Remue-ménage à l’Assemblée nationale: Le Sdf bloque les travaux

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Les députés bloquent l’examen des projets de lois. Le Président du groupe parlementaire du Social democratic front, Sdf, exige un débat sur la crise anglophone. Malgré la suspension et la reprise des travaux par le Président de l’Assemblée nationale, les élus du peuple de la principale formation politique de l’opposition camerounaise ont continué de perturber la session consacrée à l’examen de la loi de Finances 2018.

Les députés bloquent l'examen des projets de lois. Le Président du groupe parlementaire du Social democratic front, Sdf, exige un débat sur la crise anglophone

Le show du SDF.

Tout a pourtant bien débuté ce jeudi, 23 novembre 2017 à l’hémicycle de Ngoa Ekellé lorsque Luc Koa, député Rdpc (Rassemblement démocratique du peuple camerounais), et rapporteur de la Commission des Finances et du budget, a présenté intégralement le projet de loi de règlement que le ministre des Finances est venu défendre. Mais lorsque Joseph Banadzem a, sur le champ, demandé la parole, toute chose qui lui a été accordée fort opportunément par le Président de l’Assemblée nationale, il est monté sur le perchoir et a fait un réquisitoire à Cavaye Yeguié Djibril sur le mutisme qu’il observe jusqu’à présent sur la crise anglophone. Durant une dizaine de minutes, le Président du groupe parlementaire Sdf a fait un diagnostic sans complaisance du problème anglophone entraînant, par la même occasion, l’indignation et l’aversion  des députés Rdpc. Il s’en est suivi un remue-ménage. Toute chose ayant incliné le Président de la chambre basse du parlement camerounais à suspendre momentanément la séance. C’est sur ces entrefaites que les députés Sdf se sont tous levés, ont investi le pupitre et ont entonné des chants hostiles au régime en place, dont Paul Biya est le chantre.

Pendant l’exécution de ces chants virulents, dont le refrain est « How many people Paul Biya go kill », les députés Rdpc, Undp, Mrc, Udc et Upc et quelques membres du gouvernement ont vidé l’hémicycle. Interrogé sur la raison de l’option du Sdf pour la paralysie des travaux, Josua Osih évoque la crise socio-politique actuelle et précise que les populations locales ont perdu la vie sans que cela n’émeuve le Président de la République. « Il est impérieux, soutient le député Sdf, d’engager un débat sur la crise anglophone, qui est un problème crucial avant que l’on ne se penche sur l’examen de la loi de Finances 2018« . Dans la même veine, le premier vice-président national de la principale force politique de l’opposition camerounaise fustige l’inertie et l’incurie du pouvoir en place quant à l’obstination à ne pas discuter du problème anglophone et pense que l’État entretient une logique insurrectionnelle. Histoire de s’abstenir d’organiser les élections plurielles en 2018. Au moment où nous quittions l’hémicycle de Ngoa Ekellé vers 16h et 30mn, Grégoire Owona, ministre du Travail et de la Sécurité sociale(Mintss), a entamé une discussion à huis clos avec les députés Sdf. La sentence de cet échange en aparté est toujours attendue. Aussi les travaux n’ont-ils pas démarré jusqu’en fin de soirée.

Serge Aimé BIKOI

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