Zone de libre-échange continentale : L’Afrique centrale en rangs serrés

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Les experts et les négociateurs en chef de la région se sont penchés sur la question du libre-échange dans l’optique de répondre favorablement au calendrier de l’Union africaine qui prône un vaste marché continental. C’était  du 1 au 4 août 2017 à Douala.

Les Etats de la région Afrique centrale progressent résolument vers la zone de libre échange continentale. Pour avancer en rangs serrés, ses négociateurs en chef continuent d’harmoniser une position commune. L’objectif étant de parler d’une seule voix et relever les défis qui s’imposent au profit de la communauté toute entière. C’est dans cette optique que s’est tenue du 1 au 4 août à Douala, au Cameroun, la réunion de concertation régionale Afrique centrale sur les négociations de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) et la mise en place de la Task force régionale sur le renforcement du commerce intra-africain [BIAT]. Ce plan d’action de l’Union africaine prévoit la mise en place d’une zone de libre-échange continentale dès cette année 2017.

Le continent, avec ses 54 Etats et une population de 1, 4 milliard d’habitants, ne représente que 3% du commerce mondial. La question du libre-échange était

Port Autonome de Douala.

Sous pression, la sous-région veut peser sur les négociations et tirer meilleur parti de cette initiative qui lui offre un très vaste marché. Qui, en même temps, est hautement concurrentiel. Pendant la durée des travaux de Douala, il était question de « parvenir à une position communautaire commune sur les projets de textes juridiques en matière de libéralisation du commerce des marchandises et du commerce des services et des investissements, d’élaborer un projet d’offre régionale pour le commerce des marchandises et le commerce des services, de mettre en place la Task force régionale sur le BIAT en Afrique centrale et de définir les grandes lignes pour l’élaboration du plan d’action sous-régional de mise en œuvre du BIAT en Afrique centrale », résume M. Tidjani Chetima, représentant du directeur du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission Economique des Nations unies pour l’Afrique [CEA].

L’Afrique traine le pas

Le pourcentage du commerce intra-africain reste dérisoire. Selon des informations puisées à bonnes sources, il ne représente que 12% du total des échanges commerciaux des pays de l’Afrique. Le continent, avec ses 54 Etats membres  et une population de 1, 4 milliard d’habitants, ne représente que 3% du commerce mondial. Il traine le pas par rapport à d’autres continents, qui ont, pour certains, un taux d’échange commercial au dessus de la moyenne. L’Europe est à 70%, l’Asie à 52%, l’Amérique du Nord a 50% et 26% pour l’Amérique du Sud. Des chiffres révoltants, qui placent le continent noir au fin fond du classement mondial. Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre du Commerce du Cameroun, fait savoir que « ces résultats contrastés sont la conséquence des échecs répétés des initiatives entreprises depuis plus de 60 ans et dont les plus emblématiques sont le plan d’action de Lagos de 1980 et le Traité d’Abuja de 1991 ».

La question est revenue sur la table des leaders africains en 2012, lors de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine [Ua], visant la mise en place de la zone de libre échange continentale. Ce nouveau départ a « suscité une vague d’espoirs et même d’espérance », renchérit le patron du commerce camerounais. Luc Magloire Mbarga Atangana s’adressait ainsi aux experts de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale [Ceeac], qui ont la lourde charge de conduire les négociations devant aboutir à l’opérationnalisation de la zone de libre échange continentale.

Didier NDENGUE

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