Le Cameroun et les changements climatiques

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La 23eme Conférence des parties des Nations Unies sur les changements climatiques, plus connue sous le nom de la COP23, se tient dans la ville de Bonn en Allemagne depuis le 6 novembre 2017, et va s’étendre jusqu’au 17 prochain. La Conférence des parties tire ses origines du troisième sommet de la Terre de Rio de Janeiro au Brésil en 1992. Elle avait réuni 110 chefs d’Etat et de gouvernements et plus de 2000 représentants d’ONG. Un texte avait alors été rédigé, détaillant 27 grands principes qui reconnaissent la responsabilité humaine dans les changements climatiques et détaillent les droits et devoirs de chaque pays en matière d’environnement. Le résultat, qui n’était pas juridiquement contraignant, est resté mitigé. Mais cette Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques impliquait aussi la nécessité de rencontres annuelles entre les pays signataires,  les Conférences des parties (COP), dont on est à la 23eme édition.

En prélude à cet évènement, le ministre Camerounais de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable, Hele Pierre  a présidé le 10 octobre dernier  à Yaoundé, un atelier national de préparation du Cameroun à cet événement, atelier qui portait également sur l’évaluation de la position et aussi des attentes du Cameroun en rapport avec les enjeux de la COP 23. Déjà, au cours de la 21eme édition tenue à Paris en France en décembre 2015, les participants ont signé ce qui est appelé l’Accord de Paris, présentée comme le premier accord universel sur le climat. Il a été approuvé par l’ensemble des 195 délégations dont le Cameroun, et est entré en vigueur le 4 novembre 2016. Cet accord a été signé par le Cameroun le 22 avril 2016 et ratifié le 29 juillet de la même année. Son principe 10 indique que : « La meilleure façon de traiter les questions d’environnement est d’assurer la participation de tous les citoyens concernés, au niveau qui convient. Au niveau national, chaque individu doit avoir dûment accès aux informations relatives à l’environnement que détiennent les autorités publiques, y compris aux informations relatives aux substances et activités dangereuses dans leurs collectivités, et avoir la possibilité de participer aux processus de prise de décision. Les États doivent faciliter et encourager la sensibilisation et la participation du public en mettant les informations à la disposition de celui-ci, et un accès effectif à des actions judiciaires et administratives, notamment des réparations et des recours, doit être assuré

Exploitation sauvage et illégale

Qu’en est-il de l’application au niveau local ? Il faut déjà remarquer avec les géographes que le Cameroun c’est l’Afrique en miniature, et de l’Equateur au Sahel, le pays est un tableau vivant de ce que peuvent produire les changements climatiques sur les populations et les communautés. Dans la réalité, la zone équatoriale continue de connaître la désolation du déboisement par une exploitation sauvage et illégale. Selon Victor Amougou, coordonnateur du  Centre pour l’Education, la Formation et l’Appui aux Initiatives de développement, l’Etat camerounais perd environ 15 milliards de FCFA par an à cause de la corruption qui sévit dans l’exploitation illégale du bois. Corruption qui part de l’attribution des titres jusqu’à l’exploitation même des forêts, en passant par la transformation et l’exportation. De même, la partie sahélienne vit les affres de l’avancée du désert. Les conséquences de ces effets sont visibles d’années en années, notamment   la perturbation des activités socioéconomiques avec la réduction des rendements agricoles et l’augmentation du coût de production dans le secteur de l’élevage, la raréfaction de la ressource en eau entrainant ainsi la multiplication des conflits entre les populations en quête des biens vitaux, les migrations des populations qui entrainent l’insécurité alimentaire et des conflits entre les communautés, dont certaines se retrouvent sans abris à cause de la destruction des infrastructures suite aux inondations, aux incendies et même aux décisions administratives, sans des indemnisations conséquentes.

Pollution de l’environnement  

La 23eme Conférence des parties des Nations Unies sur les changements climatiques, plus connue sous le nom de la COP23, se tient dans la ville de Bonn en Allemagne

Douala, ville poubelle.

L’Accord de Paris a été ratifié justement pour limiter ces dégâts, et si rien ne peut être fait contre les pics de chaleur qui alternent avec des pluies diluviennes suivies des inondations, la marge de manœuvre gouvernementale reste grande sur des aspects comme la destruction des forêts, les émissions du gaz à effet de serre et la pollution de l’environnement. Au Cameroun, il existe un ministère en charge de l’Environnement avec  pour mission l’élaboration et la mise en œuvre de la politique du Gouvernement en matière d’environnement et de protection, laquelle mission reste transparente aux yeux de beaucoup, sans compter de nombreux textes et lois encadrant la gestion de l’environnement, avec le même problème de leur application. Pour rendre le climat et l’environnement moins agressifs pour les populations. On parle également au niveau du gouvernement du Programme d’Adaptation au Changement Climatique, du mécanisme de Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation en abrégé REDD+ et surtout du Mécanisme pour un Développement Propre, qui est mis en œuvre à travers le travail fait pas Hysacam.

Mais là, avec les immondices d’ordures qui jonchent nos villes,  et les décharges des ordures dont le traitement prête toujours à équivoque. Tout le monde peut apprécier le niveau de respect des principes de l’Accord de Paris chez nous. La délégation camerounaise va sûrement présenter une image plus reluisante du Cameroun à Bonn lors de cette COP23, usages diplomatiques oblige, mais il n’en reste pas moins vrai que sur place les populations aspirent encore à vivre dans un environnement sain, tel que prescrit par cet Accord.

Roland TSAPI

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