Jacques Ndéby «Il faut une politique d’accueil et d’accompagnement pour le retour de la diaspora»

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Franco-camerounais, le Président directeur général d’AB Certification Afrique Subsaharienne S.A a été invité par le Ministère des Relations extérieures quelques semaines après la tenue de la première édition du Forum de la diaspora camerounaise du 28 au 30 juin 2017.    

Franco-camerounais, le Pdg d’AB Certification Afrique Subsaharienne S.A a été invité par le Ministère des Relations extérieures. La diaspora représente

Vous revenez des services du ministère des Relations extérieures du Cameroun. C’était quoi l’objet de votre rencontre ?

Après le Fodias, je me suis rapproché des Services du ministère des Relations extérieurs pour connaître les activités de la Division des Camerounais de l’Extérieur. C’est grâce au Fodias que j’ai connu l’existence de cette Division.

Pourquoi pensez-vous que solliciter le soutien de sa diaspora est une bonne chose pour le gouvernement camerounais ?

La diaspora vit des expériences que les locaux ne vivront jamais. Ces expériences sont des apports pour le local. Ce sont des investisseurs qui créent des richesses, des emplois à l’étranger. Une réelle politique d’accueil et d’accompagnement a besoin d’être mise en place si l’on souhaite que la diaspora revienne en toute quiétude. Pourquoi pas un « Guichet de la Diaspora » ?

Comment se portent les activités de votre entreprise AB Certification Afrique Subsaharienne S.A au Cameroun ?

AB Certification Afrique Subsaharienne SA (adapté à vos besoins de certification) propose de plus en plus de certifications appropriées au contexte camerounais. C’est ainsi que nous avons développé différents produits, prestations et actions : certification des garages ; les véhicules importés sont de plus en plus sophistiqués. Les propriétaires de ces véhicules, les compagnies d’assurance ont besoin de garages certifiés. Cette certification contribuera à la formation des réparateurs (mécaniciens, électriciens, carrossiers, peintres..), plan d’assurance qualité pour l’amélioration des performances des entreprises Camerounaises : ce programme, révolutionnaire, qui comprend un système de management de la qualité complet, un site internet de 5 pages, les logiciels de gestion (commercial, production, comptabilité, maintenance) permet aux entreprises camerounaises non éligibles aux programmes de Mise à Niveau du Pacom, d’être certifiés. De plus, ce programme de trois ans prévoit la création de plus de 200 jeunes ingénieurs qualité, cible plus de 2500 entreprises et 500 laboratoires d’analyses.

Est-ce que vous rencontrez des difficultés parce que vous êtes de la diaspora ?

Le ministre de l’Industrie, des mines et du développement technologique a validé ce projet, mais on coince maintenant au niveau des services qui ne comprennent pas les enjeux. Il s’agit ici d’un cas patent des incompréhensions entre les locaux et la diaspora. Le local se demande comment sa diaspora peut-elle proposer ce type de projet ? Charte Halal-Cameroun : un tiers de la population camerounaise est de confession musulmane. Où est-ce qu’elle doit s’approvisionner en toute quiétude (Restaurant, hôtel, etc…) ? Avec des jeunes ingénieurs QHSSI de la FGI (Faculté de Génie Industriel de l’Université de Douala), des Imams, prédicateurs et formateurs, nous avons mis au point une charte qui répond aux exigences du Coran et des textes camerounais. La formation des auditeurs « Halal-Cameroun » démarre en août 2017. Des Imams finalisent en ce moment le contenu de la formation des auditeurs. Certification « Origine Cameroun Certifiée » : ce label qui contribue à la défense du « Made In Cameroon », reste aussi plus des 17 ODD (objectifs du Développement Durable). Pour être certifiée, l’entreprise doit démontrer que 50% du PRU (Prix de Revient Unitaire reste au Cameroun), que 50% de la matière première est produite au Cameroun. Ce label contribue directement ProLaC (Promotion des Labels Camerounais) : contribution à la création de l’Association ProLaC qui doit défendre le « Made In Cameroon ». Les Camerounais doivent apprendre à consommer en priorité nos produits. Ce jour, on annonce dans la presse locale que le Cameroun perd 2000 milliards de Fcfa dans les importations de produits agricoles, ce qui est énorme.

En parlant justement des échanges commerciaux, vous avez toujours trouvé que les Accords de partenariat économique avec l’Europe étaient une chance pour les entreprises camerounaises. Explique nous comment ?

Oui, je le maintiens ! Dorénavant, les dirigeants de nos entreprises doivent se battre, améliorer les conditions de travail de leurs personnels, les conditions de salaire, recruter les personnes compétentes, donner la chance aux jeunes et in fine penser à la qualité des produits, s’ils veulent s’en sortir. On oublie souvent que la première richesse de l’entreprise est constituée par sa main d’œuvre.

En tant que qu’expert de la qualité et des normes, le consommateur camerounais devrait-il redouter les produits issus des APE ?

Le Cameroun a mis en place des mécanismes de contrôle des produits importés. Il s’agit du PECAE (Programme d’Evaluation de la Conformité avant Embarquement). Des contrôles de conformité sont effectués dans les pays d’origine. C’est le certificat de conformité qui autorise d’embarquer le produit. Par contre l’inquiétude porte sur la perte des parts de marché des produits locaux.

« Origine Cameroun Certifiée » est un nouveau concept que vous avez initié cette année. A quoi consiste-t-il ?

Face à la montée et à la compétitivité des produits importés, il a fallu créer une identité permettant aux Camerounais de faire le bon choix sur les marchés : « Origine Cameroun Certifiée ». Le certificat est attribué après un audit sur le terrain. Ce label concerne : les produits agroalimentaires, les boissons rafraîchissantes, les articles confectionnés, les cosmétiques, les toutes petites entreprises, etc. On donnera des opportunités au tailleur de la Briqueterie de Yaoundé de vendre ses produits à l’étranger. Son site internet présentera ses réalisations. Via la plateforme Akoum téléchargeable sur Playstore, les camerounais sauront où trouver ces produits.

Propos recueillis par Didier NDENGUE

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