Session parlementaire : Les journalistes muselés à l’Assemblée nationale

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Il y a de l’électricité dans l’air à la Chambre basse du parlement. Ce mercredi 29 novembre 2017, les députés du Social democratic front persistent dans le blocus des activités de la session parlementaire. En cette fin de matinée, alors que le Chef du gouvernement Philémon Yang tient à présenter le Programme économique, financier, social et culturel  du Cameroun, son micro est arraché par les parlementaires du SDF. Le Social démocratic Front exige au Premier ministre de parler de la crise anglophone.

Il y a de l’électricité dans l’air à la Chambre basse du parlement. Ce mercredi 29 novembre 2017, les députés du Social democratic front persistent au blocus des activités de la session parlementaire

ça chauffe ici!

Devant l’incapacité du gouvernement et du président de l’Assemblée nationale à calmer le jeu, ce sont les médias qui paient les pots cassés. Notre correspondant Serge Aimé Bikoi revient de l’Auguste chambre où il a été éconduit. «Je viens d’être éconduit de la salle de presse par un capitaine d’armée qui interdit à tout journaliste de filmer et de se lever pour regarder les turbulences des députés du Sdf. Je me suis obstiné à me lever pour observer ce qui se passe, un des cadres du service de la communication a coupé la corde de mon badge. J’ai été mis dehors. Je suis actuellement à l’extérieur parce que le capitaine estime que je fais du désordre. Et on m’a fait comprendre que je ne couvrirai plus les plénières à l’Assemblée nationale», raconte-t-il. Et de poursuivre, «le téléphone d’un confrère de Ltm télévision a aussi été confisqué parce qu’il prenait les images. Mais on l’a maintenu dans la salle de presse. Dimitri Amba est aussi menacé par deux cadres qui le somment de rester assis. Chaque journaliste est d’ores et déjà contraint de rester assis et de noter ce qu’il a à noter. Le problème c’est que d’où nous sommes, il est difficile d’identifier, si on ne se lève pas, les députés au pupitre. La répression est de mise ici. Depuis des années que je couvre les activités de l’Assemblée nationale, c’est du jamais vu

Pour ce qu’il a vu, notre correspondant précise que les députés Jean Michel Nintcheu, Joseph Banadzem, Joseph Mbah Ndam, Josua Osih sont tous montés au pupitre. «Ils chantaient pendant que le PM lisait son programme. Philémon Yang s’est arrêté pendant quinze minutes pour calmer le jeu. Quand il a repris son discours, les députés ont relancé leurs chants avant d’arracher le micro du PM.» Cette session de novembre est consacrée à l’examen de loi des Finances pour l’exercice 2018. Pour Josua Osih, «ll est impérieux, soutient le député Sdf, d’engager un débat sur la crise anglophone, qui est un problème crucial avant que l’on ne se penche sur l’examen de la loi de Finances 2018.»

Valgadine TONGA

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