Effets pervers des télénovélas… La pensée modifiée

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La scène se passe dans un endroit tranquille de la ville. Un homme reçoit un coup de téléphone d’une connaissance, femme mariée qui ne cesse de dire au téléphone « ce n’est pas normal. L’enfant refuse d’y aller et il veut le forcer pourquoi, l’enfant est libre. » Très posé, l’homme demande à son interlocutrice au téléphone : qui définit la norme chez toi ? C’est ton mari ou toi ? Ensuite si le père demande quelque chose à son enfant et qu’il y a un différent entre eux, ne te mêle pas, si oui pour encourager l’enfant à faire ce que son père lui demande. Il continue en lui expliquant qu’il n’y a pas de liberté qui tienne pour un enfant sous le toit de son père. Si l’enfant estime comme tu le dis qu’il est libre, qu’il sorte de la maison de son père et qu’il aille jouir de sa liberté ailleurs, le père ne sera même pas là pour le voir…Sur ce il raccroche le téléphone et s’exclame : je ne comprends plus les femmes aujourd’hui, comment elle peut supporter son enfant qui fait la tête à son père ? La réaction de son entourage est spontanée : c’est Novelas TV qui fait ça. Même les femmes qui ont assisté à la scène sont unanimes, et vont plus loin pour expliquer que cette femme doit être sans emploi et passer son temps à la maison. Ce qui n’était pas faux. Comme nous le disions précédemment, le trop plein des télénovélas dans les ménages n’est pas sans conséquences.

La pensée et la réflexion de beaucoup sont aujourd’hui conditionnées par les idées professées à longueur de journée dans les différentes séries de novelas Tv, nina tv et autres télénovélas. Les comportements aussi, les demandes, les exigences, les désirs sont influencés par les thèmes développés dans les séries. On veut se modeler à cette femme charismatique qui joue dans la série, qui ne respecte rien ni personne et veut utiliser sa puissance financière pour faire marcher tout le monde, et n’hésitent pas à ridiculiser même leurs pères, mères et maris. Elles n’ont plus le temps pour personne, désormais très occupées. Que dire de ces enfants, logés et nourris par leur parents qui ne se gênent plus pour leur rappeler qu’ils sont libres de faire ce qu’ils ou elles veulent ? Et ces femmes pour qui le divorce est désormais normal, sous prétexte que le mariage n’est ni une prison ni de l’esclavage. Même faire la table pour l’homme à la maison est devenu de l’esclavage pour les femmes, alors qu’il n’y a pas longtemps, l’instant le plus solennel et le plus noble de la journée pour une femme était quand elle servait à manger à l’homme.

La pensée et la réflexion de beaucoup sont aujourd’hui conditionnées par les idées professées à longueur de journée dans les différentes séries de novelas Tv, nina tv et autres télénovélas.

Comportement sexuel

L’immoralité institutionnalisée, la désobéissance aux parents devenue la règles, les disputes dans les couples, l’autorité des pères et des maris perdue, tous cela au nom de la liberté. Celle des télénovelas. On en entend de tout aujourd’hui dans la société. L’enfant est libre, la mère est libre, l’employé est libre, on n’est pas en prison ici…et nulle part d’ailleurs. L’on oublie que tout ce qui se passe à la télévision c’est de la fiction, des mises en scène, et les experts en art théâtral et cinématographique expliqueront qu’une mise en scène est un ensemble des dispositions visant à régler le jeu des acteurs au théâtre ou au cinéma. Ces dispositions vont du décor, aux mouvements des acteurs et, pour le cinéma, à ceux de la caméra, en passant par le costume, les lieux ou cela se déroule, la gestuelle, la démarche des acteurs. Tout est pensé pour donner l’impression que tout est vrai, l’objectif étant de faire passer une idée, une habitude. Le monde féérique qui est montré dans les télénovelas n’existe pas, il est juste créé de manière superficielle pour les besoins d’une cause, et chaque mise en scène obéit à une idéologie précise. D’après les diverses recherches effectuées, citées par l’Association Enfants Jeune et avenir Asseja, il est observé que la télévision qui est un outil puissant pour éduquer les jeunes sur les responsabilités et les risques de leur comportement sexuel, livre au quotidien de messages et des images à caractère sexuel aux jeunes. Les questions relatives aux responsabilités et aux risques de leur comportement sexuel sont rarement abordées de manière adéquate dans les émissions où l’on retrouve beaucoup de contenu sexuel. Selon des témoignages, même les chaines de télévisions dites des desseins animés montrent  des films dans lesquelles l’homosexualité est clairement suggérée.

Publications obscènes

Pourtant,  comme le relève cette association, le code pénal camerounais sanctionne les publications qui portent atteinte à la morale publique et aux bonnes mœurs. L’article 263 du code pénal réprime les faits ou comportements impudiques tels la nudité et les publications obscènes. Dans la même lancée, la loi punit les cris, les chants, les images contraires à la décence, les publications équivoques susceptibles de faire la publicité sur tout ce qui touche aux valeurs morales, notamment les divorces, les suicides, les photographies ou images des exécutions capitales ou certains crimes et délits d’adultère, pornographie, magie, sorcellerie, occultisme, etc. Mais toutes ces choses sont diffusées à longueur des journées sous le regard de ceux, qui sont censés protéger les jeunes contre ces antivaleurs.

Comme le dit Pierre Jourde, « les médias ont su donner des dimensions monstrueuses à l’universel désir de stupidité qui sommeille même au fond de l’intellectuel le plus élitiste. Ce phénomène est capable de détruire une société, de rendre dérisoire tout effort politique. A quoi bon s’échiner à réformer l’école et l’Université ? Le travail éducatif est saccagé par la bêtise médiatique, la bouffonnerie érigée en moyen d’expression, le déferlement des valeurs de l’argent, de l’apparence et de l’individualisme étroit diffusées par la publicité, ultime raison d’être des grands groupes médiatiques. »

Roland TSAPI, Journaliste

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