Croissance : Le Cameroun se vend aux investisseurs

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La deuxième édition du Cameroon investment forum qui s’est ouverte à Douala, est l’opportunité pour le gouvernement de vanter la destination Cameroun.

La deuxième édition du Cameroon investment forum qui s’est ouverte à Douala, est l’opportunité pour le gouvernement de vanter la destination Cameroun.

CIF 2017, c’est parti!

Dans son rapport –Doing Business 2017- comparatif des pays qui facilitent la création des affaires, la Banque mondiale a classé le Cameroun à la 166ème place, sur 190. Il est vrai qu’on a gagné un point par rapport à 2016, mais le pays est très loin du compte. De son côté, le gouvernement impulse des initiatives pour rattraper le gap. A l’Agence de promotion des investissements (Api), le Directeur général est confiant. «Notre pays le Cameroun est un très bon risque. Tous les acteurs de notre économie présentent des opportunités d’investissement. Notre stratégie pour la croissance a défini les secteurs de concentration de l’investissement, notamment l’infrastructure, l’éducation, la production, la santé, la gouvernance» a martelé Marthe Angeline Minja. La DG s’exprimait ce jeudi 9 novembre 2017, à la cérémonie d’ouverture de la deuxième édition du Cameroon investment forum, Cif.

Devant les ministres, les hommes d’affaires, les porteurs de projets, les investisseurs, la DG de l’Api a surfé sur les bons points du Cameroun afin d’exciter les investisseurs. «Après la 1ère édition du Cif (tenue en 2015 à Douala, Ndlr), nous avons signé 134 conventions avec les entreprises privées. Le niveau global d’investissement projeté est de 3mille milliards Fcfa. Toujours dans le cadre des conventions signées, nous avons une projection en termes d’emplois directs, environ 47.000 emplois.» Le Cameroon investment forum est une perche tendue au gouvernement pour  présenter aux investisseurs nationaux et étrangers «les marges de progressions qualitative et quantitative en termes d’opportunités, d’avantages, et de toutes les facilités à saisir pour investir au Cameroun», a souligné le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Ernest Gbwaboubou.

Goulot d’étranglement

Dans son opération de charme, le ministre déclare aux investisseurs que le Cameroun a son nouveau Plan directeur d’industrialisation (Pdi). C’est «un instrument de pilotage du développement industriel de notre pays. C’est la boussole de l’action gouvernementale en matière de développement industriel, l’objectif étant de faire du Cameroun, une usine de la nouvelle Afrique industrielle, mais aussi l’équipementier de la CEEAC et du Nigéria. Il –le Pdi- fournie les arguments stratégiques pour procurer une mutation du système. Il s’agit accéder à un taux de croissance de 10% d’ici 2015, modifier les contributions sectorielles à la formation du produit intérieur brute  pour laisser la première place au secteur secondaire, d’améliorer le secteur technologique, s’engager dans une politique volontariste de formation professionnelle.» A ce jour, confesse le ministre, «l’infrastructure est le goulot d’étranglement».

Agro-industrie, énergie, numérique, métallurgie, sidérurgie, chimie-pharmacie, hydrocarbure-raffinage…sont les secteurs clés pour l’industrialisation de l’économie du Cameroun. Des secteurs qui selon Ernest Gbwaboubou, ont un grand besoin des acteurs du privé. Mais surtout des investisseurs en capital risque, pour soutenir les porteurs de projets. D’ailleurs, l’objectif premier du Cif est de mettre en contact les porteurs de projets et les investisseurs nationaux et internationaux. Les travaux de cette deuxième édition qui se vit à la Maison du parti de Bonanjo ont comme fil conducteur : «Mise en relation des porteurs de projets et des partenaires techniques et financiers pour la promotion de l’industrie locale pour l’attractivité des investissements». Pendant les deux jours du forum, les acteurs vont échanger les connaissances autour des tables rondes. Le Cameroon investment forum est une initiative de l’Api, placée sous le haut patronage du chef de l’Etat.

Valgadine TONGA

Arthur Zang : «Nous avons déjà écoulé le premier stock de 150 CardioPad»

La deuxième édition du Cameroon investment forum qui s’est ouverte à Douala, est l’opportunité pour le gouvernement de vanter la destination Cameroun.

Ingénieur, informaticien, chercheur, Arthur Zang a créé le CardioPad à travers sa start-up Himore Medical. Le CardioPad est une tablette tactile médicale permettant aux médecins de faire des examens cardiaques à distance. Il fait partie des porteurs de projet rencontrés au Cameroon investment forum.

L’Etat camerounais vous a-t-il suffisamment accompagné dans votre projet du CardioPad?

Je suis ici pour un projet qui ne concerne pas le CardioPad qui est celui de la création d’une unité de production de la carte à puce. Je peux dire que j’ai reçu un accompagnement non négligeable du gouvernement déjà par rapport aux facilités d’importation de la technologie qui nous permet de produire des cartes à puce. Aussi, en ce qui concerne les exonérations de douane et d’impôts, nous venons de signer une convention avec l’Etat du Cameroun pour que les cinq prochaines années nous ne puissions pas payer ni douane, ni impôts pour la production des cartes à puce au Cameroun. Tout ceci a été fait grâce à la collaboration de l’Api (Agence de promotion des investissements, ndlr), qui nous a permis de préparer les documents et de contacter les bonnes personnes des différents ministères, ministère des Finances, et le ministère des Industries. Nous sommes très heureux de l’accompagnement que nous avons reçu jusqu’ici pour ce projet et nous espérons continuer à travailler avec les différents ministères pour que ce projet avance.

A quoi servent ces puces ?

Les cartes à puce sont utilisées dans plusieurs domaines, domaine bancaire, de la sécurité… La carte bancaire est une carte à puce, la carte magnétique est une carte à puce, les cartes utilisées pour l’identification comme les cartes de métro sont des cartes à puce. Il existe beaucoup d’applications des cartes à puce, même dans le domaine du transport. Nous voulons développer des outils autour de ces cartes pour créer un vrai marché de la carte à puce au Cameroun.

Que devient le projet CardioPad ?

Actuellement, le gouvernement du Cameroun a passé une première commande du CardioPad que nous avons livrée en 2016, et le déploiement de ces CardioPad a commencé. Je peux vous dire qu’il y a beaucoup de CardioPad utilisés dans la ville de Yaoundé, notamment à l’hôpital de Mvog-Ada, à l’hôpital Epc de Ndjoungolo, à l’hôpital d’Odja, à l’hôpital d’Efoulan, mais également hors de Yaoundé comme dans le Centre médical d’Abom, l’hôpital de district de Mbankomo. Actuellement nous travaillons pour signer une convention avec le ministère de la Santé publique afin d’étendre ce projet et que prochainement, les régions les plus reculées du Cameroun reçoivent également le CardioPad. Nous avons déjà des clients à l’extérieur dans plusieurs pays comme le Kenya, le Gabon. Dans les autres pays ont se contente de vendre mais pour le Cameroun nous travaillons sur un vrai déploiement avec le ministère. Nous avons produit un premier stock de 150 CardioPad que nous avons déjà écoulé. Actuellement nous travaillons sur la production de 200 CardioPad.

Quelle est la plus-value que vous apporte ce forum ?   

Nous sommes là déjà pour participer à une table ronde sur les Tic afin de présenter notre expérience et de faire des propositions au gouvernement dans le but qu’il mette sur pied les mesures pour améliorer le climat des affaires, les conditions de travail des entrepreneurs des Tic. Nous travaillons aussi pour pouvoir présenter ce projet de carte à puce aux investisseurs afin de lever les fonds et trouver des partenaires pour le financement de ce projet.

Propos recueillis par Valgadine TONGA

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