Kibonen Nfi : «Réalisez votre passion pour ne pas tomber dans les regrets»

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Mordue de la mode, Kibonen Nfi a quitté le Cameroun pour les Etats-Unis, pays du «rêve». Son rêve à elle, vulgariser sa mode à travers sa marque Kibonen NY. Alors qu’elle tisse sa toile, la star hollywoodienne Lupita Nyong’o tombe sur le charme de ses vêtements. Et elle le montre de la plus belle des manières. En 2016, l’actrice remporte l’Oscar avec le film ‘‘Queen of Katwe’’. Pour sa tournée médiatique américaine, Lupita Nyong’o fait le choix d’arborer les tenues de la marque Kibonen NY. Des robes inspirées de la culture camerounaise. Les Etats-Unis sont conquis. Il faut saisir la balle au bond. La styliste pense à créer toute une collection qu’elle présentera au monde. Kibonen Nfi baptise sa collection ‘‘Lupita Dress Pop Up  Tour’’. Bien évidemment, la styliste a choisi le Cameroun pour le lancement de sa tournée. L’exposition de Kibonen NY, le jeudi 2 novembre 2017 à Douala, a drainé plusieurs curieux. Entre des échanges avec le public, les selfies, Kibonen Nfi a trouvé un temps pour les médias. Dans cet entretien, elle conjure la jeunesse camerounaise à «sortir de sa zone de confort».

Mordue de la mode, Kibonen Nfi a quitté le Cameroun pour les Etats-Unis, pays du «rêve». Son rêve à elle, vulgariser sa mode à travers sa marque Kibonen NY

Lupita Nyong’o s’habille en Kibonen NY.

Pourquoi avoir baptisé votre collection Lupita Dress Pop Up  Tour ?

J’ai baptisé cette collection Lupita Dress Pop Up  Tour parce qu’il y a un an, Lupita Nyong’o l’actrice kenyane qui a gagné l’Oscar a porté ma robe pendant son parcours médiatique du film ‘‘Queen of Katwe’’. Comme elle a porté cette robe qui est fortement inspirée de la culture camerounaise en plus contemporaine et moderne, c’était la fierté du Cameroun. J’ai donc pensé à faire plusieurs autres designs, plusieurs couleurs. Ce n’est pas tout le monde qui portera la même robe qu’avait Lupita. Les gens auraient aimé la robe avec différentes formes et différentes couleurs et c’est ce que j’ai fait. Maintenant j’ai décidé de commencer cet ‘‘Lupita Dress Pop Up  Tour’’ par le Cameroun. L’important à mes yeux ce n’est pas que je fais quelque chose qui est reconnue aux Etats-Unis, mais c’est le fait que le Cameroun soit élevé à travers ce que je fais. J’ai préféré commencé ici parce que je veux motiver les jeunes. Je veux que les jeunes qui sont comme moi, plus talentueux que moi sortent de leur zone de confort et concrétisent leurs rêves. Il y a des jeunes qui peuvent être maquilleurs, stylistes, dessinateurs, peintres, des jeunes qui savent nouer les foulards. Mais ils sont assis chez eux. Je veux que les jeunes se réveillent. Il y a même certaines personnes qui font des métiers qu’ils n’aiment pas, juste pour de l’argent, pourtant ils sont passionnés par autre chose. Moi j’étais banquière mais aujourd’hui je suis styliste…. Si vous avez une passion, réalisez là pour ne pas tomber dans les regrets après. Quand on voit l’histoire de Lupita, c’est une source d’inspiration. C’est une Kenyane qui a immigré aux Etats-Unis. Comme moi, elle a pu faire ce qu’elle aime et elle a réussi. Ça veut dire que tout est possible. C’est une interpellation aux jeunes Camerounais de se lever. Ils ont beaucoup d’opportunités aujourd’hui avec Facebook, Instagram…que j’appelle des plateformes de vente.

Quelles matières utilisez-vous pour vos vêtements ?

On fait beaucoup la broderie du Nord-ouest mais j’utilise beaucoup les tissus futuristes. C’est le spandex mais lourd. C’est le tissu que portent les gens qui vont en mer. C’est un mélange du traditionnel et des tissus futuristes qu’on embellie. Pour les accessoires, dans notre atelier ‘‘Made in Camer’’ basé à Bamenda, on travaille avec les jeunes stylistes. Quand un bout de tissu reste, on fait du recyclage en l’utilisant pour fabriquer des accessoires, chaussures, sacs, boucles d’oreilles, bracelets. Il est important pour nous de ne pas polluer l’environnement. Mais aujourd’hui je suis en partenariat avec des gens très talentueux. Il y a Domy qui fait les foulards, un peu comme celui qu’arborait Lupita pendant son tour médiatique. C’est une collaboration parfaite. Il y a aussi le jeune Keyong qui fait le body painting. Les broderies sur nos vêtements sont faites à la main. C’est la tradition des peuples du Nord-ouest et de l’Ouest. Les femmes le font à la main. Ça prend beaucoup de temps. Raison pour laquelle je mets juste quelques accents de broderie sur les vêtements. Quand nous finissons de concevoir le vêtement, il va en broderie.

Mordue de la mode, Kibonen Nfi a quitté le Cameroun pour les Etats-Unis, pays du «rêve». Son rêve à elle, vulgariser sa mode à travers sa marque Kibonen NY

Kibonen Nfi dans une ses tenues.

Pourquoi avoir misé sur une seule matière pour la collection ?

Parce que quand on crée la mode, on utilise des trucs différents pour amener le public à expérimenter quelque chose de différent. J’utilise toute sorte de tissu. Si vous visitez vous verrez que j’utilise du lin, les tissus pagnes, les tissus pour les vestes notamment. On fait aussi les robes de mariage et de soirée mais pour cette collection, la plupart des tissus sont en néoprène.

Pourquoi avoir associé ces autres artistes à votre présentation ?

Comme je dis, l’essentiel pour moi c’est l’éveil de la jeunesse camerounaise. Je les ai rencontrés au hasard. Comme Dieu sait faire ses choses, il y en a qui ont l’art de savoir nouer le foulard. Et Lupita portait le foulard pendant toute sa campagne parce que le thème pour elle c’était The ‘‘Queen of Katwe’’. On sait que les reines ont toujours de gros foulards. Beaucoup de gens pensent qu’on doit être à l’étranger pour se faire de l’argent mais ce n’est pas que ça. Il y a les initiatives que l’ont fait, à but non lucratif mais qui changent la communauté  et c’est ce que je veux faire. Je veux que les Camerounais aient confiance en eux, qu’ils aient la  possibilité d’oser. Qui pouvait imaginer que Kia Motors me donnerait son showroom pour cet évènement ? Mais Kia a un programme de responsabilité sociale très poussé. Leur but aussi c’est de permettre que  les jeunes soient employés à travers leurs talents.

Quelles sont les perspectives de ce projet que vous êtes venues lancer au Cameroun ?

Nous avons déjà un atelier à Bamenda. Je suis en train de chercher des sites où on va travailler ici à Douala, à Buea aussi, et à Yaoundé.

Valgadine TONGA

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