Gestion des données financières : Les EMF à l’ère de la transparence

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Douala accueille la première édition de l’Initiative pour la Transparence dans l’Industrie de la Microfinance en Afrique centrale (ITIMAC), destinée aux EMF. Ce sera le 25 octobre 2017 dans les locaux du Gicam.

Passer les Etablissements de Microfinances (EMF) au scanner et rendre public leurs données, pour une meilleure transparence. Voilà l’ambition

David Kengne, Organisateur.

Passer les Etablissements de Microfinances (EMF) au scanner et rendre public leurs données, pour une meilleure transparence. Voilà l’ambition révolutionnaire de l’Initiative pour la Transparence dans l’Industrie de la Microfinance en Afrique centrale (ITIMAC), dont la première édition aura lieu le mercredi 25 octobre 2017, dans la salle de réunion du Groupement Inter-patronal du Cameroun (Gicam) à Bonanjo.

Piloté par le bureau d’étude Microfinance Academy, chargé entre autres du renforcement des capacités dans ce secteur, le concept est une grande première dans toute la sous-région Afrique centrale. A travers ce forum, David Kengne, le directeur général de Microfinance Academy, veut faire la promotion des bonnes pratiques dans les EMF et y introduire la culture de la transparence. Ce qui va davantage crédibiliser le secteur auprès de la clientèle et des partenaires. Pour cette première expérience, ITIMAC ne va s’intéresser qu’aux microfinances exerçant au Cameroun et porte sur les données du 31 décembre 2015.

Au cours d’une conférence de presse donnée vendredi 20 octobre 2017 dans la métropole économique camerounaise, le comité d’organisation a fait savoir qu’une centaine d’établissements de microfinance prendront part à la rencontre, « ce qui représente 75% du volume d’activités du secteur au Cameroun », s’est réjouit David Kengne, avant de dévoiler le menu de la rencontre.

Programme

Un constat alarmant se dégage dans le milieu des EMF camerounais : les responsables de ces structures n’ont pas la culture de la transparence. Un phénomène qui ne motive pas les investisseurs et bailleurs de fonds à soutenir les EMF locaux.

« On revient de l’Ethiopie, où on a participé à un forum sur les microfinances. Pendant que les autres pays étaient représentés par des centaines de microfinances, le Cameroun lui, n’en avait que trois », regrette David Kengne, qui ne comprend pas le manque de culture de transparence et la méfiance qui animent les patrons des EMF de son bloc régional. En Afrique de l’Ouest par contre, les établissements de finance publient leurs données pour plus de transparence. « Quand il y a transparence, le client se sent à l’aise », a souligné Théophile Nana Kouakam, directeur général de la Nouvelle financière africaine S.A (Nofia).

ITIMAC arrive donc dans un climat un peu difficile, au moment où l’industrie de la microfinance en Afrique centrale traverse un tournant décisif de son histoire, avec plusieurs défis à relever (l’amélioration de la qualité du portefeuille de crédit avec des impayées qui s’accumulent ; l’adoption des bonnes pratiques ; un système d’information de gestion à consolider et a sécuriser ; un dispositif de prévention et de gestion de crise à déployer).

Ces défis seront rappelés aux participants mercredi au cours de cette session, qui aura trois principales articulations : le classement des EMF membres de l’ITIMAC (il s’appuiera sur les données fournies par les EMF), une exposition sur la responsabilité pénale des dirigeants sociaux et enfin une communication de l’Autorité monétaire sur les enjeux de la microfiance face aux objectifs de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035. Après cette première étape, le comité d’organisation compte étendre ses tentacules dans toute l’Afrique centrale.

Didier NDENGUE

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