicule de la police, où se trouvent quatre éléments qui l’encadrent. Tout d’un coup, un cortège de près d’une dizaine de véhicules des forces de l’ordre s’est formé et a jonché l’itinéraire partant de Kodengui dans l’arrondissement de Yaoundé IVème pour aboutir à l’aéroport international de Nsimalen. Une foule de personnes et d’amis, ayant eu vent de l’expulsion de l’activiste quelques heures avant, s’est massée à l’entrée de l’aéroport attendant la venue du concitoyen. 14h lorsque le cortège transportant Nganang est annoncé, des grappes d’individus se positionnent. Mais il y règne un calme plat, le déploiement sécuritaire étant de taille. Conséquence: il est impossible de voir Nganang ou même d’avoir accès à la salle d’embarcation, où l’enregistrement s’est fait avec une célérité. C’est vers 15h que la compagnie Ethiopian Airlines Et 925  s’est envolée avec Nganang pour New York, mais fera une escale à Addis-Abeba.

Au total, avant son expulsion du Cameroun, le passeport de P. Nganang a été retiré alors que son procès était prévu en mi-janvier 2018 (le 19 précisément). C’est vers 23h dans la nuit de mardi, 26 décembre 2017 que l’auteur de « Temps de chien » s’est vu notifier l’audience de ce mercredi matin, laquelle a débouché, c’est un rappel, sur l’arrêt des poursuites pénales. Arrêté le 6 décembre 2017 à l’aéroport de Douala, alors qu’il tentait de rejoindre Harare, où se trouve sa famille, l’activiste était poursuivi pour outrage aux corps constitués, apologie du crime et menaces simples. A la première audience, le prévenu avait plaidé non-coupable.

Serge Aimé BIKOI

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