Fonction publique: la recrudescence des agents publics fictifs

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Plus de 14000 agents menacés de radiation. Des missions de contrôle récemment dépêchées auprès de la plupart des administrations compétentes révèlent que des milliers de fonctionnaires sont absents de leur poste de travail. En 2015, plus de 10000 agents publics fictifs avaient été sommés de se présenter à la Direction de la solde du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative(Minfopra). Question de justifier leur appartenance à une administration publique. Que le nombre d’agents étatiques imaginaires soit davantage élevé aujourd’hui traduit qu’il y a anguille sous roche. D’après les investigations faites dans différentes administrations étatiques, 14134 agents publics sont, à l’heure actuelle, contraints de clarifier, de toute urgence, leur situation administrative. Ces personnels, qui se recrutent dans les corps de la Fonction publique (militaires, greffiers, enseignants de lycées et collèges, écoles normales, universitaires, médecins, infirmiers), étaient absents de leur poste  de travail lors du passage des missions de contrôle inopinées déployées dans des bureaucraties. Des sources crédibles, le ministère de la Santé publique (Minsanté), où l’on recense le plus grand nombre de fonctionnaires fantômes est le premier département ministériel à être concerné par ce problème. Il en est de même du ministère des Enseignements secondaires (Minesec). A preuve, des demandes d’explication ont été adressées aux absentéistes qui avaient, jusqu’au 1er décembre 2017, l’obligation d’y répondre. Sous peine d’être radiés.

D'après les investigations faites dans différentes administrations étatiques, 14134 agents publics sont, à l'heure actuelle, contraints de clarifier,

Ces agents de l’Etat, en situation d’indélicatesse, continuent d’émarger dans les caisses de l’Etat. Une opération d’une telle essence avait été diligentée en septembre 2015 par le Minfopra. L’enjeu avait alors consisté à débusquer 10375 agents publics fictifs qui, eux aussi, émargeaient dans le budget de l’Etat. A cette époque, et en référence au discours officiel qui avait droit de cité à cette période-là, des déterminants de la fluctuation des personnels fictifs avaient été appréhendés à l’aune de quatre catégories d’acteurs n’offrant plus leurs services aux administrations étatiques. Il s’agissait des retraités qui continuaient de percevoir indûment leur rétribution mensuelle; des défunts dont les noms figuraient encore sur le fichier du personnel de l’Etat et qui, illicitement, avaient une rémunération mensuelle donnée. La 3ème catégorie était constituée des démissionnaires de la Fonction publique ayant décidé, tous azimuts, d’investir des circuits socioprofessionnels adéquats et fortunés dans les secteurs para-étatique et privé. La 4ème catégorie était enfin composée des mis en indisponibilité socioprofessionnelle, dont le délai, à court terme, avait expiré, mais dont les acteurs mafieux des fiefs administratifs avaient prolongé la date à travers des manœuvres sordides de tripatouillages des données du fichier du personnel.

Dans ce vaste réseau de fossoyeurs de la République ayant plombé la nasse étatique, il y a des chefs de département ministériel et des hauts cadres des différents services imbibés de la triple culture du népotisme, du favoritisme et du sectarisme. Ces maillons de la chaîne alimentent des mécanismes de concussion, de corruption et de prévarication de la fortune publique aux dépens de la fonctionnalité de l’Etat camerounais. Il s’agit d’une bourgeoisie compradore constituée d’une oligarchie de carnassiers, dont la mentalité rétrograde du brigandage des deniers publics est pérenne tant elle participe, en dépit du processus d’assainissement du fichier solde de l’Etat, à créer la pieuvre, voire à régénérer les fantômes nommés agents publics fictifs. Si l’ultime résultat de l’opération d’identification des agents publics fictifs date, il est fort probable qu’avec l’intégration des 25000 diplômés, nés du recrutement spécial à la Fonction publique, qu’il y ait un pourcentage supérieur d’agents imaginaires, car de milliers diplômés avaient abandonné le travail public par suite du constat d’une rémunération qualifiée de dérisoire.

Serge Aimé BIKOI

 

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