Spectacle : Douala s’envole pour les Etats-Unis

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Emmanuel Pi Djob a livré un spectacle qui rentrera dans l’histoire. Pendant le show du samedi 21 octobre, le public de Douala s’est vu transporter aux USA.

Emmanuel Pi Djob a livré un spectacle qui rentrera dans l’histoire. Pendant le show du samedi 21 octobre, le public de Douala s’est vu transporter aux USA.

Emmanuel Pi Djob communie avec son public.

Inédit, magique, grandiose… Les spectateurs qui ont assisté au concert d’Emmanuel Pi Djob, le samedi 22 octobre 2017, ne tarissent pas de compliments. «J’ai organisé des spectacles, mais je peux vous dire que je n’ai jamais vu un show pareil ici», reconnait Sylvain Kom. «Je suis jeune mais j’adore. C’est quelque chose de différent qu’on ne voit pas au pays depuis. En fait c’est comme si on n’est aux States. Pour une fois j’assiste à un concert que j’aime», se réjouie un spectateur. Du haut de sa soixantaine, Mireille Nemale n’en revient pas de vivre un tel spectacle. «Je suis très touchée par sa prestation. C’est dommage que des voix comme celle-ci ne soient pas connues chez nous.» Journaliste culturelle, Marthe Ndiang a couvert des concerts, pourtant elle reste baba : «Il y a concert et concert. Ce concert, je ne pouvais pas le rater. C’est une autre dimension du professionnalisme

Emmanuel Pi Djob n’a laissé personne indifférent. Une voix cassée qu’il balance magnifiquement aussi bien dans les aigus que dans les graves. En fait, décrire dans les moindres détails ce qui s’est produit dans la salle de la Falaise Diamond à Douala relève  de l’impossible. Un spectacle sans fausse note. C’est Gaëlle Wondje qui ouvre le bal pour la première partie. Il est 21h10min. Le public entre au fur et à mesure dans la danse. Quand Emmanuel monte sur scène à 21h40 min, tout change. Seul sur les planches, avec sa guitare électro-acoustique, il pousse une voix à transpercer les cœurs. Et le la est donné avec le titre ‘‘Where are we here ?’’ L’orchestre dirigé par le bassiste Benilde Foko peut se montrer. De Henri Ngassa à la trompette à Jean-Jacques Elangue au saxophone, en passant par Merlin Fo’o au trombone, Marcien Mitogo à la guitare, Sega Seck à la batterie, Elvis Megné au clavier, c’est l’accord parfait. Les notes qu’envoient les musiciens sont dignes de ce que les mélomanes, via leur télé, savourent dans les spectacles gospel aux Usa.

L’hommage aux victimes d’Eseka

Emmanuel Pi Djob a livré un spectacle qui rentrera dans l’histoire. Pendant le show du samedi 21 octobre, le public de Douala s’est vu transporter aux USA.

Les spectateurs en liesse.

Avec son équipe, Emmanuel sert du Gospel dans sa pureté, du Jazz, de la Soul, du Blues, de la Rythm and Blues, des aires de Country. Et il ne s’arrête pas là.  Sur ces variétés, il introduit du Makossa, l’Assiko, le Makounè, le Bikutsi, le Magabeu. Pour le public, impossible de s’asseoir. L’euphorie prend le dessus. Adieu les styles. Chacun danse selon son rythme. Certains le rejoignent sur scène. C’est free. Pendant que les musiciens gratifient le public de notes magiques, les chœurs respirent l’harmonie. Zéro esprit de rivalité entre Molly Binyet, Marie Ursule Manigang ou Eva Hakapoka. Et quand le trio reprend «Amazing Grace», c’est l’envol direct pour les chapelles américaines. Les spectateurs sont en liesse. L’hommage aux victimes d’Eseka à travers le titre ‘‘Long ilam’’ en langue bassa arrache des frissons. Alors que personne ne s’y attend, Emmanuel se lance sur un duo  exquis avec Gaëlle Wondje. Sur ‘‘I can see clearly now’’, la chanteuse camerounaise Veruska rajoute son grain de voix et un vibrato à la Emmanuel Djob.

Les deux heures de spectacles s’épuisent. Le public en redemande. Et il est servi. Emmanuel est venu présenter son 6ème album ‘‘Get on board’’ au Cameroun, mais son but premier c’est de partager, chanter l’amour, l’espoir d’un lendemain meilleur. «Je suis très satisfait de l’accueil du public. C’est ce que je redoutais le plus et j’ai envie de revenir le plus tôt possible. De voir les gens se lever, ressentir la musique m’a donné la force pour affronter le public» confie Emmanuel. Réaction du public, «merci, merci Emmanuel». Les répétitions intenses, dès fois jusqu’à minuit ont produit leur effet. Pas de problème de sonorisation, comme c’est généralement cas. Avec la dextérité de l’ingénieur de son Ambroise Voundi, on ne pouvait s’attendre qu’à du bon. Qui a dit que la perfection n’est pas de ce monde devra revoit sa copie.

«Excellent compositeur»

Si le public exulte, les amis d’Emmanuel estiment que c’est sur le tard. «C’est dommage qu’on ne le connaisse au Cameroun que maintenant et à travers l’émission The Voice France – édition 2013-. Emmanuel est un grand musicien, un excellent compositeur. Il fait partie de ceux qui amènent le Cameroun très loin à l’international», témoigne Benilde Foko. Ce n’est pas Jean-Jacques Elangue qui dira le contraire. «Emmanuel fait un travail fabuleux. C’est une personnalité avec qui ont doit désormais compter au Cameroun et au niveau international

Valgadine TONGA

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