Danse contemporaine : Le parent pauvre de la culture

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Douala accueille la 10e édition du festival « Corps è gestes » du 20 au 22 octobre 2017 dans l’indifférence totale des autorités administratives. Ce que dénoncent les acteurs de la danse contemporaine.

Douala accueille la 10e édition du festival «Corps è gestes» du 20 au 22 octobre 2017 dans l’indifférence du Minac. «La danse au service de la nation» est

Sur les planches de l’IFC.

En marge des 7e jeux de la Francophonie de Nice en 2013, le jury international est séduit par les chorégraphies proposées par le groupe de Bilimina Yakana Fabien. Le fondateur de Guilili Compagnie reste convaincu que si la présélection au niveau local avait été présidée uniquement par les autorités camerounaises, son équipe aurait été disqualifiée d’office. « Si c’était le ministère, il n’allait sélectionner que ses gens », pense-t-il. Du fait de la neutralité d’un jury de divers horizons, qui s’est basé essentiellement sur la performance, Bilimina Yakana Fabien et les siens, ont pu avoir leur ticket de participation aux jeux de la Francophonie. Qu’ils ont d’ailleurs remporté avec brio dans leur catégorie face à la France et au Canada. Quoi que médaillés d’Or, ils sont revenus au Cameroun dans un anonymat assourdissant. Une pilule qui reste en travers de la gorge des danseurs. Ils ont donné une conférence de presse le 10 octobre 2017 à Douala. Une conférence en prélude à la10e édition du festival « Corps è gestes », qui se tient du 20 au 22 octobre 2017 à l’Institut Français du Cameroun, antenne de Douala.

Les danseurs expliquent qu’en matière de danse contemporaine, plusieurs jeunes camerounais font la fierté du Vert-Rouge-Jaune à l’international. Chez eux, ils sont incognito au ministère des Arts et de la Culture (Minac). Leur quotidien ne donne pas envie. Fabien l’affirme sans détour, «notre ministère ne nous prend pas au sérieux. Il prend ça comme la danse des traitres.» Pour ce jeune homme qui tente de joindre les deux bouts grâce à son métier, les dirigeants camerounais n’ont pas encore compris que le monde a besoin de se réunir autour d’un même sujet. « Tout le monde a sa danse traditionnelle, or on veut quelque chose qui va amener tout le monde sur la même table», suggère le médaillé d’or de Nice. Qui affute déjà ses chorégraphies pour le festival.

L’IFC au chevet des danseurs modernes

«La danse au service de la nation», est le thème retenu par le comité d’organisation du festival « Corps è gestes » cette année. L’événement permettra aux chorégraphes locaux, de se frotter à leurs confrères en provenance de France, de Tunisie et du Gabon. Une mobilisation internationale soutenue par l’Institut Français du Cameroun et le Goethe Institut. «Vous savez que quand on parle de festival international, ça ne doit pas juste être le mot international. Il devrait y avoir des compagnies qui viennent d’ailleurs. C’est pour cela que je parle des arts d’ici et d’ailleurs. Elles ont un but précis. Celui d’exposer et de permettre aux compagnies camerounaises de se frotter aux autres, voir si leur niveau de travail peut être à un standard international », dévoile Annie Tchawack, directeur exécutif de la fondation Corps è Gestes.

Au cours de cette plateforme, les amateurs pourront partager et échanger des adresses avec des chorégraphes de renommée internationale tels que Jean Boog, Lucas Essomba. Malgré le soutien allemand et français, les moyens du comité d’organisation restent très limités. Ce qui l’empêchera d’atteindre ses objectifs. « Nous attendions environs une dizaine de pays, mais malheureusement, au fil des jours, l’étau se resserre à cause des financements concrets que nous avons sous la main. Ce qui fait que nous avons réduit pas mal de compagnies. Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec quatre compagnies étrangères, qui viennent de la France, du Cameroun, de la Tunisie et du Gabon», regrette Annie Tchawack, qui espérait mieux.

Didier NDENGUE    

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