Compétition : Mützig Star 2017 consacre Vanessa Monjoa

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A force de pagayer, la jeune Vanessa Monjoa, originaire du Sud-ouest est arrivée en tête de liste de Mützig Star, édition 2017.

Avoir été la benjamine des finalistes ne la point démontée. Depuis les 4000 en liste au début de Mützig Star le 21 juin 2017, Vanessa Monjoa Fottoh a ramé pour présenter à chaque fois le meilleur d’elle. Unique enfant à sa mère, cette originaire de Bakingili dans le Sud-ouest n’avait pas droit à l’erreur. Il lui fallait prouver à sa maman, l’importance de la musique dans sa vie. «Dès que j’apprends que je suis sélectionnée pour participer aux qualifications de Mützig Star, je prie pour que Dieu touche le cœur de ma mère, dit-elle. Il a exaucé mon vœu car la musique c’est ma vie, et tout ce je fais, c’est en chantant

C’est sur un rap bien enlevé, ce jeudi 14 décembre 2017, que la demoiselle de 23 ans s’est attirée les votes du public. Les spectateurs de Douala Bercy avaient déjà plébiscité Vanessa par des acclamations, après sa prestation. Alors que les six finalistes sont jugés sur un seul passage où ils proposent leur composition personnelle, Vanessa pause sur du Rap. Le jury –constitué du parrain de l’évènement Manu Dibango, Victorien Essono, Salatiel et Laura Dave- confirme qu’une «dynamite» est passée sur scène. A l’annonce des résultats, elle exulte. Vanessa court étreindre sa mère dans la foule. Dans un esprit de fair-play, ses camarades, Grace Abouem (arrivée 2ème), Sandrine Mengue (3ème), Philippe Nomo (4ème), Archimède Manock (5ème) et Léonie Sikati (6ème) la congratulent.

A force de pagayer, la jeune Vanessa Monjoa, originaire du Sud-ouest est arrivée en tête de liste de Mützig Star, édition 2017.

 

Le piège de la composition

Faire juger les candidats sur une composition personnelle est tout de même un handicap pour les candidats eux-mêmes et pour le public, s’il doit voter objectivement. «C’est un choix qui peut être contestable, mais qui dans l’absolu a été favorable à certains et défavorables à d’autres, parce qu’il y en a quand même qui ont présenté des compositions relativement assez bien structurées, explique Victorien Essono. Pour ce musicien-arrangeur-réalisateur-producteur, il y en a malheureusement qui ont beaucoup de talents, mais qui ont été desservis par la qualité de leur composition. C’est vrai aussi que généralement sur ce type de compétition, on juge les candidats sur leur capacité à s’exprimer à travers des œuvres connues, à se les approprier, à apporter un plus. D’ailleurs c’est souvent des répertoires imposés par la production, parce qu’au moins on est sûr au niveau de la construction esthétique de ces œuvres. Aujourd’hui, les spectateurs et les téléspectateurs étaient un peu perdus. Le temps d’essayer de rentrer dans une œuvre, alors que s’ils étaient sûrs des interprétations, tout le monde se serait retrouvé. Maintenant il y a un élément subjectif qui est rentré en jeu, c’est les votes en ligne, qui ne sont pas basés sur les appréciations du jury. Quelqu’un mobilise ses amis et frères pour qu’ils votent en sa faveur. Même s’il chante faux, ils vont voter pour lui. Quelle que soit la note que le jury va donner, le candidat va gagner puisqu’ils sont plus nombreux que nous

«Travailler son image»

A la lauréate et aux autres finalistes de cette 27ème édition de Mützig Star, Victorien Essono conseille «l’humilité. C’est la première chose. On a gagné c’est bien mais après il faut se remettre en question. Le challenge est autre. Et comme je l’ai dit, il faut que les jeunes sachent que Johnny Halliday dont on célèbre la carrière ne composait pas ses chansons. La musique est faite de telle sorte qu’il y a des gens qui savent écrire des textes, il y en a qui font les orchestrations. Vanessa doit s’entourer maintenant d’une équipe qui soit capable de lui écrire des chansons en fonction de sa cible et quand elle aura chanté, il lui faudra un bon arrangeur. C’est toute une organisation. Il faut aussi travailler son image. Il faut avoir une équipe qui travaille sur la tenue, le maquillage qui vous met en valeur.»  Manu Dibango recommande aux jeunes «beaucoup de travail. Vous ne serez jamais devant la musique. Vous serez toujours derrière la musique. C’est la musique qui doit gagner. En ce moment, ce pays a besoin que, dans tous les domaines, on mette en exergue la qualité de ce que l’homme ou la femme camerounaise peut faire de bien et de mieux. Pour les enfants qui viennent, il faut qu’on travaille dans la qualité. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai accepté de parrainer ce concours

Vanessa repart avec tous ces conseils mais surtout, une voiture assortie d’un chèque d’un million Fcfa. Son album sera entièrement produit et porté par la Société anonyme des Brasseries du Cameroun, Sabc. Qui accompagnera la jeune artiste dans le monde professionnel. La victoire de Vanessa Monjoa Fottoh lui donne également droit au soutien et à l’accompagnement du monument Manu Dibango. En sus de leurs différents chèques, les cinq autres finalistes se verront produire leurs singles ou maxi-singles par les Sabc.

Valgadine TONGA

 

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