Le manuel scolaire : Philémon Yang siffle la fin de la recréation

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L’espoir fait vivre dit l’adage, et quelle que soit la longueur de la nuit le jour finit par se lever. Cet adage sera plus que jamais visible pour les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes au Cameroun dès la rentrée scolaire prochaine, avec la fin de la de recréation que vient de siffler le Premier Ministre Philémon Yang, pour ce qui est du livre au programme scolaire au Cameroun. Ceci à travers la Circulaire N°002/CAB/PM du 23 novembre 2017. On y lit : « La durée de validité du livre ou du manuel scolaire est de six (06) ans. Dans le respect des spécificités de chaque sous-système éducatif, toute discipline inscrite au programme officiel doit être dispensée sur toute l’étendue du territoire national au moyen d’un seul manuel scolaire pour chaque matière. Seul cet ouvrage doit être utilisé par les apprenants pour la matière considérée».

« La durée de validité du livre ou du manuel scolaire est de six (06) ans. Dans le respect des spécificités de chaque sous-système éducatif, toute discipline

Finie donc l’époque où n’importe quel écrivain de fortune pouvait noircir quelques feuilles de papiers, et aller à Yaoundé frapper à la porte selon la formule consacrée, pour que ces feuilles se retrouvent au programme scolaire, truffées de fautes, avec des pages manquantes et dans une langue approximative. Finie l’époque où, comme cette année, jusqu’à trois livres étaient au programme pour la même matière dans une classe, et possibilité laissée à chaque établissement de choisir ce qu’il va utiliser, ce qui laissait la porte ouverte à toute sorte de marchandage. Tandis que les parents devaient acheter deux livres différents pour la matière, pour la même classe, pour ses deux enfants, dans la même ville, juste parce que l’un est au lycée et l’autre au collège privé d’à côté. Le premier ministre ne s’arrête pas en si bon chemin. Il continue en précisant que : «Par ailleurs, les pouvoirs publics doivent promouvoir la lecture et l’utilisation du livre et du manuel scolaires, en veillant non seulement à impliquer les Collectivités Territoriales Décentralisées (bibliothèques municipales, etc.), mais aussi à favoriser la digitalisation desdits outils didactiques (bibliothèques numériques). En d’autres termes, les mairies doivent veiller à créer des bibliothèques municipales où seront disponibles tous les livres inscrits au programme scolaire au Cameroun, afin d’en faciliter l’accès. De même, les pouvoirs publics, à savoir les ministères de l’Education de base et des Enseignement secondaire devront s’assurer que ces livres soient accessibles sur internet.

La gratuité des manuels scolaires dans les écoles

Cerise sur le gâteau, Philémon Yang précise que l’Etat garantit la gratuité des manuels scolaires dans les écoles de l’enseignement primaire public, sur l’ensemble du territoire national, pour les matières ci-après: français, anglais, éducation à la citoyenneté, mathématiques et informatique. Et assure la gratuité de tous les manuels scolaires dans les écoles des Zones d’Education Prioritaire (ZEP), que sont notamment la partie septentrionale du pays et la région de l’Est. C’est le lieu de féliciter le Premier ministre pour une fois, car là au moins il a agi comme un dirigeant qui écoute son peuple. Il a montré qu’il n’était pas complètement sourd aux cris de souffrances émis tous les jours à travers la radio et autres médias. D’ailleurs lui-même le reconnait dans sa circulaire en disant : «Mon attention a été appelée de manière récurrente sur les dérives auxquelles est confrontée la filière du livre, du manuel scolaire et autres matériels didactiques au Cameroun.
A cet effet, il m’a été donné de constater, pour le déplorer, le non-respect de l’éthique et la violation persistante de la réglementation en vigueur dans le choix, la production, la distribution et la durée d’utilisation du livre, du manuel scolaire et autres matériels didactiques. Toutes choses qui se traduisent notamment par des conflits d’intérêt et des délits d’initié, l’amateurisme dans l’élaboration et l’édition du livre, du manuel scolaire et autres matériels didactiques, avec un effet multiplicateur sur leur nombre, ainsi que leur pénurie artificielle sur le marché. Il en résulte une augmentation du coût d’accès à l’éducation pour les familles et des risques sur la santé des apprenants, du fait du poids de plus en plus élevé des cartables

C’est le Premier ministre lui-même qui parle, et comme nous le constatons, il fait allusion même à ces lourds sacs d’écoles que les enfants trainent sur le dos tout le long de l’année, à cause du nombre des livres, et qui ne sont pas étrangers à certaines déformations que l’on observe par la suite au cours de la croissance. Il est vrai que cette circulaire n’arrange pas tout le monde, elle coupe forcement l’herbe sous les pieds de certains, ceux-là qui avaient fait du livre scolaire un gros business chaque année,  ils s’activent déjà à torpiller son application. Mais à son niveau il a fait son travail, aux ministres concernées de faire le leur, aux parents et à toute la communauté éducative de s’approprier de cette circulaire et la défendre énergiquement, parce que disons-le nous, le Pm ne pourra pas sortir de son bureau pour faire appliquer la loi, si tout le monde ne s’y implique pas.

Roland TSAPI

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