Fotsing Nzodjou :«La mondialisation devient l’occidentalisation lorsqu’il s’agit de l’Afrique»

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«Aussi longtemps qu’une certaine classe dirigeante, aidée de son intelligentsia occupée à polluer l’esprit africain, demeurera au pouvoir, nous continuerons à tolérer et à fermer les yeux conflits des politiques. Alors l’Afrique restera en marge du monde et continuera son long et profond sommeil», extrait de l’ouvrage Afriqu’Ombre de Fotsing Nzodjou. Ce Camerounais réclame son africanité et martèle son refus à la mondialisation. L’œuvre de 231 pages parue chez « Les Editions Afrique Vision » est une invite à l’éveil des Africains. Fotsing Nzodjou dénonce les manipulations qui plongent le continent dans le sempiternel sous développement. Jeune entrepreneur, celui que d’aucuns appellent ‘‘Sénateur Fotsing’’ a dédicacé son livre vendredi 15 décembre 2017 à Douala.    

«Aussi longtemps qu’une certaine classe dirigeante, aidée de son intelligentsia occupée à polluer l’esprit africain, demeurera au pouvoir, nous continuerons à tolérer et à fermer les yeux conflits des politiques. Alors l’Afrique restera en marge du monde et continuera son long et profond sommeil», extrait de l’ouvrage Afriqu’Ombre de Fotsing Nzodjou

Fotsing Nzodjou

Qu’est-ce qui incite Fotsing Nzodjou à écrire ce livre ?

J’écris ce livre sur la base d’un constat. Quand je regarde l’Afrique aujourd’hui, je vois l’Afrique qui peine à se développer, à se relever, l’Afrique qui subit le joug de la manipulation, qui cherche éternellement les solutions. Mon livre parle de différentes facettes de manipulations : manipulation des concepts économiques, manipulation des concepts culturels, manipulation des concepts scientifiques, manipulation de l’histoire, de l’éducation, de l’information, manipulation dans sa globalité. J’ai voulu mettre en exergue toutes ces facettes de manipulation et présenter les rapports qu’entretient aujourd’hui l’Afrique avec d’autres pays du monde, et les rapports qu’entretiennent ces peuples avec nous, afin de pouvoir cerner quelle place occupe l’Afrique et pourquoi.

A quel public est destiné cet ouvrage ?

Ce livre est destiné premièrement à la jeunesse africaine, et deuxièmement à l’élite. Mais comme je sais que l’élite n’est pas ignorante, elle sait exactement pourquoi les choses sont ainsi, je préfère cibler la jeunesse africaine. Elle a la lourde tâche demain de construire ce continent qui subit encore aujourd’hui des siècles de manipulations, de destruction. Sa reconstruction demande beaucoup de vigilance, beaucoup de tact. Tact parce que la société est tellement manipulée que lorsque tu apportes des brindilles de solutions, le système a tout préparé pour qu’on te prenne pour un trouble-fête. C’est pour cette raison qu’il faut d’abord découvrir la manipulation, savoir pourquoi le peuple raisonne ainsi afin de trouver des stratégies, les proposer aux Africains pour sortir de ce traquenard.

«Aussi longtemps qu’une certaine classe dirigeante, aidée de son intelligentsia occupée à polluer l’esprit africain, demeurera au pouvoir, nous continuerons à tolérer et à fermer les yeux conflits des politiques. Alors l’Afrique restera en marge du monde et continuera son long et profond sommeil», extrait de l’ouvrage Afriqu’Ombre de Fotsing Nzodjou

Vous parlez sans cesse de manipulation. Qui manipule ?

L’Afrique est manipulée par l’oligarchie mondialiste. Dans cette oligarchie, nous avons les occidentaux et les Africains aussi. Manipulée par la finance internationale car nous avons des capitalistes Noirs et occidentaux. Manipulée par des firmes pharmaceutiques où nous avons des Noirs qui y travaillent pour produire des vaccins pour fabriquer des maladies de demain. Manipulée par la religion parce que nous avons parmi ces religieux aujourd’hui, des pasteurs Noirs qui continuent à rendre imbécile le peuple. Manipulée par des Hommes politiques parce que nous avons des dirigeants qui manipulent la population afin qu’elle reste éternellement endormie.

Votre discours est en déphasage avec cette ère où on parle de mondialisation…

La mondialisation n’est pas quelque chose de palpable, elle n’existe pas. Si la mondialisation existait, il fallait déjà la considérer comme le carrefour des particularités, donc l’Afrique y va sans rien. Il y a une théorie chinoise de l’économie, une théorie occidentale du droit, une théorie japonaise de l’économie…en fait chaque peuple a ses propres visions. Sauf que l’Africain va à la mondialisation les mains vides. Raison pour laquelle, la mondialisation devient l’occidentalisation lorsqu’il s’agit de l’Afrique. Donc pour parler de mondialisation, il faut apprendre à être hybride et pour être hybride, il faut avoir sa part avant de prendre un peu de l’autre.

‘‘Afriqu’Ombre’’ c’est l’Afrique où tout est ombre et sombre…

L’Afrique n’est que l’ombre d’elle-même parce qu’elle n’existe que sur la résonance du nom. L’Afrique est un nom inventé de toute pièce par un roi qui a dominé le Nord. L’Afrique a des pseudos Républiques, qui ne le sont que sur la résonance du nom, parce qu’il n’y a rien de République. Elle n’obéit non plus aux anciens royaumes d’Egypte. Donc c’est une Afrique aujourd’hui qui se cherche entre la modernité et le traditionnel.

Quelles solutions proposez-vous pour que cette Afrique sorte de l’ombre ?

Je propose des pistes de solutions. Il faut faire la science. Il faut avoir ses propres modèles, ses propres théories, ses propres concepts. Il faut contextualiser, comprendre la subjectivité des concepts, parce que beaucoup d’Africains se trompent, pensent que l’objectivité existe. Celui qui théorise sur les sciences sociales en Amérique, théorise pour l’Amérique. Sa réalité ne cadre pas avec celle de l’Afrique. L’Afrique doit théoriser et dans cette théorie, elle doit investir sur le premier capital qui est la matière grise. Elle doit former les Africains pour qu’ils comprennent les enjeux géostratégiques du monde, afin non seulement de ne plus utiliser tous ces outils comme des outils d’imbécilisation, mais de les utiliser pour mieux embrasser son vis-à-vis car dans le monde d’aujourd’hui, celui qui est en face de nous n’est qu’un ennemi.

Entretien avec Valgadine TONGA

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