Festmak 2017 : Belle initiative mais peut mieux faire

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Tenue du 02 au 04 novembre 2017 à Canal Olympia de Douala, la deuxième édition du Festival du Makossa, Festmak, a permis au maigre public venu assister à cet évènement culturel, de réécouter et de danser du Makossa tel qu’il était exécuté à ses débuts et surtout  de présenter un autre visage de l’artiste camerounais aujourd’hui à la croisée des chemins.

Tenue du 02 au 04 novembre 2017 à Canal Olympia de Douala, la deuxième édition du Festival du Makossa (Festmak) a permis au maigre public venu assister à cet évènement culturel, de réécouter

Nkotti François sur les planches du Festmak 2017. (Photo: Cameroon Tribune)

S’il est vrai que cette seconde édition du Festmak n’a pas fait courir grand monde, il n’en demeure pas moins vrai que l’équipe conduite par Claudia Dikosso a gagné le pari de l’organisation. «Claudia est à féliciter car il faut du courage pour organiser tout ceci». Ces quelques mots de l’artiste musicienne Nicole Mara prouvent à suffisance l’ambiance bon enfant qui a régné en ces lieux.  Sur la scène : Nono Flavie, Nicole Mara, Annie Anzouer et Claudia Dikosso interprètent une chanson de leur jeune consœur Nono Flavie. Un spectacle qui dresserait les cheveux même du plus puéril des mélomanes, permettant par la même occasion d’avoir une autre image de l’artiste musicien camerounais. Bien loin des guéguerres auxquelles ils se livrent depuis un certain temps par réseaux sociaux interposés ou dans le cadre de la gestion des droits d’auteurs. Un hideux spectacle dans lequel alternent sans transition : accusations, contre-accusations ou demandes de pardon à un public grandement choqué et médusé face aux multiples vulgarités qu’ils se renvoient. «C’est sur scène qu’un artiste doit performer et non dans les réseaux sociaux. Entendre un artiste dire du bien de son collègue, ou le voir interpréter l’une de ses chansons, nous change de ce que nous avions eu  l’habitude de voir», déclare Jean Marc l’un des amoureux du Makossa satisfait du spectacle auquel il venait d’assister. Et notre interlocuteur de continuer : «J’espère que ce qui se passe ce jour en ces lieux fera tâche d’huile».

Organisée par l’Association Makossa 4 ever, l’acte deux du Festmak qui vient de s’achever le 4 novembre 2017 a débuté le 02 novembre. Thème de cette deuxième édition : «Le Makossa de l’émergence». Une invite à la participation des artistes musiciens à l’émergence du Cameroun via la culture, mieux le Makossa. Un vœu grandement nourri par Claudia Dikosso, la présidente du Comité d’organisation de cet évènement. «On ne peut pas émerger sans la culture. Il est vrai que certains pays en Afrique négligent la culture, mais on a des exemples comme les Etats-Unis d’Amérique ou le Nigéria tout à côté qui sont très loin grâce à la culture. Donc, on a pensé à s’arrimer à ceux-là. D’où le thème de cette année

Wake-up Makossa

Pour cette édition, en dehors des trois jours de spectacles qui ont connu la participation de nombreux musiciens du Makossa, les principales innovations auront été : les masters class dirigés de main de maître par le musicologue Toto Guillaume. L’autre innovation de cette édition était le fait que chaque journée de spectacle était dédiée à la mémoire d’un artiste du Makossa décédé. C’est ainsi qu’on a eu droit à l’hommage à Eboa Lottin pour la journée du 02 novembre. Le lendemain vendredi était la journée dédiée aux femmes et qui rendaient hommage à leur consœur  Charlotte Mbango et enfin le samedi, les hommes ont rendu hommage au regretté Guy Lobè.

A titre de rappel, l’année dernière, le Festmak avait pour thème : « Wake-up Makossa». Une sorte d’appel au réveil de ce rythme musical qui a permis de vendre l’image de notre pays sur le plan international avec des artistes comme Manu Dibango, Eko Roosevelt, Ekambi Brilant, Toto Guillaume, Sam Mbende Ebobisse, Ebeny Donald Wesley de regrettée mémoire…  C’est donc pour lui redonner ses lettres de noblesse que l’Association Makossa 4 ever a pensé organiser ce festival. «Nous essayons de réveiller un Makossa qui est dans une sorte de sommeil comateux. Le Makossa n’est pas mort, mais il n’a plus sa verve d’antan», a laissé entendre le chargé de la communication de cet évènement, Emile Milangue. Si réveiller le Makossa est l’un des objectifs que se sont fixés les organisateurs du Festmak, présenter un autre visage de l’artiste musicien camerounais en est un autre. C’est pourquoi lors du spectacle du vendredi 03 novembre 2017, chaque artiste féminin après avoir interprété une chanson de Charlotte Mbango et chanté une autre de son propre répertoire, devait également exécuter une œuvre de celle qui devait lui succéder sur scène dans un duo. Une manière originale de passer le témoin à sa consœur et d’annoncer sa montée sur scène tout en la présentant au public, preuve d’une harmonie qui existe désormais entre les chanteurs du Makossa, habitués pour certains à évoluer en solitaire. «Depuis un certain temps, quand on parle des artistes musiciens camerounais, on a l’impression qu’ils ne sont pas sérieux ou qu’ils ne s’entendent pas. Avec ce festival, nous voulons montrer que la musique est un élément fédérateur. Quand bien même nous avons des dissensions, lorsqu’il s’agit de musique, on sait se mettre ensemble », conclut la promotrice de Festmak. Rendez-vous est pris  pour l’année prochaine.

Moïse MBOMA

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