Les femmes rurales au cœur de nombreuses mutations économiques

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22ème journée mondiale de la femme rurale au Cameroun: une thématique éminemment politique. La 22ème édition de la journée mondiale de la femme rurale s’est célébrée  ce 17 octobre 2017 à Nkol Biyen, arrondissement de Mbankomo, département de la Mefou et Akono, région du Centre. C’est sous le thème: « Femmes rurales: revendiquez votre droit à la paix! » Dans un contexte marqué du sceau des velléités insécuritaires au Cameroun, l’intérêt du choix de la présente thématique revêt une connotation politique tant au plan national que dans l’espace international.

"Femmes rurales: revendiquez votre droit à la paix!" est conforme à la réponse du Cameroun aux exactions de la secte islamiste et terroriste

Des femmes bayam-sellam

L’actualité courante de la crise socio-politique qui règne depuis un an dans les zones anglophones a incliné le ministère de la Promotion de la femme et de la famille à focaliser l’attention sur une thématique éminemment politique: « Femmes rurales: revendiquez votre droit à la paix! » Suivant une perspective dualiste, il apparaît qu’au plan supra national, la thématique de la 22ème édition de la journée mondiale de la femme rurale cadre avec les orientations de l’organisation des Nations unies, qui mettent l’accent sur les stratégies d’accélération du programme de développement durable à l’horizon 2030. Ces orientations obéissent, en effet, à un plan d’action pour l’humanité, la planète et la prospérité. Plan d’action qui table sur le renforcement de la paix dans le monde entier, et qui exprime le vœu d’éliminer la pauvreté sous toutes ses formes à travers la mise en place d’une dynamique propice à la réalisation effective des objectifs de développement durable.

Victimes des répercussions des conflits

Au plan national, la thématique « Femmes rurales: revendiquez votre droit à la paix! » est conforme à la réponse du Cameroun aux exactions de la secte islamiste et terroriste Boko Haram, dont les corollaires se matérialisent, entre autres, par des conflits armés dans les pays voisins et par des problèmes internes entravant la paix, la sécurité et la stabilité du pays. En réalité, les femmes rurales, à ce giron, sont au cœur de nombreuses mutations économiques et sociales favorables au développement durable. Elles représentent la majeure partie de la main-d’œuvre agricole dans le monde et contribuent, sans conteste, à la lutte contre la faim et la pauvreté. Cependant, si l’on s’accorde à reconnaître cet apport de la gent féminine paysanne au maintien de la sécurité alimentaire, à l’essor et à la stabilisation des aires rurales, il est impérieux de constater, manifestement, que des efforts méritent encore d’être faits pour l’amélioration de sa situation socioculturelle, économique et politique.

Dans le quotidien ambiant, le constat patent est que les femmes rurales sont en butte à de nombreuses pesanteurs. La misère ambiante, les violences sexistes, les pratiques culturelles néfastes, les changements climatiques, la pénibilité du travail due au caractère rudimentaire du matériel et des techniques agricoles utilisés. A ces obstacles récurrents, se subordonnent l’enclavement des zones de production, l’accès limité des femmes rurales aux services sociaux de base, à la terre, au crédit, aux intrants et autres facteurs de production. Les conséquences de cette conjoncture défavorable sont préjudiciables pour les femmes rurales qui disposent, très souvent, des moyens dérisoires pour se protéger. Avec les enfants, elles constituent la majorité des populations vulnérables abandonnant ainsi leurs champs et leur bétail. Victimes des répercussions des conflits armés, telles que les violences sexuelles, elles sont tenues à l’écart des négociations de paix, bien que tenant les rênes des mouvements féminins et féministes. Les combats des femmes rurales sont donc loin d’être atteints au regard de la complexité et de la diversité des problèmes qui sont encore légion.

Serge-Aimé BIKOI

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