Scandale/ Enam : Un mort admis définitivement au concours

0

Il s’agit du nommé Ndjomo Milsaint, qui n’a pourtant pas composé les épreuves orales. Depuis la publication, le 11 décembre 2017, de la liste des candidats définitivement admis de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature ; Enam, par le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administration (Minfopra), un cas d’incongruité lié à la présence d’un mort sur des listes est noté.

Il s'agit du nommé Ndjomo Milsaint, qui n'a pourtant pas composé les épreuves orales. Depuis la publication, le 11 décembre 2017, de la liste des candidats définitivement admis de l’Ecole nationale d'administration et de magistrature, Enam

L’exemple patent est celui de Ndjomo Milsaint, candidat numéro 1 sur la liste des admis définitifs et numéro 5 sur la liste des admissibilités. Selon des indiscrétions, le nommé Ndjomo est décédé avant le début des épreuves orales. Mais son nom figure sur la liste définitive rendue publique le 11 décembre 2017 par Michel Ange Angouing, Minfopra. L’alerte liée à cette incongruité a été sonnée par Enyegue Mvogo Daniel, candidat ayant composé ledit concours, sur sa page facebook le 13 décembre 2017. « Je suis victime d’une injustice. Nous étions admissibles 06 comme candidats internes à l’Enam cycle A section Administration des affaires sociales. Mais avant l’oral, un de nous est décédé, Ndjomo Milsaint, paix à son âme! Curieusement, sur les 5 qui sont définitivement admis, son nom figure alors qu’il n’a pas fait l’oral. Le seul nom qui disparaît, c’est mon nom: Enyegue Mvogo Daniel« . Ainsi s’exprime ce candidat, visiblement ébahi suivant les données informatives dont il fait état. 

 

Tripatouillages assorti de népotisme

 

Joint au téléphone ce matin (mercredi, le 13 décembre 2017), l’un des proches collaborateurs de la Direction de l’ Enam fait mention de ce que « Le Minfopra a publié les résultats le 11 décembre , soit deux jours après que le Dg de l’Enam a voyagé pour l’étranger« . Le concerné, qui requiert l’anonymat, ajoute que le Minfopra n’a pas tenu compte de la liste que le Dg de l’Enam lui a fait dûment parvenir il y a quelques semaines. « C’est la première fois que le Dg de l’Enam n’est pas impliqué dans un concours organisé par l’administration dont il tient les rênes depuis des années« , lance-t-il. Fulminant de colère, le même collaborateur évoque l’argument du cafouillage, puisque, explique-t-il, « le Minfopra a ajouté plus de 450 noms alors qu’il ne détient aucune performance des composants« . Au-delà de tout soupçon, cette thèse réfère à l’argument des tripatouillages assorti de népotisme, de favoritisme et d’ethnocentrisme, que d’aucuns battent en brèche lors de la publication des résultats des concours de cette école prestigieuse. Toute tentative de joindre la cellule de la communication du département de tutelle, en l’occurrence Eliane Mballa, qui en est chef, s’est avérée vaine.

En rappel, il est à noter que le Minfopra a sommé l’instance dirigeante de l’école de rendre publics les résultats tandis que de l’autre côté, l’on invoque le lancement tardif du concours. En effet, depuis la tenue des épreuves du 29 août au 17 septembre 2017, les résultats n’étaient toujours pas disponibles au courant du mois de novembre qui vient de s’écouler. « Les résultats seront disponibles au courant de ce mois de novembre. Les corrections sont terminées. Les communiqués sur les admissibilités sont, d’ores et déjà, confectionnés« , rassurait alors une source introduite à l’ Enam. Une assurance qui s’est estompée à la lecture de la correspondance du Minfopra, Michel Ange Angouing, adressée en date du 9 novembre 2017 au Dg de l’Enam, Linus Toussaint Mendjana. « Je serai obligé d’accélérer la mise à disposition dans les meilleurs délais des procès-verbaux des différents concours d’entrée afin d’éviter d’hypothéquer le déroulement de l’année scolaire 2017-2018 et de discréditer le processus de sélection des candidats« , lit-on dans ladite correspondance. Avant cette conclusion, la note est revenue sur la répartition des prérogatives du Minfopra et du Dg de l’Enam: « Votre insoumission et votre défiance à l’égard de la tutelle technique de l’Enam ne sont pas justifiées« , poursuit le Minfopra, en citant « la décision du 2 novembre 2017 » du Dg de l’Enam qui, selon lui, est illégale. 24.000 candidats ont pris part audit concours, dont des membres de la famille présidentielle, Brenda Anasthasie Biyaet Junior Biya, qui ont, d’ailleurs, été définitivement admis.

 

Serge Aimé BIKOI

Share.

About Author

Leave A Reply